Reprendre notre pays !
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Dans une note en date du 7 octobre 2024, une association de la société civile a lancé un autre cri d’alarme. La réappropriation de notre pays est devenue urgente, écrit le Collectif 2004. Cette note prend comme étapes importantes de la désagrégation de notre État : la destruction du cheptel porcin, richesse des paysans en1982, la naissance des chimères-bandits en1990, le coup de force militaire en 1991, l’embargo, la destruction de l’économie générale en 1991, le débarquement américain sur le sol en 1994, la démobilisation des FAD’H 1995, le dumping sur le marché local de riz importé des USA provoquant l’élimination de la filière locale de riz en 1995 et toute Gouvernances imposées de l’extérieur ayant coïncidé avec la prolifération de bandits et terroristes qui contrôlent. On devrait aussi ajouter la nullité et la vénalité du personnel politique qui rendent la gouvernance totalement inefficiente et incapable de s’attaquer aux problèmes qui se posent à notre nation.
L’heure est grave surtout qu’on se rend compte maintenant qu’on ne s’est jamais soucié nulle part de préparer comme cela se fait dans tous les pays, une élite capable de prendre en charge les destinées de la nation. Si nos dirigeants ne sont pas à la hauteur, il y a toute une armé de jeunes en costume cravate qui gueulent dans les médias, mangeant à tous les râteliers, girouettes patentées et n’attendant que leur tour de venir rouler en voiture officielle sirène et tous les privilèges.
Notre société est gangrenée par la précarité et la méfiance. Chaque Haïtien se méfie de l’autre, refusant de croire que l’un d’eux peut cultiver des projets nobles pour le pays. En diaspora rien ne change. Chacun y va de sa petite contribution égoïste, monte sa propre structure, refusant toute mise en commun des énergies et des connaissances pour donner plus de force et plus de légitimité à leurs activités.
A tous les niveaux de l’appareil étatique, éclate au grand jour l’inefficience de ces femmes et hommes, comédiens pour la plupart pour qui un poste de responsabilité n’est qu’une manière de jouir de privilèges et de se prémunir contre la précarité.
Maintenant que la nation est face à cette désintégration se manifestant par cette insécurité qui s’accroit, la fuite accélérée de nos citoyens, et les déportations massives décidées par la République dominicaine certainement pour accélérer cette désintégration, nous nous retrouvons sans le personnel nécessaire pour penser et prendre des décisions.
Le National a plaidé constamment pour rétablir l’autorité de l’État et se dégager de cette domestication par l’étranger. Tout ce qui nous a été imposé - imposé est-il le vrai mot, car nos dirigeants n’ont fait souvent qu’obéir prestement aux directives de leurs patrons- n’a été que pour nos malheurs. La dernière comédie a été celle des troupes kenyanes. Non que nous contestons la valeur de nos frères africains, mais sous les ordres d’une autorité nationale délinquante et vassale du Blanc, leur présence n’a aucun sens.
Il ne s’agit pas d’aller vers un autre chambardement politique comme dans une séquence madichon de chaise musicale. On ne peut remplacer des incapables par des incapables. Nous sommes face à nos dérives. La grande question est celle-ci. En reste-t-il des femmes et des hommes pour relever ce défi ? Ces femmes et ces hommes où sont-ils ? Et quelle forme devra prendre une structure politique alors qu’on nous livre une guerre sur tous les fronts ?
Gary Victor
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