Cinq cents mètres !
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Le centre qui dit-on s’accapare de tout. Le centre qui montre sa magnificence, sa puissance. Le centre qui dévore tout. C’est pour cela qu’on parle souvent de décentralisation.Nous avons voulu faire un petit tour dans le centre physique, qui dévoile un peu l’état du centre mental. Nous avons ainsi décidé de visiter l’espace physique dans un rayon de cinq cents mètres autour du bureau du chef de l’État.Déjà à moins de trois cent mètres, dans un hôpital public on ne trouve pas le matériel basique pour soigner une simple blessure. Il faut aller s’acheter parfois même un pansement dans une pharmacie. Des médecins peuvent facilement parler de l’état de dénuement scandaleux du plus grand hôpital public du pays.Les sémaphores proches ne fonctionnent pas depuis des lustres.
Le centre qui dit-on s’accapare de tout. Le centre qui montre sa magnificence, sa puissance. Le centre qui dévore tout. C’est pour cela qu’on parle souvent de décentralisation.Nous avons voulu faire un petit tour dans le centre physique, qui dévoile un peu l’état du centre mental. Nous avons ainsi décidé de visiter l’espace physique dans un rayon de cinq cents mètres autour du bureau du chef de l’État.Déjà à moins de trois cent mètres, dans un hôpital public on ne trouve pas le matériel basique pour soigner une simple blessure. Il faut aller s’acheter parfois même un pansement dans une pharmacie. Des médecins peuvent facilement parler de l’état de dénuement scandaleux du plus grand hôpital public du pays.Les sémaphores proches ne fonctionnent pas depuis des lustres. Que ce soient ceux au bas de l’avenue Magny, sur Lalue et sur la rue Pavée.Les places publiques proches sont dans un état d’insalubrité et de délabrement incroyable. Les odeurs qui s’y dégagent laissent à deviner comment les citoyens parfois sont en plein dans ce bizarre dicton « degaje pa peche ».L’insalubrité bat son plein en face de l’espace où était érigé le Palais national. La fameuse tour 2004, qui prend de la rouille et qui ressemble de plus en plus à un tas de ferraille, est assiégée par les détritus. On peut voir derrière les grilles des amoncellements de plastique. Un spectacle répugnant.Tout près, ce sont les queues pour l’ONI. Comme d’habitude dans notre État où la ségrégation est la règle, on remarque que les personnes dans ces files proviennent pour la grande majorité d’une classe sociale. La plus pauvre. Les plus aisés ont sans doute d’autre manière de se débrouiller pour se procurer les documents. Le voisinage de l’ONI est colonisé par un petit commerce de fortune. Paysage pitoyable qui montre, là encore, notre déchéance. Notre précarité.Un peu plus bas, là où se trouvait le Nègre marron, tout est ceinturé avec des tôles rouges. C’est laid. Tout autour, c’est plein de “degaje” comme on dit chez nous. Lavage de voitures en pleine rue. Encore des “chen janbe”. Cireurs de chaussures sur les trottoirs colonisés. Sous des tonnelles crasseuses, on offre des services de photocopie, de dactylographie. On y fabrique des sceaux. Toujours des « chen janbe » où l’on assassine la population en flanquant plein de cubes “Magui” dans une nourriture, le tout dans une huile toujours suspecte. Ce qui reste du gazon dans les environs du nouveau local de la Cour de cassation est jonché de plastique et détritus.De jour comme de nuit dans ce rayon de cinq cents mètres autour du bureau du Chef de l’État, les pickpockets oeuvrent à coeur joie. Les bordels fonctionnent aussi. La prostitution s’étale sous les yeux avant même la nuit tombée. On mendie dans les rues pendant que les ordures s’amoncellent près de ladite place des Artistes. En cas de forte averse avec le Bois de Chêne pas trop loin devenu un égout à ciel ouvert, c’est partout la boue et les immondices de toutes sortes.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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