Repartir sur de nouvelles bases
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De quoi discutent nos politiciens, nos dirigeants quand ils se rencontrent ?
Les réunions, les conseils, il y en a tout le temps.
On sait que les grandes manœuvres politiciennes chez nous sont axées autour du positionnement. Pour défendre une place jugée forte et juteuse. Pour s’en emparer aussi.
Le «ôte-toi que je m’y mette», le «sétoupamisme», sont leurs marques de fabrique.
Détruire l’autre à défaut de l’assassiner devient un jeu courant, surtout avec l’aide des réseaux sociaux. On a aussi le talent d’utiliser certaines institutions à des fins nauséabondes, ce qui fragilise ces institutions qui auraient dû être d’une grande importance pour la nation.
Nos politiciens, nos dirigeants se réunissent-ils en conseil pour discuter du coût de la vie ? Du sort des dizaines de milliers déplacés ? Des routes contrôlées par les gangs qui font que le déplacement de la population d’une ville à une autre devient couteux et difficile ? Des problèmes de santé ? D’éducation ?
Nos politiciens se sont-ils réunis une fois pour discuter de notre retard vertigineux par rapport à la République dominicaine dans tous les domaines ?
On en doute. Faire de la politique chez nous ne consiste pas prioritairement à gérer les affaires de la nation. Les citoyens découvrent, hallucinés, l’ampleur des turpitudes de nos politiciens. Leurs compromissions avec la délinquance. Leur veulerie devant l’élite économique traditionnelle bourgeoise. Leur génuflexion permanente devant l’étranger. Maintenant on les a rabaissés à prendre des ordres de la Caricom, une institution régionale fantoche qui n’a jamais rien réglé pour la région même pour faciliter le commerce et les déplacements entre nos îles.
On ne parviendra pas à détourner l’attention des citoyens avec référendum et nouvelle constitution. Les mêmes délinquants en politique ne respecteront aucune constitution. Ici, on se sert d’un texte de loi uniquement dans son intérêt. La solution passe par la justice purement et simplement. Que ceux qui ont contribué à détruire Port-au-Prince, une partie de l’Artibonite et du Plateau central soient traduits devant des tribunaux spéciaux. Qu’on assigne l’État et qu’on dédommage ces centaines de milliers de citoyens qui ont tout perdu par la faute de dirigeants délinquants et incompétents.
Les prochains dirigeants qui viendront sauront qu’ils auront des comptes à rendre. Leta pa jaden manman ak papa yo.
C’est à cette seule condition qu’on pourra repartir sur de nouvelles bases.
Gary Victor
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