Une priorité nationale !
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La question migratoire prend une telle ampleur qu’elle doit devenir chaque jour une priorité absolue pour nos gouvernants. Le dossier dominicain, un temps occulté par la situation de nos au Chili, a refait brutalement surface avec l’affaire des Pedernales.Une histoire des plus scabreuses dont les immigrés haïtiens devaient encore une fois faire les frais.
La question migratoire prend une telle ampleur qu’elle doit devenir chaque jour une priorité absolue pour nos gouvernants. Le dossier dominicain, un temps occulté par la situation de nos au Chili, a refait brutalement surface avec l’affaire des Pedernales.Une histoire des plus scabreuses dont les immigrés haïtiens devaient encore une fois faire les frais. La semaine dernière, la presse locale et dominicaine ont fait état de la fuite de milliers d’Haïtiens se sentant menacés dans leurs vies et biens, suite à la mort d’un citoyen dominicain dans des circonstances troublantes. Vu l’état de désolation dans lequel vivent nos compatriotes en terre voisine, il n’est guère étonnant qu’ils deviennent très vite les boucs émissaires de toute situation potentiellement dangereuse.Depuis l’Antiquité, l’autre- celui qui vient d’ ailleurs- est considéré comme un barbare. C’est sur lui que pèsent toutes les suspicions. Le mal ne peut venir que de l’étranger que l’on perçoit comme celui qui vient prendre l’emploi du natif ou envahir son territoire.Ce discours xénophobe a tendance à nier le poids positif des migrants dans les différentes économies d’accueil. Dans un rapport publié au début des années 2000 pour l’Office international de la migration, le professeur Guy Alexandre, aujourd’hui décédé, observait déjà à l’époque la diversité de la main d’oeuvre haïtienne en République dominicaine devenue de plus en plus indispensable.Ce rappel pour dire qu’il y a donc une forme d’interdépendance à assumer, puisque la main d’oeuvre haïtienne est devenue essentielle à une économie dominicaine en pleine croissance. Et l’exode se poursuivra tant que le pays continuera à ne rien offrir à ses filles et fils. Il est donc de la responsabilité de notre État de mettre en place des politiques publiques capables de retenir au pays nos forces productives. Car une politique axée uniquement sur l’exportation de la main d’oeuvre équivaut à bâtir notre avenir sur des sables mouvants.En prenant massivement la direction de la frontière, les paysans haïtiens ne font que suivre un itinéraire tracé depuis deux siècles par un ordre économique supra national. Un système inique qui a toujours voulu faire d’Haïti une réserve de main d’oeuvre taillable et corvéable à merci pour les propriétaires de fincas de Cuba et de la République dominicaine.Nous ne pouvons plus continuer à gérer le dossier migratoire au hasard de réunions non suivies d’effets de Commissions mixtes ; ni sur la base de rencontres ponctuelles entre élus des deux pays. Si ces sommets ont toute leur valeur diplomatique, ils doivent prendre appui sur une vraie politique migratoire et un programme national de recovery de la campagne haïtienne.La source du drame est en fait dans notre pays qui déverse ses flots de réfugiés dans la région. Et les sociétés qui les reçoivent sont au fait de la situation économique de leur terre de provenance, ce qui donne le champ libre à toutes sortes d’humiliations. Il ne faut pas non plus se voiler la face : ces hordes miséreuses de travailleurs outrancièrement démunis provoquent un choc culturel dans les communautés d’accueil et nourrissent chez certains un sentiment de supériorité par rapport à ces nouveaux arrivants. Ils sont traités comme des sous-hommes et sont exposés à de graves violations des droits de la personne particulièrement en terre voisine ou ils trouvent aussi- heureusement-d’honnêtes défenseurs.La solution sur le long terme se trouve en amont, sur nos terres que nous devons rendre productives ; dans notre système éducatif qu’il nous faut impérativement relever pour permettre à nos étudiants de rester au pays ; et dans la politique qui doit se réconcilier avec le bien commun.du café de commerce, ennuient et ne desservent pas la lutte légitimepour les droits de la femme. Hélas !Ainsi, avons-nous inventé les métiers des droits de la femme. Lescirconstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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