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Éditorial

Méchance-T

Méchance-T

Le fond semble toujours encore loin. Cela donne beaucoup de jeu à nos intelligences dévoyées.Remaniement du cabinet ministériel ! On se demande si le parti au pouvoir a un déficit de personnalités crédibles et valables. On ne pense pas que c’est le cas. Comment peut-on compren­dre alors ce qui se passe ? Méchance-T ?Selon le pouvoir en place, ce remaniement devrait permettre vraiment de changer les conditions de vie de la population.

Le fond semble toujours encore loin. Cela donne beaucoup de jeu à nos intelligences dévoyées.Remaniement du cabinet ministériel ! On se demande si le parti au pouvoir a un déficit de personnalités crédibles et valables. On ne pense pas que c’est le cas. Comment peut-on compren­dre alors ce qui se passe ? Méchance-T ?Selon le pouvoir en place, ce remaniement devrait permettre vraiment de changer les conditions de vie de la population. Les discours deviennent de plus en plus délirants, peu soucieux de la réalité. On se gargarise de mots peut-être pour créer le mi­rage. Pour soi ou pour les autres ?Pendant ce temps, il est facile de constater la dégradation de notre espace physique qui n’est que le reflet de ces conditions de vie qui justement ne s’améliorent pas. Les prix augmentent et on se demande jusqu’où ils plafonneront. Mettre ses bottes, faire un tour dans l’arrière-pays, ne changera pas vraiment la vision des choses comme on veut le faire croire. On trouvera des citoyens, certes, qui se battent, toujours seuls, pour garder à ce pays un souffle de vie. Ils sont heureusement beaucoup. C’est à eux que le pays se droit encore d’être debout en dépit des coups qu’on ne cesse de lui assener .Notre société ne va pas bien. Elle est minée par la corruption. Chacun espère qu’une connaissance trouvera un poste impor­tant dans la fonction publique pour qu’il puisse avoir un os à sucer. Les personnes avec les profils les plus curieux s’apprêtent à briguer une fonction au Parlement. On ne peut leur en vou­loir avec l’exemple offert à la population.Glissement de terrain après l’averse de mardi soir. Notre envi­ronnement fragile ne veut pas qu’on oublie le danger qui nous pend au nez. La capitale risque d’être coupée de trois départe­ments avec ce qui menace la Nationale numéro 2 entre Mariani et Gressier. Les urgences environnementales sont là, mais il n’y a pas de gouvernance pour y faire face.Les consultations sectorielles, enfant bâtard et circonstanciel du projet de Conférence nationale de Turneb Delpé, battent de l’aile. La manière à la va vite d’aborder la question, la sé­questration du processus par la présidence qui fait que le choix des personnes ne semble que lui concerner ne milite pas en sa faveur. Une telle initiative devrait intéresser la population dans tous les départements à travers les associations et les groupes organisés de la société civile. Ce serait un travail colossal on le sait, mais si on s’investit dans un tel projet, il faut y aller jusqu’au bout et y mettre les moyens. Pour l’instant, on se plait dans un jeu de coquin dont l’objectif serait de faire passer le temps et d’occulter les questions importantes.Les vitres teintées de nos voitures officielles donnent-elles une réponse à de nombreuses questions que se posent les citoyens ? Le « chef » à l’intérieur voit l’extérieur de manière totalement déformée. Il ne hume pas ce qui se passe au-dehors. Même de la température,il n’en a aucune idée. Les embouteillages ne le con­cernent pas. Pire, les citoyens ne peuvent le voir de l’extérieur. La vitre teintée donne la même sécurité que la cagoule portée par les malfrats légaux ou illégaux. On peut agir, dépecer en toute confiance, car on pense ne pas être reconnu pour le jour de la reddition des comptes. Y aurait-il un jour des comptes à rendre dans ce pays de méchance-T ?Quoiqu’ il en soit, le dialogue reste la voie unique de règlement de cette situation on ne peut plus dangereuse. On ne peut souhaiter que les intérêts en jeu rendent une guerre nucléaire tellement ru­ineuse que le jeu n’en vaille plus la chandelle…atomique.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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