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Éditorial

La sécurité ! Le minimum réclamé !

La sécurité ! Le minimum réclamé !

Ce qu’il reste du sentier passant par Furcy, Mòn Kay Jak, pour arriver à Seguin est le seul passage plus ou moins sécuritaire qui permet à un citoyen qui n’a pas le moyen de se payer l’avion pour rejoindre quatre départements du pays en évitant les zones infestées par les bandits.

Sur ce sentier cependant dans la région dite de Ti Muska, des inconnus ont attaqué trois jeunes policiers qui voyageaient, se sont emparés de leurs armes et ont disparu dans les mornes.

Du temps où ce pays avait un quadrillage sécuritaire, on aurait retrouvé bien vite les assaillants.

Aujourd’hui de vastes pans de notre territoire n’ont aucune présence étatique. On a combattu la dictature, mais on n’a jamais pensé à la question sécuritaire. La bamboche démocratique a plutôt ressemblé à la mise en place d’un espace où des délinquants déguisés en politiciens pouvaient avoir le loisir sans grand risque de se mettre plein les poches.

Ainsi on a combattu avec toute sorte d’arguments fallacieux le fonctionnement d’une vraie agence de renseignement au niveau national. Cependant certains ministères ont un budget pour le renseignement et même semble-t-il aujourd’hui le Conseil Présidentiel. Mais ces bureaux de renseignements éparpillés ne sont peut-être que des prétextes à des détournements de fonds. Le prochain gouvernement élu, s’il pense nation, devra mettre de l’ordre dans cette question.

Aucune police, aucune armée, ne peut être efficace si elle ne travaille pas avec des informations fiables fournies par un service renseignement. Un bon service de renseignement est la terreur des délinquants et des bandits. Sèvis siveye rapòte, glapissaient des journalistes surveillant toute dérive supposée vers la dictature ! Si ces journalistes n’avaient pas soupçonné que l’absence du renseignement faisait le jeu de la corruption et de la criminalité, ils se sont fait complices de tout un plan pour l’instauration du chaos dans le pays.

Ainsi les gangs ne se sont pas installés ainsi du jour au lendemain sur notre territoire. Eux et leurs patrons ont profité des complicités au sein de l’appareil de l’État, de l’inexistence d’un vrai service de renseignement et d’une Police nationale que les politiciens et leurs commanditaires étrangers ont tout fait pour qu’elle ne soit pas pleinement fonctionnelle. Un embargo sur les armes pour notre police et notre armée alors qu’on fournissait aux gangs un arsenal ! Cet embargo pouvait être contourné, mais pour cela il ne fallait pas que nous ayons des « yes sir » à la tête de l’État.

Maintenant, on attend que ce gouvernement mis en place par la communauté internationale délivre du concret. Et la seule chose de concret qu’il faut délivrer est la sécurité, la libre circulation sur nos axes routiers. C’est ce que réclament les citoyens. Tous les autres programmes qu’on vient leur débiter ne sont pour eux que de la frime et ils ont raison.

Le peuple haïtien n’est en guerre avec personne. Même pas avec nos prévaricateurs qui sont légion à tous les échelons de l’État. Le peuple haïtien ne réclame que la sécurité. C’est le minimum pour que le maximum ne tombe pas sur les têtes de qui de droit.

 

Gary Victor

 

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