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Éditorial

Le côté touche-à-tout d’une « stratégie de développement »

Le côté touche-à-tout d’une « stratégie de développement »

Lancée le 1e mai 2017 dans le département de l’Artibonite dans la localité de Lagrange (3e section communale de Bocozele), la Caravane du changement aura bientôt un an. Dès lors se précise le premier bilan de cet « outil stratégique » de développement visant à rentabiliser les secteurs de l’agriculture, de l’environnement, du transport, de l’énergie.

Lancée le 1e mai 2017 dans le département de l’Artibonite dans la localité de Lagrange (3e section communale de Bocozele), la Caravane du changement aura bientôt un an. Dès lors se précise le premier bilan de cet « outil stratégique » de développement visant à rentabiliser les secteurs de l’agriculture, de l’environnement, du transport, de l’énergie. Et à promouvoir efficacement l’innovation para-urbaine. Quelle gageure!En effet, cet anniversaire sera l’occasion pour le Premier ministre Jack Guy Lafontant d’intensifier la mobilisation des collectivités territoriales (CT) par la synchronisation des grands axes des actions de la Caravane dont on peut facilement relever, s’il en était besoin, les termes se rapportant à son champ lexical : curage mécanique des canaux d’irrigation, écologie des villes, drainage, assainissement des zones marécageuses, protection des espaces inondables promotion de la production nationale, énergie renouvelable, travaux d’infrastructure routière, création d’emplois à haute intensité de main d’oeuvre, renforcement des capacités matérielles disponibles de l’État. Excusez du peu!Dialogue national, lutte contre la corruption, mise en branle des « États généraux sectoriels », remobilisation des Forces armées d’Haïti (FADH), malgré le côté proprement lunatique de ces tentatives de l’administration Moïse/Lafontant, ne sont pas forcément en rapport direct avec la Caravane qui ne s’inscrit pas dans le cadre d’un projet en lien avec les prescrits des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Mais cette stratégie semble avoir inspiré ses instigateurs tant par amour que par dépit : amour de se montrer à la hauteur de leur tâche; dépit de voir les conditions d’existence difficiles de l’arrière-pays après plus de 200 ans d’indépendance. D’où l’urgence de relever le défi consistant à prouver qu’à l’impossible les générations actuelles sont tenues. Plus que jamais.De Carrefour Joffre à La Pointe des Palmistes, Anse-à-Foleur, Terrier- Rouge, Vallière, Cancock, Vaudreuil, en passant par Jean-Rabel, Anse- Rouge, Baie de Henne, Môle St-Nicolas, les progrès réalisés dans l’avancement des travaux d’infrastructure routière parlent d’eux-mêmes. Les riverains disent découvrir les convictions chevillées au coeur de l’élu du PHTK malgré l’incapacité financière de son administration. C’est l’une des réponses adaptées aux problèmes posés depuis plus de deux siècles par le « real country » qui ne bénéficie point de l’adhésion des secteurs vitaux de la vie nationale qui devraient, somme toute, adhérer à l’idée de désenclaver l’arrière-pays par patriotisme et solidarité. La Caravane, c’est l’affaire de tous.Jovenel Moïse qui s’est montré très discret sur le volet budgétaire de la caravane appelle au bas mot les supporters de cette « stratégie » à un soutien total et inconditionnel. Un souhait vite repris par ceux qui sont conscients du fait que la montagne n’aura pas accouché d’une souris un an après. Mais parlant de la Caravane, le chef de l’État a tout à fait raison de se montrer toujours flamboyant. Circonspect.L’un des inconvénients de cette « stratégie de développement » est manifestement son côté touche à tout : elle aborde aussi bien les infrastructures, l’énergie, l’environnement, le transport, la production nationale, la sécurité alimentaire. Tout cela fait un ensemble assez éclaté, mais qui a tout de même de la tenue, malgré le problème de cohérence qu’il pose.Les acteurs potentiels de la Caravane dont l’harmonie du discours et de l’action est à démontrer ne sont pas au bout de leur peine dans la mise en oeuvre de cette stratégie de développement. Comme en atteste d’ailleurs le premier bilan. C’est l’épreuve difficile que va devoir affronter Jovenel Moïse à moins de quatre ans de la fin de son mandat. Car la Caravane, tout en résonnant comme un projet à très long terme, promet déjà au « pays en dehors » de voir un jour le bout du tunnel.Les vitres teintées de nos voitures officielles donnent-elles une réponse à de nombreuses questions que se posent les citoyens ? Le « chef » à l’intérieur voit l’extérieur de manière totalement déformée. Il ne hume pas ce qui se passe au-dehors. Même de la température,il n’en a aucune idée. Les embouteillages ne le con­cernent pas. Pire, les citoyens ne peuvent le voir de l’extérieur. La vitre teintée donne la même sécurité que la cagoule portée par les malfrats légaux ou illégaux. On peut agir, dépecer en toute confiance, car on pense ne pas être reconnu pour le jour de la reddition des comptes. Y aurait-il un jour des comptes à rendre dans ce pays de méchance-T ?Quoiqu’ il en soit, le dialogue reste la voie unique de règlement de cette situation on ne peut plus dangereuse. On ne peut souhaiter que les intérêts en jeu rendent une guerre nucléaire tellement ru­ineuse que le jeu n’en vaille plus la chandelle…atomique.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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