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Éditorial

Remaniement ministériel ou pas, la caravane passe

Remaniement ministériel ou pas, la caravane passe

L’atmosphère politique haïtienne est marquée par un épais clair-obscur. Comme pour ramener par l’absurde la pendule à l’heure, un remaniement ministériel se dessine. Parlementaires, activistes politiques, membres de la société civile, acteurs sociaux et syndicalistes (à un degré moindre) ont ac­cueilli cette annonce officielle comme sur un plateau. Pour eux, c’est une impérieuse nécessité. À nouvelle situation sociopolitique, nouveau profil ministériel. C’est une exigence du bilan de l’action de chacun des membres du gouvernement pris dans l’ensemble ou séparément, de leur capacité à booster en quelque sorte le processus de développement du pays désem­paré par une année de gestion dans des conditions extrêmement difficiles.

L’atmosphère politique haïtienne est marquée par un épais clair-obscur. Comme pour ramener par l’absurde la pendule à l’heure, un remaniement ministériel se dessine. Parlementaires, activistes politiques, membres de la société civile, acteurs sociaux et syndicalistes (à un degré moindre) ont ac­cueilli cette annonce officielle comme sur un plateau. Pour eux, c’est une impérieuse nécessité. À nouvelle situation sociopolitique, nouveau profil ministériel. C’est une exigence du bilan de l’action de chacun des membres du gouvernement pris dans l’ensemble ou séparément, de leur capacité à booster en quelque sorte le processus de développement du pays désem­paré par une année de gestion dans des conditions extrêmement difficiles.Dans l’état actuel des choses, un remaniement ministériel devrait répondre à une logique de bonne gouvernance et de mise en oeuvre systématique de politiques publiques prometteuses. Et non pour capituler sous la pression de la conjoncture ou du microcosme politique toujours déterminé à tenir le levier du changement d’équipe gouvernementale. Il y a bien évidemment d’autres raisons plus objectives pour expliquer ou justifier ce revirement qui s’annonce. D’ailleurs, le Premier ministre n’a jamais fait mystère de son intention de s’y résoudre, dans la mesure où il s’y sent contraint ou poussé par le bilan à somme nulle voire le manque de cohérence de certains min­istres dont la compétence n’est pas forcément mise en cause. Même si de toute évidence, ils manquent d’étoffe, de métier, de charisme, de vision et d’envergure, au point qu’en plus de douze (12) mois, ils n’ont pu se surpasser pour donner des résultats sur le terrain, ce qui pourrait jouer en leur faveur.La question n’est pas de savoir pour qui sonnera le glas. On sera toujours édifié sur la nature et les chances de réussite du prochain cabinet ministé­riel que conduira Jack Guy Lafontant (nouvelle version) qui ne pourra pas s’empêcher d’être prisonnier de certaines influences. M. Lafontant, tant s’en faut, ne disposera d’aucune marge de manoeuvre pour décider des choix qui lui seront imposés. Son atout majeur est lié pratiquement à ses qualités per­sonnelles, ses forces et ses faiblesses. Inutile de chercher les raisons pour lesquelles le président de la République, M. Jovenel Moïse, et le Parlement ont bien voulu le garder à son poste.La question se pose : un replâtrage pour quoi faire? En quatorze mois, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. La machine de la caravane elle-même apparait très peu huilée, malgré le bilan assez exhaustif dressé par Tamara Orion, porte-parole de la présidence au seuil du premier anniversaire de cette « stratégie de développement ». C’est un fait : le pays est en guerre contre l’insécurité, la corruption, le chômage, les pressions inflationnistes, le déficit budgétaire, la détérioration des conditions de vie des populations les plus pauvres. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut en faire la démonstra­tion et traduire cela en actes et actions. D’où la nécessité d’un Premier min­istre efficace, pragmatique, capable de fédérer, de mobiliser, de consolider les valeurs républicaines pour faire barrage aux situations de troubles qui empêchent au pays de s’engager irréversiblement sur la route du progrès.Le peuple haïtien, attaché aux valeurs de la démocratie et du droit, attend le gouvernement 2 de Jack Guy Lafontant capable, selon lui, d’améliorer ses conditions de vie et de restaurer la sécurité indispensable à la relance de l’économie, à la prospérité et à la croissance. Le choc est terrible, déchirant: grande précarité, chute de la productivité, repli de l’innovation, explosion des inégalités sociales... c’est contre tout cela que le prochain gouvernement doit apporter au plus vite des réponses concrètes. Il importe de briser ce cercle vicieux qui alimente la peur et accélère la régression économique. Aux grands maux, il faut les remèdes des grands ministères dirigés par des ministres visionnaires qui portent au plus profond d’eux-mêmes la praxis sociale. Avec ce remaniement, Jack Guy Lafontant doit éviter un double écueil : la boulimie des uns et la surenchère des autres, mais surtout l’erreur de casting. L’État ne saurait se concentrer sur des particularismes, il doit as­socier souplesse libérale et protection pour les plus pauvres : une stratégie déterminante pour la construction de l’avenir.À Port-au-Prince, de jour comme de nuit, on sent la ville. Non pas telle qu’elle devrait être dans sa splendeur, mais dans sa décadence et ses blessures. Il faudrait psychanalyser ceux qui s’adonnent à la vie noc­turne. On entend les armes chanter selon leur calibre les rythmes divers même aux alentours des centres hospitaliers. Comme dans un concert militaire. Il y a là une opposition insurmontable entre celui qui investit la ville et se complait dans les déambulations subjectives et celui qui perçoit la ville comme un immense projet qu’il élabore en son for inté­rieur en mettant « les pieds dans le plat ». Question de se moquer des seigneurs de la guerre. D’aucuns s’aventurent à corps perdu dans la ville, d’autres l’imaginent, l’inventent ou la formatent. Envers et contre tout. Et dire qu’il faut résoudre en toute urgence cette équation à multiples inconnus que constitue la machine infernale de l’insécurité.Aucun secteur politique ou social ne peut seul venir à bout de ces années de gabegie et de gestion du chaos. Il faut donc construire les passerelles qui permettront de refonder une société en lambeaux. Le dialogue national s’impose à tous comme une nécessité historique. Cependant elle ne doit pas être un exercice formel vide de toute substance civique et patriotique.Il est à déplorer les vices de forme dans le montage du projet qui semble à l’origine des retraits de certains commissaires. Nous avons le don de pervertir les meilleures initiatives et de gaspiller les momentums les plus précieux. Le retentissant échec du projet de Contrat social, en 2004, est un exemple saisissant d’un pacte social sacrifié sur l’autel des individu­alismes forcenés. Aujourd’hui, les États généraux sectoriels menacent de s’enfoncer dans les marécages de l’intolérance et du doute.Haïti a grand besoin pourtant d’une thérapie nationale, une mise en per­spective de nos problèmes structurels et des résolutions énergiques pour sortir du marasme de l’humanitaire. Il faut donner toutes ses chances à un vrai dialogue national.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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