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Éditorial

Le grand échec

Le grand échec

En Haïti, les années se suivent et se ressemblent. Idem pour les dirigeants, qui se présentent souvent comme démocrates mais en réalité sont très loin des idéaux de la démocratie. Le spectacle du Conseil présidentiel de transition est symptomatique du mal être haïtien. L'éthique et la morale deviennent de vains mots pour nos gouvernants.

Le passif peu glorieux de plusieurs générations d’Haïtiens c’est d’avoir cautionné le grand échec ou pire, d’y avoir contribué. Elles ont toutes porté l’espoir de construire de lendemains meilleurs pour Haïti. Mais, elles ne sont pas arrivées à créer les conditions pour imposer une société basée sur la justice.

Par naïveté, ces générations croyaient que le fait d’exprimer, à grand renfort de vacarme et de débats, son souhait d’une nouvelle Haïti (le pays qu’on veut) suffisait à mettre en place et à faire fonctionner un État de droit. En réalité, ces générations n’ont fait que porter et maintenir au pouvoir des personnalités qui n’avaient d’ambitions réelles que pour leur clan. Leur petit clan, déconnecté de la collectivité. Les luttes intenses et nombreuses n’ont servi que de marchepieds à nos leaders.

Aujourd’hui, le réalisme et le minimum du bon sens nous obligent à anticiper le pire. Notre histoire aussi. L’addition des confusions et des désastres fait craindre des bouleversements sociaux desquels nous pourrons ne pas nous en sortir.

Le cortège de belles promesses de l’autodétermination haïtienne est passé et nous a laissés au bord de la route, mains tendues pour notifier notre indigence. Nous commençons sérieusement à douter de notre capacité de construire un pays juste et paisible. Le processus qui doit nous mettre sur la route d’un État de droit, fondé sur la démocratie et le respect des droits de l’autre, se révèle particulièrement laborieux et complexe.

Aujourd’hui, ils sont nombreux les Haïtiens à croire que les dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays ont construit un système à la dimension de leurs vices.

Personne, apparemment, n’a pu empêcher que bon nombre d’Haïtiens admirent les fraudeurs et les dressent en exemple. Opportunisme oblige, il faut être « vivant », soit sans vergogne, pour réussir en Haïti. Les plus hautes marches du pouvoir ne sont accessibles qu’aux insolents et aux mafieux. Pareil pour faire de bonnes affaires.

La Rédaction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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