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Éditorial

Droit devant !

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Dans plusieurs points de la capitale, la mairie faisait déguerpir des petits commerçants sur les trottoirs. La police, menaçante, était souvent là pour faire comprendre que l’ordre des édiles devrait être exécuté. C’est vrai que la ville ne peut accepter que ses trottoirs soient ainsi pris d’assaut par le petit commerce.

Dans plusieurs points de la capitale, la mairie faisait déguerpir des petits commerçants sur les trottoirs. La police, menaçante, était souvent là pour faire comprendre que l’ordre des édiles devrait être exécuté. C’est vrai que la ville ne peut accepter que ses trottoirs soient ainsi pris d’assaut par le petit commerce. En même temps aussi ce sont des dizaines de milliers de gens, dans ce pays où il n’y a pas de création d’emplois, qui vivent de ces commerces. Aussi reviennent-ils constamment à la charge. Combien de temps les autorités pourront-elles tenir quand la survie a ses impératifs et que les conditions de vie de la population sont le cadet des soucis de nos politiciens ?En République dominicaine, c’est à peu près la même chose. Ils sont des dizaines de milliers, à y aller chercher, souvent illégalement, de nouvelles opportunités, et nos voisins sévissent contre eux de manière brutale. On a beau les chasser, ils reviennent. Avec la bénédiction souvent des maîtres de notre pays qui rêvent de voir partir loin ce trop-plein de population qui viendra forcément frapper un jour à leurs portes pour demander des comptes.Pendant ce temps, un sénateur est acheminé vers l’étranger pour des soins de santé d’urgence. L’avion-ambulance est là pour lesdits grands de ce pays encore qu’il faut avoir une certaine baraka pour bénéficier des services de cet appareil. Car, vers Santo-Domingo ou Miami, il faut compter plus d’une heure et, dans ces cas pareils, chaque minute devient une éternité.Le problème, c’est que le peu de richesse que l’État possède n’est jamais utilisé pour le bien de tous. Nos hôpitaux sont démunis, dans un état misérable et retenir ici nos jeunes qui ont étudié la médecine dans les meilleures conditions, n’a jamais été une priorité. On ne pense qu’aux privilèges personnels, insouciant pour sa propre sécurité, croyant peut-être que Dieu ou, certainement le diable pourra vous sortir du pétrin, le jour du jugement venu.Le prix des produits alimentaires ces derniers jours a connu une forte hausse. Quelle en est la raison ? On ne le sait pas vraiment. Ceux qui contrôlent le marché de l’importation, souvent des monopoles, ont la partie belle dans le vide laissé volontairement par l’État. Devant l’absence de réaction de la population et l’évidente faiblesse pour ne pas dire la nullité des oppositions traditionnelles, on pense avoir la partie belle. Alors, on fonce tête baissée dans le profit. On pense que tout est permis. On organise même des retraites dorées en croyant que jamais on ne sera dans la situation d’une autre retraite, celle-là catastrophique pour ne pas dire meurtrière.Car le danger se trouve justement dans ce jugement faux. On peut tirer sur la corde indéfiniment. En fait, on semble revenir tranquillement vers les situations d’avant 1986 ou un groupe au pouvoir se pensait intouchable avec sa force armée, sa grande capacité de corruption et ses sympathies souvent payées dans les officines étrangères.Mais la situation ne sera jamais la même. On s’avance dans le vide avec trop d’épines dans le pied. Ces épines ne permettront jamais la retraite. Et les maîtres de ce pays ne devraient pas se réjouir de l’absence d’une opposition. S’ils n’étaient pas bêtes, ils auraient même pensé à faire en sorte qu’y en ait une bonne. Car le jour pas si loin où n’importe quoi peut mettre le feu à la poudrière, il n’y aura que la frustration, une colère aveugle que personne ne pourra canaliser, contrôler. On offrira en holocauste celui qui n’a pas de vrais liens dans les hauteurs. Mais cela n’empêchera pas le vrai scénario d’une apocalypse somalienne, nouvelle version, de se mettre en place.Les plus irréductibles protestataires estiment que Jovenel Moïse a parlé dans son costume de chef de l’État comme s’il tenait à lui et à lui seul de déterminer les planchers salariaux en lieu et place des secteurs concernés (syndicats, patronat, CSS). S’il s’avisait de connaître les seuils salariaux exigés par la conjoncture socio-économique actuelle du pays et définis dans les conventions collectives régulant les rémunérations du salaire minimum conventionnel, il encouragerait les protagonistes à prendre une position de sagesse afin de favoriser le blocage du réflexe empathique au phénomène du « chômage de masse ». Et contribuer à établir la paix des rues.La solution sur le long terme se trouve en amont, sur nos terres que nous devons rendre productives ; dans notre système éducatif qu’il nous faut impérativement relever pour permettre à nos étudiants de rester au pays ; et dans la politique qui doit se réconcilier avec le bien commun.du café de commerce, ennuient et ne desservent pas la lutte légitimepour les droits de la femme. Hélas !Ainsi, avons-nous inventé les métiers des droits de la femme. Lescirconstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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