Une manne pour les partis politiques !
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La loi sur la formation, le fonctionnement et le financement des partis politiques votée respectivement au Sénat et à la Chambre des députés en 2012 et 2013 et ratifiée en 2014 commence à produire manifestement ses effets. Des partis politiques ont reçu symboliquement du président de la République, M. Jovenel Moïse, l’aide publique exigée par la loi.L’article 36 de cette loi prévoit que “ 1% des ressources internes du budget national sert à financer les partis. Les modalités d’allocation de ces fonds se basent sur des critères liés à la performance électorale résultant de la représentation au Parlement et dans les collectivités territoriales. 60% de ces fonds sont alloués aux partis ayant remporté 10 sièges au Parlement ou 30 dans les collectivités territoriales.
La loi sur la formation, le fonctionnement et le financement des partis politiques votée respectivement au Sénat et à la Chambre des députés en 2012 et 2013 et ratifiée en 2014 commence à produire manifestement ses effets. Des partis politiques ont reçu symboliquement du président de la République, M. Jovenel Moïse, l’aide publique exigée par la loi.L’article 36 de cette loi prévoit que “ 1% des ressources internes du budget national sert à financer les partis. Les modalités d’allocation de ces fonds se basent sur des critères liés à la performance électorale résultant de la représentation au Parlement et dans les collectivités territoriales. 60% de ces fonds sont alloués aux partis ayant remporté 10 sièges au Parlement ou 30 dans les collectivités territoriales. « Tous les partis représentés au Parlement se partagent 36% du montant global en fonction de la représentation de chacun au Corps législatif. 5% des fonds publics destinés à financer les partis sont destinés aux partis ayant des femmes élues dans leurs rangs ». Si un même parti est susceptible de se retrouver dans les trois catégories, il n’en demeure pas moins que cette loi est capable de normaliser la vie politique en Haïti. Et ce serait tant mieux.La loi exige que les partis soumettent un rapport de leurs dépenses trimestrielles au ministère de l’Économie et des Finances (MEF). À la fin de l’année, les partis remettront aussi un bilan détaillé de l’utilisation de ces fonds à eux octroyés. Mais l’État risque d’alimenter par ce biais la corruption, s’il n’y prend garde ; de même il peut encourager le favoritisme sans être partisan. L’expression parait assez banale. Et le chef de l’État qui dit faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, sinon sa part de conviction ne peut que doubler de vigilance en vue d’une gestion saine de ce pactole par les bénéficiaires.Si l’aide publique est omniprésente dans l’agenda des partis, elle devrait avoir une certaine incidence sur leur socialisation. Certes elle peut se prêter à toutes sortes de critiques dans un pays où tout est prioritaire, mais elle est susceptible de nourrir l’argumentaire de ceux qui estiment que le financement des partis n’est pas aussi prioritaire que les solutions à apporter aux problèmes liés à la précarité des conditions de vie de la population, à la protection de l’environnement, à l’amélioration de la condition enseignante, au désenclavement de l’arrière-pays. Et au financement de la recherche à l’université. Ainsi, le recteur de l’Université Quisqueya, M. Jacky Lumarque, lors d’un entretien avec Le National, ironise-t-il cette fameuse entreprise de l’État consacrée par ce que Pierre-Raymond Dumas appelle « la transition d’Haïti vers la démocratie »: “ Bravo pour les politiciens et les services qu’ils rendent à la population. Bravo pour la transparence et le respect du bien public. Où est le financement de la recherche scientifique en Haïti? Plus basiquement, où est le financement qui va donner à chaque famille la possibilité d’assurer les neuf années d’éducation fondamentale de ses enfants?”Le financement des partis politiques peut susciter des doutes quant à la considération que les citoyens portent majoritairement aux politiciens. C’est notre devoir de citoyen que d’exiger de l’Etat qu’il donne le ton dans l’application rigoureuse des lois qu’il arbore fièrement dans le préambule de la Constitution, mais il lui faut définir ses priorités. Financer les partis, c’est songer à remettre en cause le refus de renforcer la démocratie et la gouvernance. Une politique inclusive suppose la mise en place volontaire de mesures règlementaires ou légales conçues dans le but de rendre possibles le vivre ensemble et la modernité au sein des partis. La population a la preuve que l’État haïtien ne traite pas tous ses citoyens de manière égale. Un petit tour dans les prisons civiles où crèvent, en détention préventive prolongée, des milliers d’individus d’une même classe sociale pour s’en convaincre. Il existe une République idéale que plus d’un sacralise depuis leur tour d’ivoire, mais la grande masse des citoyens expérimente une version réelle et bien injuste qui contraste avec les valeurs universelles de la démocratie et du droit dont la manne pour les partis politiques est l’expression pure et simple.L’arrivée de la Caravane avec son bras mécanique peut signifier la fin du cauchemar pour les municipalités qui croulent sous le poids des détritus. Encore faudrait-il qu’elle fasse émerger de véritables politiques de salubrité. Les opérations type « lave figi potoprens »ne sont que cautère sur jambe de bois.À un moment où les déclarations humiliantes du président américain entraînent pour notre pays une vague de sympathie internationale, la présence en Haïti de célébrités et de journalistes désireux enfin de montrer les beautés jusque là occultées de notre île sont une opportunité à ne pas gâcher en vue d’améliorer le paysage urbain d’un pays certes pauvre, mais digne.L’adjectif « sectoriel » peut tout compliquer en transformant les États généraux sectoriels en champ de bataille d’experts et d’opérateurs avisés. En principe, ces types d’évènements, déjà rares dans la vie des peuples, n’ont de légitimité que quand ils sont portés par des citoyens de diverses origines sociales qui prennent le temps de parler pays sans prendre en compte leurs intérêts de groupe et leurs petits privilèges.Nos délégués sauront-ils proposer de nouvelles idées pour aiguillonner et placer le train de l’État sur de nouveaux rails ?Tout reste possible : espérance, indulgence et désillusion.
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