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Éditorial

À six mois d’une autre transition ?

À six mois d’une autre transition ?

Ces deux dernières semaines ont montré la gravité du problème mental qui nourrit notre absence de gouvernance et notre stagnation pour ne pas dire notre régression dans tous les domaines.

À chaque passation de pouvoir, cette fois, il ne s’agit pourtant que d’un poste de coordonnateur au sein du Conseil Présidentiel de Transition, coordonnateur qui ne peut prendre aucune décision personnelle, car tout est soumis au ratio d’un vote qualifié de cinq membres sur sept, le pays vit des heures d’angoisse. À la veille de la prise de fonction de Laurent Saint-Cyr les mêmes discours idiots que l’on connait se sont mis à circuler. C’est vrai qu’il y a des malades mentaux chez nous et ailleurs qui pensent que la teinte épidermique peut être synonyme de supériorité ou de passe-droit, mais c’est vrai aussi que la bêtise, la méchanceté ont été l’apanage de tous ceux sans distinction de couleur qui ont occupé l’espace politique chez nous.

Le problème c’est que, quelle que soit la classe sociale d’origine d’un politicien de chez nous, son niveau d’étude, sa confession religieuse, il a les mêmes pensées, les mêmes comportements, les mêmes réactions. Il a le pouvoir et la jouissance des privilèges comme objectifs. On raconte la fanfaronnade d’un haut dignitaire de l’État devant sa maîtresse : « Kounye a m milyonè ! » Et quand l’horizon d’un politicien se borne à la défense de son pouvoir et de ses privilèges, il est prêt à toutes les compromissions, à toutes les associations mêmes mafieuses pour garde sa position.

On voit ainsi des citoyens dans la précarité, ignorants et sans conscience, recrutés pour venir faire le pitre devant l’aéroport, la Primature ou la Villa d’Accueil, pancartes en main. Celui qui doit laisser la place à l’autre déploie toujours des stratégies parfois pitoyables pour avoir une chance de rester sur son fauteuil. On rate totalement sa mission. On ne peut prouver aucun résultat. L’échec est patent, mais il semble que cela ne compte pas.

La moindre entreprise ne peut se permettre de garder un gestionnaire incompétent. Il faut d’urgence l’éjecter. La démocratie, elle, a cela de particulier : un incompétent peut exiger le respect de son mandat même s’il travaille à faire sombrer l’entreprise, à faire sombrer l’État, la société.

Avec un nouveau coordonnateur, le CPT pourrait-il mieux ? Les neuf cerveaux, on ne sait si on les a mis en parallèle ou en série, semblent régler pour fonctionner dans le vide, au plus pour leurs intérêts personnels. Laurent Saint-Cyr, même s’il le voulait, ce qui n’est pas trop sûr, ne pourra pas renverser la donne.

Dans six mois, ce sera la fin du mandat du CPT avec un bilan catastrophique à moins d’un sursaut miraculeux. À bientôt certainement pour une autre transition qui fera le bonheur d’une autre clique de ripailleurs.

Gary Victor

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