Un malaise de trop ?
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La Commission en charge du projet des États généraux sectoriels de la nation initié par l’Éxécutif est déjà en crise. Une situation qui laisse perplexes les observateurs sur les chances de succès d’une initiative tout de même porteuse de promesses. On a longtemps parlé de Conférence nationale et/ ou de dialogue national qui devait définir un nouveau pacte social, ce qui finalement ne s’est jamais matérialisé. Au sein de l’actuelle Commission de pilotage du dialogue national, les désistements témoignent du malaise général qui accable notre citoyenneté en détresse. Les blessures politiques sont profondes et ont du mal à se cicatriser.
La Commission en charge du projet des États généraux sectoriels de la nation initié par l’Éxécutif est déjà en crise. Une situation qui laisse perplexes les observateurs sur les chances de succès d’une initiative tout de même porteuse de promesses. On a longtemps parlé de Conférence nationale et/ ou de dialogue national qui devait définir un nouveau pacte social, ce qui finalement ne s’est jamais matérialisé. Au sein de l’actuelle Commission de pilotage du dialogue national, les désistements témoignent du malaise général qui accable notre citoyenneté en détresse. Les blessures politiques sont profondes et ont du mal à se cicatriser.En outre, la crise de confiance est telle que personne ne souhaite s’engager dans une initiative qui le décrédibiliserait, compte tenu du passif de précédentes Commissions présidentielles. Or, ce pays a un urgent besoin de prise de conscience collective sur les réalités de l’heure : la remontée de l’insécurité qui a connu son point d’orgue avec la brutale disparition d’un reporter photographe ; l’insécurité foncière qui plombe les projets d’investissements, le verrouillage du système judiciaire par des bandes organisées sont parmi les grands défis du moment. De plus, les secteurs qui s’observent depuis longtemps en chiens de faïence doivent enfin pouvoir dialoguer les yeux dans les yeux. Nous ne pouvons plus continuer à regarder notre environnement se dégrader au point de transformer un espace jadis magnifique et luxuriant en un triste rocher dans la mer des Antilles.Le rêve d’habiter se révèle chaque jour un cauchemar et la gouvernance de ce pays s’apparente à une partie de poker menteur.Nous sommes installés depuis longtemps dans l’épicentre d’un ouragan économique qui a fait de l’espace haïtien son lieu de prédilection. Ce désastre permanent est alimenté par un État défaillant et frappé d’impuissance ; des élites irresponsables qui considèrent ce territoire comme un comptoir de commerce et une terre de passage ; une Opposition politique impatiente d’accéder au pouvoir et peu préparée à l’exercer.Ce pays est connu pour son geste héroïque et l’espérance de liberté et d’égalité qu’il a longtemps incarnée pour l’Humanité souffrante. Mais cette magnifique révolution inachevée a accouché au forceps d’une nation en ruine et plongée perpétuellement dans la tourmente. La mort de Dessalines, deux ans après la guerre de libération, fut un signe fondateur de nos malheurs et turpitudes. La nation haïtienne se trouva écartelée entre deux malheureuses ambitions qui établirent deux États hostiles sur un espace exsangue. Et même après sa réunification, le pays a vécu au cours de ces deux derniers siècles d’innommables déchirures.Coincée entre des élites en panne de projets et une masse vulnérable et désespérée, dans laquelle des politiciens et seigneurs de guerre puisent régulièrement leurs troupes de choc, Haïti est devenue, au fil du temps, une triste République autoritaire et sanglante. Un “trouble country” pour répéter après nos puissants voisins.Aucun secteur politique ou social ne peut seul venir à bout de ces années de gabegie et de gestion du chaos. Il faut donc construire les passerelles qui permettront de refonder une société en lambeaux. Le dialogue national s’impose à tous comme une nécessité historique. Cependant elle ne doit pas être un exercice formel vide de toute substance civique et patriotique.Il est à déplorer les vices de forme dans le montage du projet qui semble à l’origine des retraits de certains commissaires. Nous avons le don de pervertir les meilleures initiatives et de gaspiller les momentums les plus précieux. Le retentissant échec du projet de Contrat social, en 2004, est un exemple saisissant d’un pacte social sacrifié sur l’autel des individualismes forcenés. Aujourd’hui, les États généraux sectoriels menacent de s’enfoncer dans les marécages de l’intolérance et du doute.Haïti a grand besoin pourtant d’une thérapie nationale, une mise en perspective de nos problèmes structurels et des résolutions énergiques pour sortir du marasme de l’humanitaire. Il faut donner toutes ses chances à un vrai dialogue national.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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