L’état de la Nation
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Qui se soucie actuellement de l’état de la Nation.
Comment les Haïtiens vivent ?
Si on dit qu’ils vivent très mal, il faudrait savoir de quels Haïtiens nous parlons.
Car, le problème de cette nation c’est qu’on ne s’est jamais reconnu vraiment comme un seul peuple vivant sur un territoire.
La question des classes sociales se pose partout. Mais aussi, partout, la gouvernance a évolué pour faire en sorte qu’un minimum soit consenti à tous les citoyens.
Chez nous, des dizaines de milliers pour ne pas dire des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants n’existent pas tout simplement. Ils n’ont jamais existé. On n’aime pas parler chez nous d’apartheid, mais pourtant, notre gouvernance a toujours suivi un schéma s’y approchant. Alors que l’apartheid sud-africain ne réservait qu’une place aux Blancs aux grandes fonctions, notre système a eu l’intelligence d’y faire entrer avec une régularité stupéfiante des hommes et des femmes venant des territoires ségrégés qui oublient rapidement leur origine.
Là où la gouvernance haïtienne a échoué, c’est qu’elle n’a jamais compris le danger que représentait pour l’élite la croissance sauvage des miséreux dans les ghettos, atteignant parfois les murailles de leur villa. Au lieu de travailler à diminuer la pression de la misère dans les masses, les dirigeants ont préféré corrompre, armer des groupes au sein des ghettos. Maintenant que le ver est dans le fruit, la solution devient d’autant plus difficile que les schémas de pensée de ceux qui sont censés nous diriger ne leur permettent pas de penser les moyens capables de résoudre la crise sécuritaire. Quand l’incompétence et l’ignorance de personnes à d’importants postes de commande viennent compliquer l’équation, cela donne un mélange destructeur pour ce qui reste du pays.
L’autre drame c’est notre domestication par l’étranger. Et l’étranger de l’occident ! Avec son mépris, son hypocrisie, son racisme, son désir constant de créer le chaos dans tous les pays hors de leurs frontières, seuls moyens selon eux de maintenir leur ténébreuse hégémonie.
Comme nous l’avons souvent écrit, l’Afrique tente de se réveiller. L’Amérique latine et les Caraïbes, la République dominicaine plus près de nous, essaient de s’inscrire dans le Nouveau Monde qui est en train de se définir. Nou, nou toujou ap jete wonm devan yon kwa bawon ap fé makak ! Nous restons empêtrés dans notre kokoratisme politique.
Il est temps que nous renversons la table !
Gary Victor
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