La totale gangstérisation
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L’arrestation par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) d’un ancien député prouve une fois de plus le degré de gangstérisation de notre société.
Un processus qui a commencé depuis quelques années avec la dégradation d’une gouvernance qui n’était de toute manière qu’un semblant de gouvernance. Mais au moins, on faisait un tant soit peu semblant de gouverner. On ne s’affichait pas ouvertement comme un filou, comme un prédateur.
L’un des lieux de dégradation extrême de la gouvernance a été sans conteste le Parlement après la 46e législature quand Préval et consorts avaient fait en sorte qu’une faune interlope arrive au Parlement. Des députés, des sénateurs, qui n’avaient qu’un seul objectif en tête. S’enrichir en monnayant leur vote. Il s’agissait de jouir de tous les privilèges possibles et surtout d’une prétendue immunité qui permettait de s’adonner au trafic de drogue et à toute sorte de contrebande même celle des armes.
La société est au courant depuis des années que beaucoup de bandes armées ont été constituées par des parlementaires. En province comme dans les circonscriptions de Port-au-Prince. Tout le monde s’est tu. La presse, souvent aux mains d’affairistes qui profitaient de cette gangstérisation tous azimuts, ne se préoccupant nullement du chaos qui se profilait à l’horizon, a contribué à mettre au-devant de la scène des scélérats qui auraient dû être poursuivis par la justice s’il y en avait une dans ce pays. Mais dans ce processus de gangstérisation, toutes les institutions se retrouvent sur des béquilles, incapables d’assurer les missions qui leur sont dévolues.
La gangstérisation atteint son apogée quand un chef d’un dit parti politique soupçonné déjà de diriger la délinquance qu’on connait suggère, comme si de rien n’était, que des bandits qui n’ont fait que voler, incendier, violer, tuer, viennent s’asseoir à la table des négociations politiques, crachant ainsi sur les milliers de victimes de cette violence qui n’en finit pas. C’est comme si on veut plonger le pays encore plus dans le chaos alors que les solutions existent bel et bien pour faire reculer les bandits et les mettre à la raison. Mais les délinquants sont si nombreux, surtout dans les sphères politiques et économiques, qu’on peine à contrer les actions des assassins. Sans compter que notre chaos semble arranger l’étranger. Déjà qu’en Afrique de nombreux pays disent non à la délinquance installée depuis des lustres par les puissances occidentales, il serait bien que ladite première république noire vienne montrer de quoi les nègres sont capables quand ils se gouvernent.
C’est au peuple souffrant de dire son mot dans cette comédie qui se joue dans son dos. Une comédie qui signifie pour lui sa mise à mort et pour les autres, ses bourreaux, les éternels profiteurs, la grande ripaille.
Gary Victor
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