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Éditorial

Et l’enquête se poursuit...

Et l’enquête se poursuit...

3 avril 2000 - 3 avril 2018 : 18 ans se sont écoulés depuis l’assassinat par balles de Jean Léopold Dominique dans l’enceinte de la Radio Haïti Inter dont il fut le PDG et Jean Claude Louissaint, réceptionniste du média. Aujourd’hui les mines sont graves, les visages plus sombres que d’habitude après la disparition du jeune photojournaliste Vladjimir Legagneur à Grand-Ravine. Les cicatrices de la presse haïtienne ne se sont même pas encore effacées pour Brignol Lindor, Jacques Roche qu’un voile de deuil est venu l’envelopper depuis déjà deux semaines après les résultats de l’enquête policière à Grand-Ravine.Travailleurs de la presse, militants des droits humains, activistes politiques ont parcouru les rues de la capitale lundi dernier pour demander justice en faveur de toutes les victimes de l’insécurité et dénoncer l’impunité.

3 avril 2000 - 3 avril 2018 : 18 ans se sont écoulés depuis l’assassinat par balles de Jean Léopold Dominique dans l’enceinte de la Radio Haïti Inter dont il fut le PDG et Jean Claude Louissaint, réceptionniste du média. Aujourd’hui les mines sont graves, les visages plus sombres que d’habitude après la disparition du jeune photojournaliste Vladjimir Legagneur à Grand-Ravine. Les cicatrices de la presse haïtienne ne se sont même pas encore effacées pour Brignol Lindor, Jacques Roche qu’un voile de deuil est venu l’envelopper depuis déjà deux semaines après les résultats de l’enquête policière à Grand-Ravine.Travailleurs de la presse, militants des droits humains, activistes politiques ont parcouru les rues de la capitale lundi dernier pour demander justice en faveur de toutes les victimes de l’insécurité et dénoncer l’impunité. La marche silencieuse a bel et bien été entendue par les autorités policières qui ont diligenté une enquête dont les résultats sont vite connus.Dans un communiqué le 2 avril 2008, Reporters sans frontières s’interrogeait déjà sur le retard pris dans le règlement juridique du dossier du double assassinat à Radio Haïti Inter, alors qu’une réelle volonté politique et judiciaire avait donné, depuis deux ans, des résultats tangibles dans des affaires de même nature ou presque.Reporters sans frontières (RSF)rappelle justement qu’au cours de l’année 2007, deux condamnations ont été prononcées dans l’affaire Brignol Lindor, journaliste de Radio Echo 2000 assassiné en 2001 à Petit-Goâve et autant dans l’affaire Jacques Roche, responsable de la section culturelle du journal Le Matin, enlevé et tué en 2005 à Port-au-Prince. “ D’autres enquêtes sur des cas plus récents ont parallèlement abouti à des arrestations rapides. Une Commission indépendante d’appui aux enquêtes relatives aux assassinats de journalistes (CIAPEAJ) a même été établie le 10 aout 2007”, avait indiqué RSF pour montrer la volonté politique exprimée dans le traitement de ce dossier susceptible de prouver que l’impunité ne saurait être une fatalité.En effet, l’enquête sur le double assassinat de Jean L. Dominique et Jean Claude Louissaint conclue le 21 mars 2003 avait abouti à l’inculpation et à l’incarcération de quelques individus. C’est bien connu. Le 19 juin 2004, la Cour de cassation avait ordonné la réouverture du dossier. Il a donc fallu un an pour la désignation d’un nouveau juge d’instruction le 3 avril 2005. Au total, six magistrats se sont succédé pour instruire l’affaire, s’étonne RSF qui se montre aussi inquiet quant à l’aboutissement de l’enquête sur la disparition de VladjimirL’Association des journalistes haïtiens (AJH) et SOS Journalistes explorent toutes les pistes pour sensibiliser les corporations sur les conditions difficiles dans lesquelles s’exerce ce métier. Face à cette situation, les jeunes sont de plus en plus attirés par les mirages de l’émigration vers l’Amérique du Sud(Chili, Brésil...) Faute de mieux. À quand un sommet sur ce sujet brulant? N’est-il pas encore temps d’aller au fond des choses pour poser de bonnes questions et trouver les solutions susceptibles de résoudre le problème de l’insécurité et de l’impunité en Haïti?Haïti n’est pas prisonnière des griffes de la fatalité, il ne tient cependant qu’à nous élus et mandants de sortir de cette vision jusqu’ ici médiocre dans laquelle nous avons programmé le futur de notre pays.La solution sur le long terme se trouve en amont, sur nos terres que nous devons rendre productives ; dans notre système éducatif qu’il nous faut impérativement relever pour permettre à nos étudiants de rester au pays ; et dans la politique qui doit se réconcilier avec le bien commun.du café de commerce, ennuient et ne desservent pas la lutte légitimepour les droits de la femme. Hélas !Ainsi, avons-nous inventé les métiers des droits de la femme. Lescirconstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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