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Éditorial

La Protection civile : quelle feuille de route ?

La Protection civile : quelle feuille de route ?

Deux casernes de pompiers standardisées ont été remises le vendredi 8 décembre 2017 à l’État haïtien par le gouvernement américain. Elles sont basées respectivement à Diquini 63 dans la commune de Carrefour et à Canaan (Croix-des-Bouquets) où grouille et se meut dans la plus grande précarité la population des sans-abri victime du tremblement de terre de 2010 qui a mis à nu les limites de notre système de protection civile.Robin Diallo, la chargée d’affaires des États-Unis d’Amérique en Haïti n’a pu être en reste lors de la cérémonie de remise de ces outils nécessaires au renforcement des capacités des services d’incendie : « Nos deux grandes nations sont sujettes à une variété de catastrophes naturelles.

Deux casernes de pompiers standardisées ont été remises le vendredi 8 décembre 2017 à l’État haïtien par le gouvernement américain. Elles sont basées respectivement à Diquini 63 dans la commune de Carrefour et à Canaan (Croix-des-Bouquets) où grouille et se meut dans la plus grande précarité la population des sans-abri victime du tremblement de terre de 2010 qui a mis à nu les limites de notre système de protection civile.Robin Diallo, la chargée d’affaires des États-Unis d’Amérique en Haïti n’a pu être en reste lors de la cérémonie de remise de ces outils nécessaires au renforcement des capacités des services d’incendie : « Nos deux grandes nations sont sujettes à une variété de catastrophes naturelles. Les feux de forêt qui ravagent actuellement la Californie le prouvent assez bien. Se préparer aux désastres est la façon dont nous pouvons mieux répondre pour sauver des vies. »Mme Diallo a assuré l’assistance composée notamment du ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Dr Max Rudoph St Albin, du Maire de Carrefour, Jude Édouard Pierre, du ministre Conseiller adjoint, Robert Hannan, du maire Rony Colin et de l’Inspecteur de la Police nationale d’Haïti (PNH), Jean St-Fleur, que son pays reste disponible à soutenir Haïti. En situation de catastrophes.Si le Dr St Albin n’a pas eu l’idée géniale de fixer la feuille de route de la Protection civile haïtienne, il a promis toutefois que le gouvernement honorera son engagement dans ce domaine en fournissant, en 2018 entre 40 à 50 camions de pompiers assemblés localement. « Depuis le séisme dévastateur de 2010, le gouvernement américain a travaillé en étroite collaboration avec Haïti pour construire 12 casernes de pompiers, 9 centres d’opération d’urgence, 9 entrepôts de secours et aussi fournir un certain nombre de camions, de bateaux et autres outils de secours. Tout cela afin de se préparer et réduire les effets des catastrophes, comme l’ont toujours promis la direction de la Protection civile et la PNH. »Face aux chiffres alarmants des décès en Haïti lors des catastrophes naturelles, la Protection civile agit ou devrait agir quotidiennement dans le développement de la culture du risque et du vivre ensemble. Et ce, par la réalisation d’actions de prévention des accidents de la vie courante et des risques majeurs auprès des populations, appelées à s’adapter à chaque situation.Tout citoyen devrait être capable d’effectuer des gestes qui sauvent dans la vie quotidienne en cas d’accidents de la route, de naufrages en haute mer, d’incendie, de séisme, d’accident cardiovasculaire, d’intoxication alimentaire, de noyade, de glissement de terrain. Les gestes de premiers secours sont déterminants. Encore faut-il des séances de formation spécialisées à grande échelle axées principalement sur des actions solidaires et sociales conformes aux agréments nationaux de la Protection civile. La formation de secouristes est une exigence de rigueur dans un pays comme Haïti dépourvu de moyens matériels susceptibles d’assurer la protection pleine et entière des populations rurales et urbaines qu’il convient de doter d’une culture de protection civile, d’action humanitaire et sociale efficace. En cas de catastrophe.Toute protection civile digne de ce nom, suivant la mission dans laquelle elle s’est engagée, dispose de toute une quincaillerie suivant les besoins : canot pneumatique, gyropode, moto, quad, poste de commandement mobile, véhicule de liaison tout-terrain, véhicule léger, vélo, avion, ambulancier, hélico de secours, enveloppe budgétaire substantielle, etc. La Protection civile haïtienne, vue sous cet angle, est un éternel projet en dépit des efforts conjugués de partenaires nationaux et étrangers en vue de sa structuration. Autant la moderniser au bénéfice des populations aujourd’hui exposées aux risques du réchauffement climatique. Phénomène suscitant des débats passionnants particulièrement entre des “ militants écolos” qui se refusent, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, à être les principaux lanceurs d’alerte sur l’environnement.Pour paraphraser Jacques Stephen Alexis, dans la préface de La Montagne ensorcelée de Jacques Roumain, nous pouvons dire haut et fort qu’un pays qui a produit de tels écrivains, poètes et musiciens, ne peut pas mourir. En référence à Jean Giono qui écrivait L’Homme qui plantait des arbres, dans la perspective de remembrer la nature dévastée, nous avons un champ d’hommes à rebâtir par l’éducation, le civisme et le relèvement de l’échelle des valeurs.Manno n’a jamais pris les armes contre la dictature, mais sa guitare et sa voix ont témoigné de nos combats quotidiens  et  contribué à faire fondre l’armure d’un régime de fer. Sa parole libre avait gagné toutes les ondes et le chanteur  était adulé sur tous les podiums. Le mouvement étudiant connaissait ses plus beaux jours. La FENEH (Fédération des Étudiants haïtiens) était un modèle d’organisation qui avait une conscience claire du rôle de l’Université comme moteur du changement sur les plans idéologiques et scientifiques. Les comités de quartier et autres structures de vigilance patriotique quadrillaient le pays et un leadership jeune, progressiste, enthousiaste émergeait, pendant que sur toutes les lèvres la poésie de  Trouillot, de Pierre- Richard Narcisse, et de bien d’autres poètes était reprise en chœur grâce à la chanson de Manno. Il était l’hirondelle qui annonçait le printemps démocratique haïtien qui entre-temps a viré au cauchemar sanglant et aux lendemains qui déchantent. Manno Charlemagne a incarné des moments explosifs et joyeux de notre histoire. Il a témoigné de  l’élan vital de toute une jeunesse avide de changement. Son expérience de maire de la Capitale n’a pas toujours été des plus heureuses. Lui-même n’en était pas particulièrement fier.  Commissaire à l’enthousiasme, il a voulu   brûler les étapes. Il s’était retrouvé grâce à son immense popularité sans expérience maire de la plus grande ville du pays, dans une des périodes les plus tourmentées de la transition. Ce que l’on retiendra surtout de son passage sur notre terre chaude et décharnée, c’est la sève qui n’a cessé de couler de ses chansons et qui a  vivifié l’esprit d’une jeunesse qui ne sera  jamais plus zombifiée et trompée par les mensonges érigés en système mondialisé.Manno n’est plus. Mais ses chansons continueront d’accompagner les luttes de son peuple et des chanteurs comme Wooley Saint Louis Jean, Beethova Obas, lui ont déjà fait la promesse de poursuivre inlassablement sur ce vaste chemin de chansons poétiques engagées qui font flamboyer l’avenir.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

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