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Éditorial

Le trop-plein !

Le trop-plein !

On ne le redira jamais assez. Nous sombrons dans nos anormalités. Pire, l’absence de l’État induit des comportements qui s’incrustent dans nos quotidiens si bien que des esprits déjà malades peuvent y voir comme des spécificités culturelles qu’on est en droit d’exporter à la faveur des migrations. Et quand ces comportements provoquent des réactions violentes, on n’est pas loin de soulever l’argument de la persécution ou du racisme.Ainsi, il est devenu normal d’utiliser même une route nationale pour un marché public.

On ne le redira jamais assez. Nous sombrons dans nos anormalités. Pire, l’absence de l’État induit des comportements qui s’incrustent dans nos quotidiens si bien que des esprits déjà malades peuvent y voir comme des spécificités culturelles qu’on est en droit d’exporter à la faveur des migrations. Et quand ces comportements provoquent des réactions violentes, on n’est pas loin de soulever l’argument de la persécution ou du racisme.Ainsi, il est devenu normal d’utiliser même une route nationale pour un marché public. Une bande à pied, un rara, peuvent, sans autorisation aucune, à part celle qu’ils s’octroient sous couvert d’une prétendue culture, gagner les rues quand bon leur semble, pénalisant ainsi des dizaines de milliers de citoyens désireux de vaquer à leur occupation. L’État n’aurait pas dû accepter pareil comportement. Il n’y a pas d’État.N’importe qui s’arroge le droit de faire du bruit. De mettre un ou des haut parleurs sur un trottoir, à un carrefour pour diffuser de la musique à plein volume. Dans le voisinage d’une école, d’une bibliothèque, d’une université, d’un hôpital. Il y a même des motos qui circulent avec des systèmes de son et qui perturbent partout la paix publique. Ne parlons pas de ces temples, de ces églises qui, sous prétexte de propager la parole de Dieu, empêchent les citoyens de se reposer. L’État aurait dû sévir avec vigueur contre ces comportements. Il n’y a pas d’État.L’autre chose bizarre ce sont ces policiers qui arrêtent les automobilistes pour vérifier permis de conduire et papiers des véhicules. Normalement, cela aurait dû être normal. Mais, pendant ce temps, plein de véhicules, la nuit, circulent sans lumière ou avec un seul phare. Il y a même des plaisantins qui, n’ayant pas de phares, installent une lumière de fortune entre les deux non fonctionnels. Ils ne sont pas inquiétés. Les véhicules en surcharge, en mauvais état, on ne s’en soucie pas.De quoi faire les gorges chaudes, c’est de voir, un lundi matin, une jeep descendre la route du Canapé-Vert en déversant par son pot d’échappement une fumée noirâtre qui empêche par moment toute visibilité. Le véhicule passe devant un policier placé presque à la hauteur de l’entrée de Juvénat. Le conducteur du véhicule n’est pas interpellé. Un citoyen qui proteste devant le policier se voit répondre de la manière la plus expéditive : « Sévis li bezwen. » Mais la chose devient tout à fait stupéfiante quand, au bas de la Route du Canapé- Vert, trois policiers sont debout sur le trottoir. Alors là, le véhicule les enfume copieusement. Un véritable enfumage. Aucune réaction des policiers. Même de leur santé, ils semblent ne pas s’en soucier. Même s’ils n’avaient reçu aucune directive en ce sens de leurs supérieurs, ce qui serait totalement fou, ils auraient dû, par instinct de survie, réagir. C’est vrai que n’importe quel politicien ignorant, délinquant, peut sévir contre un agent de police, mais là encore c’est une absurdité due à l’absence d’un vrai État.On pourrait parler de la gestion des détritus. De l’omniprésence du plastique. D’un tas de choses encore. Trop de choses. Vraiment, il y a de quoi se poser des questions sur toutes ces dérives qui ne font que montrer l’absence de gouvernance dans notre pays. Ce qui fait peur, c’est quand ces esprits malades veulent assimiler ces comportements à une forme de culture. Le jour où des citoyens désireux vraiment de changer les choses accèdent au pouvoir politique, la tâche sera plus que rude.Pour l’heure, le pays est suspendu à des rumeurs de changements de cabinet sans qu’on ne sache trop ce que cela va changer. S’agira-t-il d’un nouvel élan qui sera ainsi impulsé à la politique gouvernementale ou tout simplement des manoeuvres clientélistes habituelles par élus interposés ?Haïti n’est pas prisonnière des griffes de la fatalité, il ne tient cependant qu’à nous élus et mandants de sortir de cette vision jusqu’ ici médiocre dans laquelle nous avons programmé le futur de notre pays.La solution sur le long terme se trouve en amont, sur nos terres que nous devons rendre productives ; dans notre système éducatif qu’il nous faut impérativement relever pour permettre à nos étudiants de rester au pays ; et dans la politique qui doit se réconcilier avec le bien commun.du café de commerce, ennuient et ne desservent pas la lutte légitimepour les droits de la femme. Hélas !Ainsi, avons-nous inventé les métiers des droits de la femme. Lescirconstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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