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Éditorial

Pur combattre la sinistrose !

Pur combattre la sinistrose !

Il nous arrive dans ce journal, comme si nous participions à une sorte de pêche miraculeuse, d’être à l’affut des bonnes nouvelles , de celles qui pourraient remonter le moral de nos lecteurs, des faits qui annoncent un changement tant attendu ou inédit ou d’événements qui crèvent le plafond de verre de la médiocrité et de l’insalubrité. Et c’est ainsi que nous avons relevé au hasard la récupération de dizaines de millions de gourdes au ministère de l’Éducation nationale et à la Police nationale.

Il nous arrive dans ce journal, comme si nous participions à une sorte de pêche miraculeuse, d’être à l’affut des bonnes nouvelles , de celles qui pourraient remonter le moral de nos lecteurs, des faits qui annoncent un changement tant attendu ou inédit ou d’événements qui crèvent le plafond de verre de la médiocrité et de l’insalubrité. Et c’est ainsi que nous avons relevé au hasard la récupération de dizaines de millions de gourdes au ministère de l’Éducation nationale et à la Police nationale. L’éclatant succès du Festival de jazz qui s’est étendu sur plusieurs villes du pays fait partie de ces nouvelles que nous relayons volontiers. Il en est de même de la décision de la municipalité du Cap d’associer la préparation du carnaval à un grand projet d’assainissement : une sorte d’opération ville propre qui devrait inspirer d’autres mairies.On pourrait ajouter les efforts redoublés d’entrepreneurs privés qui cherchent malgré tout à créer de l’emploi dans un environnement macroéconomique difficile, les tentatives ici et là d’organisations civiques et communautaires pour structurer un corps social depuis trop longtemps anémique. Sur un mode tout à fait anecdotique, la qualification de la sélection féminine pour la Coupe du monde vient donner du blé à moudre à un public avide de bonnes nouvelles si rares sur le plan local. Bref, il s’agit pour nous de présenter à l’opinion un peuple qui en dépit de tout, se cherche une voie entre le sauve-qui-peut migratoire et une lutte quotidienne au pays pour la survie.Un peuple qui clame régulièrement sur les ondes de nos radios et sur les réseaux sociaux son refus de l’obscénité et des paradis artificiels qu’on lui sert à tour de bras, suivant le fallacieux prétexte que cela contribue à son bonheur ! Mais si, d’un côté, une population s’accroche désespérément à la vie et refuse la fatalité, il y a de la part des politiques une éreintante difficulté à élaborer un grand projet national de développement. Le pouvoir n’a pas encore trouvé la bonne carburation pour des politiques innovantes à même de susciter l’enthousiasme des citoyens que l’on voit se désintéresser de plus en plus de la politique-spectacle. Nous avons déjà écrit que la Caravane aussi mobile et fructueuse soit-elle sur le plan des réalisations immédiates et régionales n’est pas suffisante pour faire démarrer un pays trop longtemps englué dans la boue nauséeuse du sous-développement. Il manque encore ce grand élan visionnaire qui nous ferait dire comme l’autre : « Yes we can », « Wi nou kapab ». À quand donc des décisions économiques audacieuses qui relanceront la production nationale et renforceront la collecte des taxes à nos frontières et nos ports tout en augmentant les ressources nécessaires à la réouverture des chantiers de la reconstruction ? À quand le grand signal de la lutte contre les multiples atteintes à la propriété ? À quand une vraie mise en place du cadastre national sans lequel les conflits terriens continueront d’ensanglanter nos rizières ? Si le chef de l’État nous a habitués à un discours particulièrement vigoureux sur la question de la corruption, on attend encore des mesures concrètes. La parole sans action peut être assimilée à de la poudre aux yeux par une collectivité habituée aux mensonges d’État. Quand donc viendra le jour où on s’assurera le suivi des nos politiques publiques, et qu’on n’ait plus cette sensation de toujours retourner à la case départ ? De toujours recommencer à zéro, comme le signalait la semaine dernière un de nos chroniqueurs, Robert Berrouet Oriol ?Enfin nous attendons sur le court terme, avec impatience, ce grand coup de balai dans nos rues qui devra donner le signal de la lutte contre l’indignité et montrer le respect des élus de ce pays pour leurs mandants.Et ce sera bien pour le moral de nous tous.L’arrivée de la Caravane avec son bras mécanique peut signifier la fin du cauchemar pour les municipalités qui croulent sous le poids des détritus. Encore faudrait-il qu’elle fasse émerger de véritables politiques de salubrité. Les opérations type « lave figi potoprens »ne sont que cautère sur jambe de bois.À un moment où les déclarations humiliantes du président américain entraînent pour notre pays une vague de sympathie internationale, la présence en Haïti de célébrités et de journalistes désireux enfin de montrer les beautés jusque là occultées de notre île sont une opportunité à ne pas gâcher en vue d’améliorer le paysage urbain d’un pays certes pauvre, mais digne.L’adjectif « sectoriel » peut tout compliquer en transformant les États généraux sectoriels en champ de bataille d’experts et d’opérateurs avisés. En principe, ces types d’évènements, déjà rares dans la vie des peuples, n’ont de légitimité que quand ils sont portés par des citoyens de diverses origines sociales qui prennent le temps de parler pays sans prendre en compte leurs intérêts de groupe et leurs petits privilèges.Nos délégués sauront-ils proposer de nouvelles idées pour aiguillonner et placer le train de l’État sur de nouveaux rails ?Tout reste possible : espérance, indulgence et désillusion.

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