Les chocs mirages
Écouter l'article
Après le tremblement de terre de janvier 2010, beaucoup avaient espéré le choc salvateur. Il y avait de quoi. Des dizaines de milliers de morts. La preuve par quatre que nous avions un déficit extrême de gouvernance qui s’était traduit par une détérioration hallucinante de notre environnement. Le vivre ensemble était devenu aussi ces agglomérats de bidonvilles ne se confinant plus à la périphérie de la capitale, mais s’établissant partout à l’intérieur même de la cité. Les constructions sauvages traduisaient bien cette absence de l’autorité de l’État. Mais il n’avait pas fallu longtemps pour comprendre que le choc du tremblement de terre était comme une sorte de choc passager, un choc mirage, un choc sans influence aucune sur nos manières de voir et de comprendre notre lieu.
Après le tremblement de terre de janvier 2010, beaucoup avaient espéré le choc salvateur. Il y avait de quoi. Des dizaines de milliers de morts. La preuve par quatre que nous avions un déficit extrême de gouvernance qui s’était traduit par une détérioration hallucinante de notre environnement. Le vivre ensemble était devenu aussi ces agglomérats de bidonvilles ne se confinant plus à la périphérie de la capitale, mais s’établissant partout à l’intérieur même de la cité. Les constructions sauvages traduisaient bien cette absence de l’autorité de l’État. Mais il n’avait pas fallu longtemps pour comprendre que le choc du tremblement de terre était comme une sorte de choc passager, un choc mirage, un choc sans influence aucune sur nos manières de voir et de comprendre notre lieu.Les propos attribués au président américain ont choqué, indigné. Jusqu’à présent, les réactions continuent à pleuvoir. Si aux États- Unis un secteur politique profite pour encore régler ses comptes avec Donald Trump, chez nous cela aurait dû aussi provoquer un autre choc. Mais on ne démontrera encore une fois que notre grande énergie à nous indigner, à ressasser ce que nous tous nous savons déjà à savoir notre grandeur passée sans nous rendre compte que nos ancêtres au vu de notre gestion actuelle du pays n’ont certainement pas trop de considérations pour nous.On a vu, depuis les derniers évènements, une profusion d’images à la télévision vantant les beautés naturelles de notre pays, de quoi attirer les touristes dont nous avons tant besoin pour notre économie. Mais toujours, nous restons dans l’incantation, dans cette attitude presque mystique ou Dieu où les « lwa » auront toujours une préférence pour le peuple élu que nous sommes, le peuple à donner en exemple au pays de la terre.On persiste à ne pas vouloir comprendre que toute réussite réside dans la valeur ajoutée qui est le résultat de l’intelligence, de la créativité, de l’effort et surtout de la vision. L’argent dépensé dans une propagande touristique tous azimuts à l’étranger aurait été mieux rentable dans l’assainissement des sites touristiques et dans la protection de notre environnement. De plus en plus, beaucoup de nos pages deviennent insalubres en raison du comportement peu civique des populations riveraines et aussi de l’absence de toute force étatique –communale-devant veiller à la salubrité pas seulement des lieux devant attirer les étrangers, mais de tout le territoire. La pollution n’est pas seulement physique avec les détritus et le plastique. Elle est aussi animale avec tous ces chiens galeux faméliques laissés partout en liberté, les porcs qu’on n’est même pas étonné de découvrir à un carrefour, les fous qui se promènent parfois nus dans un état de saleté repoussante et finalement cette pollution sonore extrême qui passe par les haut-parleurs des églises, les pseudo-discothèques, les citoyens qui branchent leurs sons comme si de rien n’était, la pétarade des génératrices ou des motocyclettes, etc. Il y a donc, outre les urgences économiques, sanitaires, d’autres urgences au quotidien qu’il faut impérativement gérer. Un étranger qui découvre un lieu beau et propre, qui a droit à un bon service, est votre meilleur agent de publicité une fois revenu chez lui. Celui qui vient, attiré par de belles images et qui découvrent l’insalubrité, le bruit, l’indigence, le chaos, n’encouragera pas amis et connaissances à venir.Tout ceci pour dire qu’on attend encore le choc salvateur, celui qui nous portera comme un seul peuple à nous investir de toutes nos forces dans la lutte pour changer les choses, freiner la corruption et construire une gouvernance intelligente, novatrice, efficace.L’arrivée de la Caravane avec son bras mécanique peut signifier la fin du cauchemar pour les municipalités qui croulent sous le poids des détritus. Encore faudrait-il qu’elle fasse émerger de véritables politiques de salubrité. Les opérations type « lave figi potoprens »ne sont que cautère sur jambe de bois.À un moment où les déclarations humiliantes du président américain entraînent pour notre pays une vague de sympathie internationale, la présence en Haïti de célébrités et de journalistes désireux enfin de montrer les beautés jusque là occultées de notre île sont une opportunité à ne pas gâcher en vue d’améliorer le paysage urbain d’un pays certes pauvre, mais digne.L’adjectif « sectoriel » peut tout compliquer en transformant les États généraux sectoriels en champ de bataille d’experts et d’opérateurs avisés. En principe, ces types d’évènements, déjà rares dans la vie des peuples, n’ont de légitimité que quand ils sont portés par des citoyens de diverses origines sociales qui prennent le temps de parler pays sans prendre en compte leurs intérêts de groupe et leurs petits privilèges.Nos délégués sauront-ils proposer de nouvelles idées pour aiguillonner et placer le train de l’État sur de nouveaux rails ?Tout reste possible : espérance, indulgence et désillusion.
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.