Les grandes fissures de la mondialisation!
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L’année 2025 aura été marquée par des bouleversements profonds à l’échelle mondiale. Nous sommes désormais bien loin de « la fin de l’histoire », envisagée par l’universitaire américain Francis Fukuyama, qui prédisait l’avènement d’un monde unipolaire dominé par le libre-échange et la circulation sans entrave des marchandises à travers un vaste bazar mondialisé.
Depuis plusieurs années, on observe un mouvement de repli et de remise en question de l’ordre établi. L’hégémonie des États-Unis est de plus en plus contestée, notamment par l’émergence de blocs dits « alternatifs », à l’image des BRICS. Ce groupe ambitionne de développer ses propres circuits d’échange, de se doter de ses propres institutions financières, et d’entretenir des relations fondées sur la parité avec les pays du Sud global.
C’est, en tout cas, le discours tenu lors des sommets des BRICS, désormais élargis : initialement composé de cinq pays (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), le groupe compte aujourd’hui cinq nouveaux membres (Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis et Indonésie). À cela s’ajoutent des pays partenaires tels que la Biélorussie, la Bolivie, le Kazakhstan, Cuba, la Malaisie, le Nigeria, la Thaïlande, l’Ouganda et l’Ouzbékistan, qui participent à certaines réunions et activités du groupe.
Alors que la mondialisation prétendait abolir les frontières au profit d’un monde globalisé, celles-ci n’ont jamais été aussi contestées. L’invasion de l’Ukraine illustre une volonté de rétablir des frontières anciennes, héritées de l’époque soviétique. De son côté, la Chine affirme de plus en plus ses ambitions territoriales sur Taïwan, menaçant de faire basculer l’équilibre déjà fragile en mer de Chine méridionale.
La « nouvelle économie politique » prônée par Donald Trump, fondée sur le retour des tarifs douaniers et le protectionnisme assumé, vient également remettre en cause les principes du libre-échange, longtemps considérés comme intangibles.
Nous assistons ainsi à un profond changement de paradigme dans le commerce mondial. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’incertitude géopolitique et les nouvelles contraintes économiques remettent en question le crédo d’un libre-échangisme pur et sans entrave.
En somme, le monde de 2025 est marqué par une fragmentation croissante, où les logiques de puissance, de souveraineté et de blocs régionaux prennent le pas sur l’idéal d’un ordre économique globalisé. La mondialisation, loin de disparaître, se redéfinit dans un contexte plus conflictuel et multipolaire, où le Sud global tend à émerger comme un contrepoids à la domination occidentale.
Roody Edmé
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