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Éditorial

L'épineuse question constitutionnelle

L'épineuse question constitutionnelle

Rendu public mercredi dernier, l’avant-projet de constitution suscite déjà de vives réactions au sein de la société. Ce sujet, d'une importance capitale, capte l'attention, car il s'agit de la création d'une nouvelle république. On peut même parler d'un contrat social à réexaminer.

Il n'est donc pas étonnant que chacun y aille de son lyrisme ou de ses arguties juridiques. Dans un pays où, pourtant, les lois ne sont jamais véritablement respectées, chacun exprime ses passions ou ses subtilités juridiques. Nos scribes invoquent les lois lorsqu'elles servent leurs intérêts, mais les oublient dès qu'elles leur deviennent défavorables.

Cela dit, tout en soumettant ce texte qui comporte certains points dignes d’intérêt, comme celui qui met fin au marchandage entre l'exécutif et le parlement pour le choix du Premier ministre, il est clair qu'il reste encore beaucoup à faire pour conférer au processus une véritable légitimité. Ce qui a du sens, en revanche, c’est la réduction du nombre de députés en fonction de la taille des départements représentés, ainsi que la diminution du nombre de ministres — des mesures qui allègeraient significativement le budget de l’État.

Cependant, certains regrettent déjà que les Haïtiens de la diaspora n'aient pas vu leurs attentes comblées, alors qu'ils soutiennent la république. Comme prévu, les opposants au texte n’ont pas tardé à monter au créneau, affirmant que ni le CPT ni le comité de pilotage ne disposent du mandat nécessaire pour modifier la Constitution. Selon eux, ce projet révèle une tendance inquiétante à contourner les lois ou à vouloir les changer dès qu’elles deviennent contraignantes. À moins qu’il ne s’agisse, concluent-ils, d’une simple méconnaissance du texte de 1987.

En tout cas, ce texte devra continuer à faire l'objet de débats constructifs, essentiels pour l'avenir de notre nation. On espère toutefois que la crise de confiance envers nos gouvernants n'entravera pas ces discussions. Il est certain que de nouvelles propositions intéressantes émergeront, apportant les ajustements nécessaires à certaines dispositions. Le problème ne réside probablement pas dans le message lui-même, mais dans celui qui le porte.

Pour l'instant, les Haïtiens ne cherchent pas une "chimère" constitutionnelle, mais avant tout la sécurité qui leur permettrait de débattre sereinement, dans un climat de confiance. Ce que souhaite avant tout le citoyen lambda, c’est l'accès à la sécurité et la possibilité de nourrir ses enfants. Tout le reste lui semble secondaire.

Espérons que les rédacteurs de la future Constitution sauront s’unir pour élaborer une loi fondamentale digne de ce nom — et surtout, qu'elle soit respectée, tant par les gouvernants que par les gouvernés. Car sans un respect strict des principes démocratiques, la stabilité et tout ce qui en découle resteront un mirage.

Roody Edmé

 

 

 

 

 

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