radiotelepacific@gmail.com
Radio Pacific 101.5 fm
Éditorial

Nous espérons le miracle

Nous espérons le miracle

Nous sommes à l’entame de la période des fêtes de fin d’année et du Nouvel An, avec leurs cortèges de voeux, de bonnes résolutions et de célébrations.Portés par la fidélité aux traditions et les exigences des pratiques patriotiques et religieuses, les Haïtiens acceptent de subir la pression de cette période. Ils essaient de devenir meilleurs, de se faire plaisir et aussi de se rapprocher des autres. Généralement, cette période impose la trêve aux expressions insupportables des petites guerres et des luttes politiques. Les perdants prennent du temps pour soigner leurs blessures et chuchoter leurs plaintes à qui de droit, et les gagnants investissent les lieux de la générosité en lâchant du lest et en distribuant des cadeaux même aux ennemis de toujours.Paradoxalement, les fêtes des fins d’années ont tendance à exacerber la réalité.

Nous sommes à l’entame de la période des fêtes de fin d’année et du Nouvel An, avec leurs cortèges de voeux, de bonnes résolutions et de célébrations.Portés par la fidélité aux traditions et les exigences des pratiques patriotiques et religieuses, les Haïtiens acceptent de subir la pression de cette période. Ils essaient de devenir meilleurs, de se faire plaisir et aussi de se rapprocher des autres. Généralement, cette période impose la trêve aux expressions insupportables des petites guerres et des luttes politiques. Les perdants prennent du temps pour soigner leurs blessures et chuchoter leurs plaintes à qui de droit, et les gagnants investissent les lieux de la générosité en lâchant du lest et en distribuant des cadeaux même aux ennemis de toujours.Paradoxalement, les fêtes des fins d’années ont tendance à exacerber la réalité. Puisqu’il s’agit d’une période de grande consommation, les Haïtiens s’agitent pour provoquer leurs chances de s’attabler, au moins, devant un repas copieux avec leurs proches. Là, les plus pauvres estiment injuste que les inégalités économiques et sociales ne s’effacent pas devant le désir de fête.Cette année, le mythe de la sérénité de la période des fêtes de fin d’année semble bien entamé. La faute à une défaillance de l’imagination politique, celle capable d’empathie envers les petites gens qui ont besoin d’un mois de travail à haute intensité de main d’oeuvre ; celle du bonheur permis à la population de promener leurs enfants et leurs rêves de mât de cocagne dans des rues propres, sécurisées et décorées ; celle de la sérénité que permet le consensus bienveillant.Or, cette défaillance de l’imagination politique nous empêche de penser et d’agir sans la petite mesquinerie qui s’apparente à un coup bas.La période des fêtes de fin d’année nous surprend dans des temps difficiles. « L’argent circule peu », disent les sans moyens et « la sécurité n’est pas garantie », rétorquent les autres. Dans les deux cas, les fantaisies et les petits bonheurs sont hypothéqués.L’année prochaine sera longue en luttes et en pugilats. Nous ne prédisons rien puisque c’est la règle et la norme. Mais, pendant la période des fêtes de fin d’année, nos enfants, plus que nous, ont besoin d’illusions, de feux d’artifice et de francs sourires autour de la table. Les ainés, eux, ont déjà appris à fermer leurs yeux sur ce qui se cache derrière la trêve des fêtes.C’est peut-être le temps de l’insouciance stratégique. La République est sale. Les gens, du moins, ceux qui ont les moyens ont peur de sortir pour la fête. Le peuple angoisse à force de rêver de cadeaux. Des prisonniers attendent la grâce présidentielle. Des familles ont besoin de se réunir.Le carnaval, les décisions du président, les foucades du maire de Port-au-Prince, les campagnes d’attaque et de défense, le placement des pions, les petits jeux de manipulation peuvent attendre le lever de l’année 2018.Le National vous souhaite de joyeuses fêtes, comme vous, le miracle de 2018.Ce que l’on retiendra surtout de son passage sur notre terre chaude et décharnée, c’est la sève qui n’a cessé de couler de ses chansons et qui a  vivifié l’esprit d’une jeunesse qui ne sera  jamais plus zombifiée et trompée par les mensonges érigés en système mondialisé.Manno n’est plus. Mais ses chansons continueront d’accompagner les luttes de son peuple et des chanteurs comme Wooley Saint Louis Jean, Beethova Obas, lui ont déjà fait la promesse de poursuivre inlassablement sur ce vaste chemin de chansons poétiques engagées qui font flamboyer l’avenir.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Éditorial

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre