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Éditorial

Trump médiateur ? Poutine stratège? L'Ukraine otage

Trump médiateur ? Poutine stratège? L'Ukraine otage

La rencontre Trump-Poutine en Alaska a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Un sommet entre deux grandes puissances qui a tétanisé la planète et mobilisé les chancelleries occidentales. Le plus troublant fut le caractère énigmatique de cette rencontre. On savait qu’il n’y aurait pas d’accord sur l’Ukraine, compte tenu du timing des opérations militaires sur le terrain. Les Russes voulaient marquer des points dans les oblasts de Zaporijjia, de Kherson et de Donetsk afin d’en assurer le contrôle définitif.

Une offensive généralisée dans le grand Sud ukrainien devrait ainsi sceller un avantage russe en cas de négociation. Une responsabilité difficile à assumer pour le président américain, dans le cadre de cette grande première entre les deux États les plus puissants de la planète. D’autant que l’Europe, un peu laissée pour compte, veillait au grain et se tenait prête à crier au scandale.

Le sommet revêtait une importance capitale pour le chef d’État russe, qui cherche à retrouver son prestige de dirigeant d’une puissance planétaire. Jusqu’ici, les Occidentaux et l’administration Biden ont voulu le cantonner au rôle de paria international et de criminel de guerre. Il existe même un mandat international émis contre lui, qui supposerait — en théorie — que le chef d’une puissance nucléaire puisse être arrêté dans un pays tiers décidant d’exécuter ce mandat. Bien que largement symbolique, tout est fait pour éviter un tel « tsunami diplomatique ». La rencontre d’Alaska constitue à cet égard un cas d’école : un sommet tenu sur une base américaine, dans un territoire jadis acheté aux Russes.

Pour Donald Trump, la rencontre confirme l’image qu’il veut se donner : celle d’un grand médiateur international déterminé à mettre fin à un conflit qui coûte des milliers de vies chaque semaine. La question ukrainienne n’a été qu’effleurée, afin de préserver la bonne entente entre les deux hommes. Mais le sommet d’Anchorage a permis une certaine décrispation dans des relations jusque-là particulièrement tendues entre les deux grandes puissances. Les Européens, comme le président ukrainien Volodymyr Zelensky, vont rapidement chercher à en savoir plus. Pour l’heure, toutefois, il n’y a toujours de place que pour la guerre.

À Anchorage, chacun a joué sa partition : Poutine le stratège patient, Trump le médiateur autoproclamé. Mais au fond, une vérité demeure : tant que les bombes tombent sur Kharkiv et Odessa, ce théâtre diplomatique ne sera qu’une diversion de plus.

 

Roody Edmé

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Henri D. Baptiste

L'Europe ne fait pas le poids. À la traine.

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