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Éditorial

Haïtiens de l’étranger, diaspora malgré eux?

Haïtiens de l’étranger, diaspora malgré eux?

Acteur par excellence de la diplomatie des affaires et de la nouvelle école de pensée progressiste, la diaspora haïtienne représente une force incontournable pour le pays. Viscéralement attachée à la culture et à l’histoire nationales, elle change néanmoins de nature à l’ère des réseaux sociaux et de l’hyper connexion. La 8e édition de la semaine de la diaspora organisée à Port-au-Prince du 14 au 21 avril 2018 en est la parfaite illustration.Déroulé autour du thème “ Vers une meilleure intégration de la diaspora pour une Haïti plus forte et plus prospère”, cet évènement est marqué par une série d’activités parmi lesquelles se détachent des expos, conférences-débats, visites guidées dans des centres historiques et des sites patrimoniaux.

Acteur par excellence de la diplomatie des affaires et de la nouvelle école de pensée progressiste, la diaspora haïtienne représente une force incontournable pour le pays. Viscéralement attachée à la culture et à l’histoire nationales, elle change néanmoins de nature à l’ère des réseaux sociaux et de l’hyper connexion. La 8édition de la semaine de la diaspora organisée à Port-au-Prince du 14 au 21 avril 2018 en est la parfaite illustration.Déroulé autour du thème “ Vers une meilleure intégration de la diaspora pour une Haïti plus forte et plus prospère”, cet évènement est marqué par une série d’activités parmi lesquelles se détachent des expos, conférences-débats, visites guidées dans des centres historiques et des sites patrimoniaux. Belle aventure, somme toute, dans un pays confronté à une terrible crise sociale, politique et économique, secoué de plein fouet, mais sans surprise, par une brutale remontée du phénomène de l’insécurité particulièrement dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince.La ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Stéphanie Auguste, avait fort à faire pour donner la garantie qu’elle était prête à contribuer à l’établissement du climat sécuritaire nécessaire au bon déroulement de ces activités pour lesquelles 8 millions de gourdes ont été décaissées. « Nous espérons que cet évènement permettra de formuler des recommandations pertinentes susceptibles d’enclencher des actions utiles en vue de promouvoir les valeurs que nos compatriotes de l’extérieur veulent apporter au rayonnement du pays partout dans le monde », a-t-elle indiqué lors du lancement officiel de cet évènement qui aura permis de dégager bien des perspectives, dont la mise en place d’un bureau de l’Office d’identification nationale (ONI), en faveur de la diaspora haïtienne. Soit. Mais il faudrait d’abord que les structures locales du genre se révèlent d’une grande efficacité à bien des égards.En effet, des Haïtiens rehaussent au quotidien l’image d’Haïti à l’étranger. Ils font flotter le bicolore national dans le monde entier. De la recherche scientifique à la médecine en passant par la littérature, les technologies de l’information et de la communication (TIC), le sport et la musique la diaspora haïtienne fait l’honneur du pays en terre étrangère. D’un continent à un autre, c’est une mine de richesses inépuisable sur laquelle le pays pourrait pratiquement compter si nos législateurs, dans leur fièvre et leurs élans nationalistes métaphysiques, donc irréalistes, n’avaient dressé des murs plutôt que de jeter des ponts susceptibles de leur permettre de contribuer au développement national. Sur ce plan, il est peut-être encore possible de rattraper le temps perdu.Globalisation oblige, les populations haïtiennes sont de plus en plus dispersées et polarisées vers des mégapoles. Avec l’intensification des flux migratoires, l’implication de la diaspora haïtienne dans la politique nationale doit être aujourd’hui repensée par notre diplomatie et nos institutions républicaines. Formée d’experts, de savants, chercheurs, techniciens et professionnels de divers corps de métiers, cette diaspora devrait être sollicitée dans des domaines aussi variés que l’économie, l’éducation, l’agro-industrie, la finance, l’urbanisme, la sécurité, etc. La question n’est pas de savoir si les notions de diaspora, de nationalité et d’hybridité n’ont pas le même sens dans l’univers de référence de certains « bien-pensants » qui radicalisent à dessein les rapports sociaux. À tel point que leurs relations avec l’Autre conservent leur caractère narcissique dans la logique manichéenne d’une l’altérité à construire en permanence. Quoi de plus aliénant! Elle est tout à fait louable, quoique relativement manquée, l’initiative de l’administration Moïse/Lafontant visant l’intégration des Haïtiens de l’étranger (diaspora malgré eux?). Ce secteur vital du pays prend toujours fait et cause, de façon remarquable, pour la démocratisation et la modernisation du pays.Le relèvement des habitats ; un appui pédagogique et matériel aux écoles structurellement sinistrées de ces quartiers populaires ; la création de centres culturels ; la promotion d’activités solidaires et citoyennes ; les opportunités d’ emploi et les investissements dans des activités pro-croissance sont des facteurs pouvant contribuer à l’ intégration de ces populations exclues qui habitent une ceinture de feu autour de la ville, et qui sont forcées de vivre en marge de la loi.La reconstruction ne peut plus attendre et les appels à un nouveau départ doivent déserter le discours des politiques pour s’incarner dans la transformation progressive de nos villes et campagnes. Nos villes deviennent des lieux d’entassement qui affaiblissent chaque jour le lien social.Il y a sur cette question du paysage urbain, célérité dans l’urgence pour répéter après un ancien ministre.Haïti a grand besoin pourtant d’une thérapie nationale, une mise en per­spective de nos problèmes structurels et des résolutions énergiques pour sortir du marasme de l’humanitaire. Il faut donner toutes ses chances à un vrai dialogue national.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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