Quo vadis, Haïti?
Écouter l'article
L'Accord du 3 avril 2024 a du plomb dans l’aile. Le différend entre Gary Conille et le Conseil présidentiel de transition (CPT) vient de connaître un dénouement spectaculaire. Tel un simple directeur exécutif, le Premier ministre Conille s'est vu évincer par son « conseil d'administration ».
Chez nous, les conflits ne se résolvent jamais par une thérapie de groupe. Le président du CPT, Lesly Voltaire, avait prévenu que des têtes allaient tomber. Et bien, nous y sommes. On les ramasse à la pelle : un chef de gouvernement et son cabinet destitués en un seul week-end. Un nouveau Premier ministre, frais émoulu, est désormais à la tête de la primature.
Tout ce que nous, citoyens, pouvons souhaiter pour notre pays, c'est que la prochaine gestion dépasse les six mois. Nous espérons que le nouvel attelage tiendra jusqu'aux prochaines élections. Ce qui n'est pas peu dire, surtout quand on sait que le CPT lui-même est traversé par des vents contraires. Nous sommes encore dans l'œil d'un épouvantable cyclone politique.
Ce nouveau gouvernement disposera-t-il de plus de moyens que le précédent ? N'aurons-nous pas les mêmes problèmes de sous-équipement et de manque de personnel qualifié dans la police et l'armée ? En tout cas, pour que cette révolution de palais ne soit pas une victoire à la Pyrrhus, nous attendons de ceux qui ont mis en place ce nouveau gouvernement qu'ils agissent avec sérénité et dans l'intérêt du bien commun. C’est uniquement ainsi que nous pourrons espérer un peu de stabilité. Car sans stabilité, rien ne marchera : elle est le pilier de toute économie prospère. Sans elle, aucun secteur ne peut croître durablement, car les incertitudes freinent la confiance, les investissements et la production.
Nous, au National, continuons de les répéter, espérant que ces propos de bonne foi, rassembleurs et porteurs de raison finiront par trouver des oreilles bienveillantes. Car, pendant ce temps, des groupes armés, sans scrupule, s'abreuvent de l'instabilité pour imposer leur sinistre partition du « vivre ensemble ». Quelle tragique ironie.
Roody Edmé
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.