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Éditorial

Il est urgent que les autorités passent des paroles aux actes

Il est urgent que les autorités passent des paroles aux actes

Il existe officiellement un décret sur l'état d'urgence, renouvelé au gré des circonstances. Cependant, ce texte et son application sont bien loin de répondre aux impératifs actuels. Les groupes armés qui attaquent les vies et les biens surpassent de loin les capacités stratégiques de l'État, qui se contente de réagir aux offensives coordonnées des gangs. Ces derniers semblent disposer de ressources matérielles abondantes ainsi que d'un nombre conséquent de « combattants », quel que soit le bilan des victimes dans leurs rangs.

La vérité est qu'ils disposent de groupes de jeunes ou d'enfants soldats, recrutés dans les communautés occupées. De la chair à canon qui se dirige vers la mort, soit sous l'effet de drogues, soit en échange de promesses de pillages.

Il faut dire que la communauté internationale et le gouvernement haïtien n'ont pas réussi jusqu'ici à contrôler ou à assécher les multiples sources d'approvisionnement en munitions de ces forces du chaos. Notre pays est aujourd'hui au centre d'un trafic international particulièrement lucratif. La « Haitian connexion » représente un véritable défi pour la sous-région caraïbe, menacée par les PME du crime transnational. Une alerte à laquelle nos voisins dominicains commencent à être sensibilisés, depuis que la menace plane désormais sur leur industrie touristique.

À un moment où l'on observe la déroute de nos institutions, sous le feu ininterrompu d'une terreur complètement décomplexée, l'opinion publique se questionne sur la cohésion du gouvernement central face à la menace. Pour certaines personnalités qui se sont confiées à notre rédaction, les réactions gouvernementales sont d'une lenteur insoutenable. Une mobilisation générale devrait être décrétée et les moyens rapidement mobilisés.

Depuis deux mois, on annonce un «budget de guerre», mais quand sera-t-il enfin effectif ? Et que dire des commandes d’équipements essentiels ? Pourquoi prennent-elles autant de temps à arriver ? On nous parle de nouveaux équipements disponibles, alors que des sources policières affirment ne pas les avoir à leur disposition. Dans le passé, lors de certaines campagnes militaires sous les empereurs Dessalines et plus tard Soulouque, ces divisions au sein de nos commandements nous ont valu les pires défaites.

En tout cas, l'appareil politico-administratif en place doit se mettre en mode de véritable urgence. Un budget de guerre va de pair avec une économie de guerre : un meilleur contrôle des dépenses publiques, une réduction du train de vie de l'État.

Il y a aussi la bataille de la communication. Aucun communiqué officiel ne fixe pour les citoyens la réalité des différents fronts, à l'exception des quelques informations sur le site de la PNH. Je vous parle d'une population obligée de s'informer abusivement sur les réseaux sociaux, où il n'existe pas que des sources... fiables.

Quoiqu'il en soit, on s’attend à de nouvelles dispositions, qui devront une fois de plus tester la véritable capacité de ceux qui aspirent à atteindre les plus hauts sommets du pouvoir. Au-delà des discours et des promesses, d’ailleurs de plus en plus rares, la question cruciale reste en suspens : ceux qui briguent ces positions de pouvoir ont-ils réellement conscience de l'ampleur des responsabilités qui en découlent ? L’histoire jugera leur engagement et leur capacité à transformer leurs paroles en actions concrètes. L’heure de vérité approche. La responsabilité ne tolère aucune faiblesse.

Roody Edmé

1 commentaire

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Henri D. Baptiste

Le patriote Ibrahim Traoré n'annonce pas de Budget de Guerre. De concert avec les forces publiques et la population, il Agit! Les Ti Fritz, Ti Alix et consorts ont fait leur temps. Ou pa gen anyen ou ka fè ak karyeris/patekwè sa yo. Le Pape François est malade, il ne peut pas prier pour la délivrance d'Haiti comme l'avait demandé Ti Leslie Voltaire. Il parait, "l’heure de vérité approche," Ti Lapli et ses hommes veulent occuper les territoires des gangs akravat. Attendons et voir.

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