radiotelepacific@gmail.com
Radio Pacific 101.5 fm
Éditorial

Les journalistes et leurs démons

Les journalistes et leurs démons

Il est convenu et admis que le journalisme n’est plus un crime en Haïti. Le Nouvelliste, du haut de ses cent-vingt ans, peut légitimement témoigner d’un siècle d’enjeux liés à la liberté d’expression et à la pratique du métier de journaliste. De la fin du dix-neuvième siècle à nos jours, le plus ancien quotidien du pays a du connaître les temps de grandes peurs, maintes dictatures, l’occupation américaine, les trop nombreuses et stupides luttes pour le pouvoir, la censure, les journalistes emprisonnés, exilés ou tout simplement assassinés. Tant de journalistes ont payé de leur vie pour avoir simplement eu l’audace de faire leur travail en exprimant leur opinion de la manière la plus pacifique qui soit.Cette année, pour la Journée internationale 2018 de la liberté de la presse, on peut imaginer que les temps et les menaces ont changé.

Il est convenu et admis que le journalisme n’est plus un crime en Haïti. Le Nouvelliste, du haut de ses cent-vingt ans, peut légitimement témoigner d’un siècle d’enjeux liés à la liberté d’expression et à la pratique du métier de journaliste. De la fin du dix-neuvième siècle à nos jours, le plus ancien quotidien du pays a du connaître les temps de grandes peurs, maintes dictatures, l’occupation américaine, les trop nombreuses et stupides luttes pour le pouvoir, la censure, les journalistes emprisonnés, exilés ou tout simplement assassinés. Tant de journalistes ont payé de leur vie pour avoir simplement eu l’audace de faire leur travail en exprimant leur opinion de la manière la plus pacifique qui soit.Cette année, pour la Journée internationale 2018 de la liberté de la presse, on peut imaginer que les temps et les menaces ont changé. Du climat de peur permanente, la presse affronte aujourd’hui ses propres démons qui alimentent un grand malaise dans les médias.Paradoxalement, le journaliste-héros qui en imposait par son courage et son souci de faire la lumière sur une situation pour informer le public a cédé sa place au journaliste-complice spécialisé dans la création de l’effet de mirage pour manipuler la population. Du moins, il s’agit de reproches qui arrangent tous ceux qui n’ont aucun intérêt à ce que la presse haïtienne soit forte et libre. Décrédibiliser la presse est un art à la fois subtil et populaire pour empêcher les journalistes d’être en première ligne pour faire la critique du système et de ses acteurs.De plus en en plus sur la défensive face aux accusations (banalement généralisées à l’ensemble du corps) d’incompétence, d’imposture, de manipulation de l’opinion et autres rackets, les journalistes désespèrent et se perdent dans l’autocritique.Les journalistes haïtiens exercent leur métier, aujourd’hui, dans un climat d’hostilité inquiétant. Au-delà des difficultés d’accéder à l’information, les attaques envers la crédibilité des journalistes sont légion. Certains journalistes mentent tout comme certains médecins tuent leurs malades. Certains journalistes rackettent autant que certains avocats. Mais, il serait absurde de faire semblant d’oublier que dans notre société en chute libre sans une véritable vision d’un développement juste et profitable à tous, sans un système éducatif pensé et productif, les journalistes ne font pas simplement de l’information. Ils instruisent le grand public pour compenser les carences du système. Ils sont nombreux, inconnus, travaillant dans des médias communautaires, animant les réseaux.Ils sont nombreux inquiets de pouvoir continuer à faire leur travail qui est d’aider la collectivité à surveiller les pouvoirs publics et privés et, par ricochet, prendre des décisions utiles et éclairées pour leur avenir.La Journée internationale de la liberté de la presse est peut-être l’occasion de revenir sur les tentatives – au nom de la raison d’État ou de la protection des personnalités – d’adoption de lois contraignantes et restrictives. Toutefois, les journalistes haïtiens font face à d’énormes défis qui mettent en péril la liberté de la presse et le droit à l’information du public. Pêle-mêle dans un inventaire à la Prévert : la faiblesse économique des médias, l’impossible accès aux sources, la formation initiale et continue, etc.Le pays a besoin de médias et de journalistes pouvant travailler dans un climat sain et plus sûr, et il est du devoir des autorités d’intervenir. En passant, les conclusions de l’enquête sur la disparition de notre jeune confrère Vladjimir Legagneur seraient un gage de bonne foi.Une situation insoutenable qui laisse patauger nos édiles dans une impuissance crasse. Et surtout, une conséquence désastreuse de l’hémorragie financière qui a pour origine la corruption.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Éditorial

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre