Déconstruire le schéma de pensée sur l’abolition de l’esclavage
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Il est des dates dont l’écho résonne comme une cloche d’église. Dans le vent. Le 27 avril ramène le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France. Le premier décret date de 1794. Mais il a fallu attendre la promulgation le 27 avril 1848 par Victor Schoelcher pour que la traite soit définitivement interdite. Le 10 mai ramène la journée nationale des mémoires de la traite de l’esclavage et de leur abolition. Il met en relief cet héritage dans les anciennes colonies de l’empire français et devient un sujet de contestation dans l’imagination populaire.
Il est des dates dont l’écho résonne comme une cloche d’église. Dans le vent. Le 27 avril ramène le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France. Le premier décret date de 1794. Mais il a fallu attendre la promulgation le 27 avril 1848 par Victor Schoelcher pour que la traite soit définitivement interdite. Le 10 mai ramène la journée nationale des mémoires de la traite de l’esclavage et de leur abolition. Il met en relief cet héritage dans les anciennes colonies de l’empire français et devient un sujet de contestation dans l’imagination populaire. En décembre 2016, une statue commémorant l’abolition de l’esclavage a été vandalisée. Érigé au 19e siècle, le site de commémoration fut centré sur un buste représentant symboliquement un esclave noir levant les yeux vers le ciel comme pour exprimer avec véhémence son désir de briser ardemment les chaines de l’esclavage et d’exiger réparation.Pendant près de quatre siècles, 4 millions d’esclaves ont travaillé de force dans les territoires français. Après le décret de 1848, entre 250.000 et 300.000 d’entre eux sont libérés dans les colonies. La grande majorité vit en Guadeloupe, Martinique, la Réunion, Guyane, Algérie, au Sénégal (île de Gorée) et Dakar. En 2010, à l’occasion du 50e anniversaire de son indépendance, le Sénégal a déclaré l’esclavage et la traite négrière comme “crimes contre l’humanité”, privilégiant un devoir de mémoire à l’intention des générations futures. Le journal jeune Afrique soulignait que ce pays a été la première république africaine à inscrire dans son corpus juridique la qualification de ce crime contre l’humanité. Mais il faudra cinq années de plus pour que le Sénégal commémore le 27 avril 2015, une première journée nationale.Le projet de loi sénégalais s’est inspiré de la loi française votée le 10 mai 2001 à l’initiative de Christiane Taubira, députée française d’origine guyanaise. Des polémiques ont surgi autour de cette date. Et le 10 mai devient la date officielle en France métropolitaine de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition. François Hollande avait inauguré en Guadeloupe, le 10 mai 2015 le Memorial Acte. Mais cette date reste controversée dans la mesure où c’est un jour férié. Pour des raisons historiques, certaines collectivités d’outre-mer ont préféré choisir des périodes différentes. Ces intrigues nées du choix des dates révèlent la complexité de ce pan d’histoire. Serge Bilé, écrivain franco-ivoirien, explique qu’aux Antilles, l’abolition de l’esclavage n’est célébrée dans aucun des départements, la date retenue est celle où les esclaves se sont libérés en se révoltant: le 22 mai en Martinique,le 27 mai en Guadeloupe, le 9 juin en Guyane.Dans la nuit du 26 décembre, des vandales déversèrent de la peinture blanche sur le buste. Si 1848 marque la fin officielle de l’esclavage dans les colonies françaises, les dynamiques de race, de servitude et de liberté se sont manifestées amplement aux 18e, 19e et 20e siècles. L’historienne Sue Peabody a depuis longtemps souligné l’ironie de la participation à la traite négrière et de la pratique du travail forcé dans ses colonies au moment où la France développait un discours radical fondé sur la liberté, l’égalité, la fraternité et la citoyenneté. Selon Peabody, le principe du “sol libre” pratiqué par la France garantissait la liberté immédiate à tous les esclaves qui posaient le pied sur le sol français. Malgré cette loi, cette économie continuait à tirer le meilleur parti de l’esclavage des Noirs dans les colonies, les Caraïbes et l’océan indien. En 1794, une résolution d’esclaves à St Domingue (actuel Haïti) dans la Convention nationale française prescrit l’abolition de l’esclavage. Face à un mouvement de résistance à l’ordre colonial, la France utilisa une stratégie de terreur contre les rebelles et l’esclavage fut rétabli à St Domingue, en Guadeloupe et Guyane française entre 1802 et 1803. Seule St Domingue parvint à faire face au gouvernement français et déclara son indépendance le 1er janvier 1804.Emballé dans la spirale de la précarité, l’Haïtien moderne porte les séquelles de la colonisation et ne se soucie guère de dénouer les noeuds de la servitude qui entortillent sa vie de peuple à tous les égards. Ses regards froids et même son indifférence par rapport au devoir de mémoire paraissent assez dissociables de ses exigences de rigueur. Loin de questionner l’histoire afin de surmonter les traumatismes liés à l’esclavage qui a trop longtemps marqué son destin, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, il se veut le véritable assassin de la mémoire qui devient tout aussi vaine que poreuse avec le temps. Son obsession: l’idée de coercition sur l’apocalypse. Aimé Césaire, s’appliquant à déconstruire le schéma de pensée sur l’abolition de l’esclavage, disait déjà dans une perspective qui lui est propre: “ce qui s’est passé, s’est passé. Tournons la page pour mieux construire l’avenir!”Un ancien candidat à la présidence expliquait au micro d’un confrère que le système politique haïtien constituait un terreau fertile pour la corruption. Les sommes faramineuses nécessaires pour mener campagne à un poste politique ne peuvent que fatalement conduire un élu à sa perte. Après avoir dépensé des millions de dollars pour une élection, il faut non seulement rentrer dans ses frais une fois au pouvoir, mais aussi, et surtout se rendre redevables vis-à-vis de financiers occultes et puissants.Il faut aussi noter que la faiblesse des services publics, la bureaucratie lourde et tracassière qui représente la marque de fabrique de la structure étatique, encourage le racket comme modèle alternatif de gestion destiné à contourner les longueurs interminables du service. La centralisation de l’appareil gouvernemental dans une capitale déjà déformée par une démographie galopante augmente la pression sur le foncier ; ouvre largement les portes de l’enfer pour les détenteurs légaux de titres de propriété harcelés par les puissants de l’heure.Les statistiques les plus conservatrices estiment à plusieurs centaines de millions de dollars les sommes qui disparaissent dans les circuits de la contrebande. Le président de la République parle de plus d’un milliard. Autant d’argent qui pourrait aider à sortir de l’indignité, nos municipalités qui croulent sous les détritus.Une situation insoutenable qui laisse patauger nos édiles dans une impuissance crasse. Et surtout, une conséquence désastreuse de l’hémorragie financière qui a pour origine la corruption.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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