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Éditorial

La porte étroite !

La porte étroite !

Le discours du nouveau président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, prononcé le 3 avril dernier, n'a pas apaisé les inquiétudes de l'opinion publique. Son «je vous ai compris» adressé au peuple en quête de réponses peine encore à convaincre. D'autant plus que le budget de guerre annoncé n'a pas encore été examiné en Conseil des ministres.

Chaque minute de retard dans cette «guerre» assumée par le chef du pouvoir exécutif est de trop. La preuve, le soir même de son discours, les habitants du quartier de Clercine ont été plongés sous des bombardements intenses. La cible privilégiée des «barons» de la Plaine semble être la destruction de cette rare et résiliente base des forces légales. À ce jour, les forces de sécurité nationale demeurent dans une posture défensive dans bien des cas. Elles ne semblent pas encore prêtes à passer à l'offensive, ni à reconquérir ou à maintenir un territoire conquis.

La stratégie des groupes armés consiste à vider les quartiers de leurs habitants, puis à les transformer en «no man's land» ou en «var». En revanche, celle de l'État haïtien demeure opaque et semble se limiter à des gestes symboliques, suivis d'un retrait sans actions concrètes. Cette dynamique laisse perplexe et fragilise la confiance des citoyens et des acteurs internationaux.

De reculades en reculades, la situation devient de plus en plus intenable, menaçant de se transformer en une colère populaire dévastatrice, mais qui ne profite à personne. Car, au bout du compte, il ne reste plus rien à détruire.

Ce gouvernement doit impérativement renforcer sa coordination et cesser de donner l'impression qu'il peut se suffire à lui-même. Il est vital d'agir chaque jour pour combler son retard en matière de crédibilité avant qu'il ne soit trop tard pour tous. Dans la nouvelle géopolitique mondiale en cours de construction, il n'y a pas de place pour les faibles. Les Haïtiens, ici comme ailleurs, doivent incarner leur patriotisme et transformer leur « résilience » en actions concrètes, en un moteur de transformation de leur destin. C'est une question de survie collective et de construction d'un avenir plus digne.

 

Roody Edmé

1 commentaire

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Henri D. Baptiste

N'en deplaise à Pierre Esperance, Sur X (Twitter), Mme Rose Auguste Ducéna ne manquait pas de nous renseigner sur le "budget de guerre." Men sa Mme Ducéna fè nou konnen, "Madanm/mari konseye prezidan yo resevwa 500,000 goud chak mwa, ki sòti nan kès Leta, san yo pap travay, men tou senpman paske yo madanm/ mari yo nan CPT a! Plis pase 8 milyon goud chak mwa nan men chak konseye prezidan: lajan fè mikalaw nan men mesye dam CPT yo! Se dwo sa k rele bidjè de gè a!!! Nan yon sosyete ki pa sispann Nan Lib (1986-2025), Ti Fritz Jean t ap radote/ranse tankou lè Jean Bertrand Aristide te nan St Bosco, "Kapitalis se peche mòtèl." Nou konn rès istwa yo. Dans ces conditions, dans un premier temps, la Libération du pays doit nécessairement passer par "une colère populaire dévastatrice." Les Ti Fritz Jean, Ti Voltaire et consorts ont fait leur temps.

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