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Une entente a été trouvée entre le président de la République et des membres du secteur privé pour une croisade contre la corruption. Ce mal absolu qui détourne des caisses de l’État des ressources substantielles qui pourraient aider à reconstruire le pays. Un tel document est une bonne chose en soi, puisqu’il constitue la preuve matérielle et écrite d’une intention avouée de secteurs clés de la vie nationale à imprimer une direction nouvelle au pays.Toutefois, le document soulève aussi quelques doutes : le gouvernement a-t-il les moyens de sa politique ? Peut-il aller à contrecourant d’une tendance lourde aux pratiques interlopes qui a toujours caractérisé l’État d’Haïti dans son mode de fonctionnement ? Sortir du cercle vicieux de la petite et de la grande corruption au sein de nos administrations publiques et privées requiert une volonté politique à toute épreuve, une grande et constante mobilisation citoyenne.
Une entente a été trouvée entre le président de la République et des membres du secteur privé pour une croisade contre la corruption. Ce mal absolu qui détourne des caisses de l’État des ressources substantielles qui pourraient aider à reconstruire le pays. Un tel document est une bonne chose en soi, puisqu’il constitue la preuve matérielle et écrite d’une intention avouée de secteurs clés de la vie nationale à imprimer une direction nouvelle au pays.Toutefois, le document soulève aussi quelques doutes : le gouvernement a-t-il les moyens de sa politique ? Peut-il aller à contrecourant d’une tendance lourde aux pratiques interlopes qui a toujours caractérisé l’État d’Haïti dans son mode de fonctionnement ? Sortir du cercle vicieux de la petite et de la grande corruption au sein de nos administrations publiques et privées requiert une volonté politique à toute épreuve, une grande et constante mobilisation citoyenne. Toutes choses qui sont pour le moment absentes du théâtre socio-politique haïtien.Les mystérieux incidents survenus ce weekend à Thiotte et au Cap-Haïtien donnent toute la mesure tragique d’un phénomène qui ne disparaitra pas d’un coup de baguette magique. Les meilleures intentions n’auront jamais raison de pratiques séculaires puissamment ancrées dans nos moeurs politiques et nos manières peu amènes de conclure des affaires.À Thiotte, un « vrai faux » conflit terrien a débouché sur la quasi-destruction d’une unité appartenant à la brigade d’intervention contre l’insécurité foncière par une « population » en colère. Vingt-quatre heures plus tard, dans la deuxième ville du pays eut lieu un attentat contre une réunion tenue par des élus autour du dossier PetroCaribe. Au moment où nous écrivons, ces deux évènements baignent dans un nuage épais et mortel comme cela arrive dans les affaires de haute criminalité.Nous espérons que les limiers de la police judiciaire éclaireront la lanterne de nos lecteurs sur ces incidents qui se multiplient sur le territoire, et qui attestent de la détermination de groupes obscurs de ne rien lâcher de leurs douteuses prérogatives.Un ancien candidat à la présidence expliquait au micro d’un confrère que le système politique haïtien constituait un terreau fertile pour la corruption. Les sommes faramineuses nécessaires pour mener campagne à un poste politique ne peuvent que fatalement conduire un élu à sa perte. Après avoir dépensé des millions de dollars pour une élection, il faut non seulement rentrer dans ses frais une fois au pouvoir, mais aussi, et surtout se rendre redevables vis-à-vis de financiers occultes et puissants.Il faut aussi noter que la faiblesse des services publics, la bureaucratie lourde et tracassière qui représente la marque de fabrique de la structure étatique, encourage le racket comme modèle alternatif de gestion destiné à contourner les longueurs interminables du service. La centralisation de l’appareil gouvernemental dans une capitale déjà déformée par une démographie galopante augmente la pression sur le foncier ; ouvre largement les portes de l’enfer pour les détenteurs légaux de titres de propriété harcelés par les puissants de l’heure.Les statistiques les plus conservatrices estiment à plusieurs centaines de millions de dollars les sommes qui disparaissent dans les circuits de la contrebande. Le président de la République parle de plus d’un milliard. Autant d’argent qui pourrait aider à sortir de l’indignité, nos municipalités qui croulent sous les détritus.Une situation insoutenable qui laisse patauger nos édiles dans une impuissance crasse. Et surtout, une conséquence désastreuse de l’hémorragie financière qui a pour origine la corruption.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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