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Éditorial

Les questions sans réponses

Les questions sans réponses

Elles sont nombreuses les questions sans réponses. Pourquoi la prise et la destruction de nos commissariats de police ? Ce qui est encore plus bizarre la menace brandie par les gangs avait-elle été prise à tort ou par incompétence comme de la fanfaronnade, car aucune mesure n’est prise pour protéger les commissariats et les sous commissariats de la PNH. Pas plus tard que lundi, alors que Gressier était en butte aux attaques des terroristes, on passait comme si de rien n’était devant des postes de police que ce soit à Léogane, à Grand Goave, à Petit Goave, à Jacmel. Dans n’importe quel autre pays, on aurait pris un minimum de mesure à l’approche des postes de police.

Et puis il y a une manière d’opérer pour le moins bizarre même si des spécialistes creux comme on trouve tant chez nous –résultat de notre système éducatif qui façonne ces types d’individus-vont venir nous expliquer une telle stratégie. On l’a vu à Carrefour-Feuilles. La Police nationale attaque une position tenue par des bandits. Les malfrats sous le feu sont obligés d’abandonner l’endroit, mais curieusement nos policiers rentrent chez eux, comme satisfaits du résultat obtenu. Bien sûr quelques heures après les bandits reviennent. Quand de tels faits se renouvellent, on est bien en droit de se poser des questions.

Pendant que le Conseil, il n’y a pas d’urgence, prend son temps, on se réunit, on discute, on papote sur le choix d’un Premier ministre - on va encore prendre plus de temps sur le choix des ministres - la gangrène des gangs continue de s’étendre. Des milliers de citoyens des zones de Merger, Gressier fuient vers les régions avoisinantes. Nous avons rencontré un homme de 94 ans et sa femme qui ont quitté leur demeure par chance à cause surtout de la bravoure d’un chauffeur de bus. Ce vieux couple avec toute la famille a dû tout abandonner. Demeure, bétail. On a entendu l’histoire de cette femme enceinte dont le bébé est mort dans son ventre, car les bandits bloquaient toutes les routes. Un bandit s’installe dans le depyès kay d’un pauvre citoyen abattu par lui et s’exclame « Gad jan yo t ap[ byen viv ». Les histoires d’horreur sont nombreuses pendant que nos politiciens prouvent encore une fois le peu de cas qu’ils font de cette population, de ce pays.

On se souvient toujours de ce livre de Graham Green, Les Comédiens, qui avait provoqué la colère de François Duvalier. Il était quand même bien léger l’écriture de cet écrivain américain au vu des pitreries de nos politiciens depuis des décennies. Une comédie glauque, macabre et surtout d’une médiocrité à en faire pleurer. D’une médiocrité surtout à détruire un pays, à le livrer pieds et mains liées à toutes les satrapies.

 

Gary VICTOR

 

 

 

 

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