La honte n’est jamais au rendez-vous
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C’est le pire sentiment que peut ressentir un être humain. Un animal connait-il la honte ? Un chien, la queue entre les jambes, peut s’écarter d’un espace qu’il juge dangereux ou fuir tout simplement. On peut se poser la même question pour un politicien au pouvoir chez nous. Connait-il la honte ? Quand on a pour mission de rétablir la sécurité et d’organiser des élections et que votre mission se révèle un immense échec, que peut-on ressentir ? Quand des chefs de gangs gagnent des territoires dans l’Artibonite et dans le Centre et vont prendre un bain ensemble à Saut d’Eau visiblement pour narguer les dirigeants, ces derniers éprouvent-ils la moindre honte ?
Pourtant, on traverse ce qui reste de la capitale et les quartiers encore libres dans des cortèges impressionnants. Un commentateur très suivi faisait remarquer que le cortège du Premier ministre rivalisait avec ceux les plus impressionnants qu’il avait vus comme ceux de Prosper Avril, de Jean Bertrand Aristide et de Ariel Henry, ce dernier tout juste avant sa mise à pied par ses maîtres étrangers. On paie des citoyens dans la précarité pour qu’ils puissent aller accueillir un PM à l’aéroport. Les mêmes pratiques nauséabondes qui continuent, sauf que, maintenant, le pays est à la limite de ses capacités à supporter les bêtises de ses prétendus dirigeants.
Pourtant, on ne semble pas prêt de sortir de l’auberge. Les seuls points positifs, ce sont les efforts déployés par une partie encore saine de la Police nationale appuyée par de jeunes citoyens, on les appelle maintenant des brigadiers, pour contenir l’avancée des gangs. Mais l’immense majorité des citoyens, même s’ils dénoncent haut et fort l’incurie des responsables, est toujours dans des attitudes mentales déplorables. Méfiance généralisée, haine mal dirigée et entretenue par ceux-là mêmes qui, derrière les rideaux, tirent les ficelles du chaos. Manipulation sur les réseaux sociaux, manipulation nourrie par des journalistes prêts à manger dans n’importe quelle main porteuse de dollars verts.
À la haine destructrice des gangs et de tous ceux qui ont été traumatisés par ce système inique, il faut substituer une honte, une indignation générale explosive, porteuses de vrais changements pour renverser la table de ces gouvernances assassines.
Gary Victor
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