L’ impossible empathie
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L’empathie du grec ancien «dans, à l’intérieur » et « souffrance, ce qui est éprouvé » » peut être comprise comme la reconnaissance et la compréhension de sentiments et des émotions d’un autre individu.
Si on peut penser que la politique dans un sens très large et très noble est la gestion des intérêts d’une communauté dans le bien de tous les individus de cette communauté, on comprend qu’un politicien dans son sens noble bien sûr doit faire preuve d’une certaine empathie. Même si les sentiments et les émotions des autres ne l’atteignent pas, le laissent totalement indifférent, il comprend souvent qu’il doit feindre un minimum d’empathie pour garder une audience suffisante capable de lui assurer son poste.
Chez nous où tout est « tèt anba » l’empathie n’est pas la qualité première de nos politiciens et aussi de tous ceux qui gravitent autour de la politique. On comprend comment un haut dirigeant politique a pu déclarer que la vie reprend dans le pays. Des économistes s’appuyant sur des chiffres – les chiffres n’ont pas d’âme et on peut leur faire dire n’importe quoi – peuvent aussi affirmer qu’il y aurait une reprise de l’économie. Ces politiciens comme ces économistes vivent dans leurs bulles avec salaires mirobolants et privilèges. Faudrait-il qu’ils aillent visiter les familles dans plusieurs départements du pays pour se rendre compte que leurs propos sont une offense aux bons sens, une gifle à des millions d’Haïtiens qui sont dans la précarité et dans l’insécurité la plus totale ? Ne savent-ils que la plupart des entreprises du Sud, du Sud-est, de la Grande-Anse, de Nippes, d’une partie du département de l’Ouest, de l’Artibonite sont fermées ou frisent la faillite ?
On comprend que l’opinion d’une personne peut être déterminée par ses intérêts immédiats. Mais si on franchit une frontière, on est dans le déni le plus total de la réalité et le mépris le plus complet de la nation. De toute manière, un pays comme le nôtre surtout, ne peut se permettre d’avoir à sa tête des individus sans aucune empathie pour la population et soucieux seulement de la jouissance de leurs privilèges. Il faut des dirigeants capables de comprendre la souffrance de nos familles, les efforts désespérés de nos honnêtes entrepreneurs à tous les niveaux de la chaîne économique.
La délinquance n’est pas seulement dans rues avec les gangs. Elle est aussi dans la politique. Dans nos beaux salons.
Non messieurs les marquis ! Tout ne commence pas par va très bien. Jusqu’à présent rien ne va et les citoyens en ont assez !
Gary VICTOR
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