La barbarie urbaine !
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Depuis quelques semaines, nos différents éditoriaux mettent l’accent sur l’état de délabrement du paysage urbain. Il s’agit pour nous dans ce journal d’insister sur l’importance de l’environnement dans tout projet de reconstruction nationale, mais aussi, et surtout sur l’amélioration urgente de la qualité de vie du citoyen haïtien. Les signes du renouveau doivent se matérialiser à travers la propreté de nos rues et un relèvement même progressif de l’habitat urbain. Toute chose, qui aura pour vertu de bien exposer aux yeux des nationaux et étrangers que ce pays est administré et qu’Haïti n’est pas un vaisseau fantôme.
Depuis quelques semaines, nos différents éditoriaux mettent l’accent sur l’état de délabrement du paysage urbain. Il s’agit pour nous dans ce journal d’insister sur l’importance de l’environnement dans tout projet de reconstruction nationale, mais aussi, et surtout sur l’amélioration urgente de la qualité de vie du citoyen haïtien. Les signes du renouveau doivent se matérialiser à travers la propreté de nos rues et un relèvement même progressif de l’habitat urbain. Toute chose, qui aura pour vertu de bien exposer aux yeux des nationaux et étrangers que ce pays est administré et qu’Haïti n’est pas un vaisseau fantôme. Ces derniers jours, dans certains quartiers populaires, des bandes armées ont voulu s’accaparer du monopole de la violence légitime réservé aux forces constitutionnellement établies. On a eu droit sur les réseaux sociaux à la manifestation triomphante de l’impunité. Des chefs de gangs ont échangé des menaces à visages découverts. Ils ont de leur propre gré, et sur la puissance de leur artillerie, effectué un découpage géographique de leurs territoires et indiqué clairement les frontières sur lesquelles ils entendaient faire régner leurs propres lois.Une situation qui est venue rappeler au citoyen lambda combien fragile était le climat sécuritaire. Ces évènements à la fois tragiques et ubuesques ont un impact certain sur l’économie du secteur informel et sur les bourses les plus vulnérables qui vendent et s’approvisionnent au portail sud de la ville. Entre temps, les forces de police ont su reprendre en main la situation qui demeure fragile. Le silence des armes et le retrait apparent des caïds ne sont, cependant, que brume trompeuse d’un retour à la normale.La Police nationale récemment confrontée à une vague de réprobation, suite à une intervention musclée d’une de ses unités dans la zone de “Gran ravin”, doit trouver un modus operandi entre la répression ferme du grand banditisme et le respect des droits humains. Aussi, l’intervention de la force publique dans ces quartiers doit-elle se faire dans le cadre d’une politique globale de sécurité qui prend en compte le caractère dangereux et hautement volatile de telles opérations de pacification, et les risques de dommages collatéraux.Les interventions de la PNH tout en étant dissuasives et déterminantes doivent aussi s’efforcer de gagner les coeurs et les esprits des riverains. Les citoyens n’ont pas à choisir entre bavures policières ou passivité des forces de l’ordre. La société civile réclame de l’action et de la fermeté de la part des pouvoirs publics dans le respect des normes de l’État de droit. Dans cet ordre d’idées, les règles d’engagement doivent être claires pour éviter toute confusion sur les théâtres d’opérations. Les manifestations des habitants de ces quartiers réclamant la paix et la sécurité constituent un appui sans condition au règne du droit et un précieux support aux forces de police.Toutefois, la situation dans ces archipels de la misère réclame beaucoup plus que la simple répression. Une approche multidimensionnelle, impliquant le ministère de l’Intérieur et celui de la Sécurité publique, la Mairie et les Collectivités territoriales, est nécessaire pour corriger les inégalités criantes qui font le lit du grand banditisme.Le relèvement des habitats ; un appui pédagogique et matériel aux écoles structurellement sinistrées de ces quartiers populaires ; la création de centres culturels ; la promotion d’activités solidaires et citoyennes ; les opportunités d’ emploi et les investissements dans des activités pro-croissance sont des facteurs pouvant contribuer à l’ intégration de ces populations exclues qui habitent une ceinture de feu autour de la ville, et qui sont forcées de vivre en marge de la loi.La reconstruction ne peut plus attendre et les appels à un nouveau départ doivent déserter le discours des politiques pour s’incarner dans la transformation progressive de nos villes et campagnes. Nos villes deviennent des lieux d’entassement qui affaiblissent chaque jour le lien social.Il y a sur cette question du paysage urbain, célérité dans l’urgence pour répéter après un ancien ministre.Haïti a grand besoin pourtant d’une thérapie nationale, une mise en perspective de nos problèmes structurels et des résolutions énergiques pour sortir du marasme de l’humanitaire. Il faut donner toutes ses chances à un vrai dialogue national.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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