Victoire de Donald Trump: l'effet de bascule
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L'Amérique a choisi son président, accordant la victoire à un homme blanc conservateur face à une candidate, femme et métisse. Cette fois, l'effet Obama n'a pas opéré. La joie et la fraîcheur que la candidate démocrate incarnait n'ont pas su « dérider » une majorité d'Américains. Bien que les femmes et les jeunes aient majoritairement voté pour Kamala Harris, l'électorat masculin a, pour sa part, préféré un candidat qui avait déjà battu une autre femme, Hillary Clinton.
Le président Trump compte des partisans inconditionnels. Il n’a pas eu besoin de trop de rationalité ni de triompher sur le plan des idées. On l’aime ou on ne l’aime pas : une sorte de « love it or leave it ». Cependant, cette nouvelle orientation plonge des pays comme l'Ukraine et Haïti dans la plus grande incertitude. Le président élu de la plus grande puissance mondiale avait déjà averti l’Europe de la nécessité d’augmenter ses dépenses pour sa propre défense, jugeant excessifs les financements accordés à l’Ukraine. Il estime depuis longtemps que l’Amérique s’engage trop dans le soutien à l’Ukraine face à la Russie de Poutine, un dirigeant pour lequel il ne cache pas son admiration.
En ce qui concerne notre pays, rien n’est moins sûr. Le nouveau locataire de la Maison Blanche sera avant tout préoccupé par la question de l’immigration, et les Haïtiens ont été désignés tout au long de la campagne électorale comme le bouc émissaire idéal d’une version américaine du « Grand Remplacement ». N’est-ce pas à ce président que l’on doit l’emploi du terme péjoratif de « shit hole » et la préférence avouée pour des immigrants norvégiens plutôt que pour des personnes venues d’Afrique, d’Amérique centrale, voire d’Haïti ? Compte-t-il vraiment faire d’Haïti une de ses priorités stratégiques, ou se limitera-t-il à concrétiser son projet de renvoi massif de Haïtiens vers un pays déjà en pleine crise ?
Les États-Unis restent certes un État de droit, mais le président Trump a fait campagne en mettant en avant ce dossier sensible, et il dispose, comme il l’a affirmé lui-même, d’un mandat puissant pour agir. Ses excès discursifs n’ont nullement effrayé l’électorat, bien au contraire !
Pour Haïti, la situation est d’autant plus délicate que ces résultats nous trouvent en position de faiblesse, au cœur d’un conflit interne où le sommet du pouvoir se désagrège quotidiennement sur les réseaux sociaux.
Le leadership haïtien, qu’il soit au sein du gouvernement ou de la société civile, doit prendre conscience des enjeux à venir, déjà signalés par le ton de nos voisins de l’Est.
Roody Edmé
1 commentaire
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Henri D. Baptiste
Le président Donald Trump avait affirmé lors de son premier mandat, "l'avenir appartient aux Patriotes..." Haiti a besoin de faire appel à M. Diogene pour l'aider à trouver quelques patriotes. Sans des patriotes, l'Etat-Nation ne sera jamis une réalité. En ce sens, ce n'est pas nécessaire de parler de "l’emploi du terme péjoratif de « shit hole »..." Depuis lors, les vauriens pullulent comme la plus belle. Les gangs asapat ont le dessus sur les gangs akravat et la population. Le train "Make America Great Again" partira le 20 janvier 2025. Mais, il faut souligner les paroles très profondes de la candidate Kamala Harris en acceptant sa défaite, "nous devons loyauté non pas à un président ou à un parti, mais à la Constitution des États Unis, et loyauté envers notre conscience et notre Dieu. Mon allégeance à tous les trois..." Ce qui fait penser à William Barr...et Jeff Sessions. Des Hommes... Ce qui fait défaut à mon pays.