Vaincre le chienlit ou combattre la morosité !
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Le climat social est particulièrement morose en ce mois de novembre 2017. Il flotte comme un vent de pessimisme dans l’air. Les nouvelles de départs massifs et de retours forcés de réfugiés économiques rythment une actualité qui charrie son lot quasi quotidien de scandales judiciaires et de flibusterie foncière.Les actions volontaristes du chef de l’État : caravanes du changement, remobilisation de l’armée, concours d’entrée dans l’Administration publique-, sont loin de suffire à faire démarrer une nation, engluée dans les tranchées de l’immobilisme.
Le climat social est particulièrement morose en ce mois de novembre 2017. Il flotte comme un vent de pessimisme dans l’air. Les nouvelles de départs massifs et de retours forcés de réfugiés économiques rythment une actualité qui charrie son lot quasi quotidien de scandales judiciaires et de flibusterie foncière.Les actions volontaristes du chef de l’État : caravanes du changement, remobilisation de l’armée, concours d’entrée dans l’Administration publique-, sont loin de suffire à faire démarrer une nation, engluée dans les tranchées de l’immobilisme. La crise de confiance a atteint de telles proportions qu’une grande partie de la population peine à s’embarquer dans la caravane présidentielle, dont pourtant le but affirmé est de paver les voies nouvelles du développement et de creuser les sillons d’une prospérité à venir.Une histoire marquée par des années de production stérile a fini par transformer nos dirigeants en statues de sel qui n’attendent que la prochaine averse pour fondre et perdre toute contenance. Le président a cru jusqu’ici pouvoir tout seul servir de levier au désenclavement d’un pays embourbé dans des marais impénétrables. Son entêtement à poursuivre dans cette direction, menace de ruiner sa première année de mandat suprême. Entretemps, comme des fourmis folles, tout un peuple s’active pour survivre ; tout en ne perdant pas de vue : d’un côté les gesticulations d’un chef volontariste, mais qui vraisemblablement ne s’est pas encore donné les moyens de sa politique ; et de l’autre, les fulgurances insurrectionnelles de la fraction dure de l’Opposition politique dont on doute qu’elle puisse réellement changer la donne. Au demeurant, on la sait capable de faire tourner, dans un grincement lourd de conséquences, la roue du pouvoir, mais sans parvenir à transformer la mécanique implacable d’une meule étatique construite depuis deux siècles pour broyer les meilleures intentions.Les États généraux sectoriels dont les premières consultations ont débuté au palais national pourraient ouvrir une fenêtre d’opportunités pour la mise à plat de nos problèmes structurels. Il importe cependant que leur mise en place se fasse patiemment, en tenant compte de nos habituelles lacunes méthodologiques, et surtout, en évitant toute précipitation à des fins uniquement de gain politique.Ces assemblées du peuple revendicatif qui devront prendre à terme l’allure d’une Conférence nationale ne pourront pas servir de décor, sous peine de catastrophe annoncée, à une nouvelle dramaturgie politicienne ; ni non plus servir uniquement les intérêts de groupes kleptocrates dont l’appétit vorace pour le bien commun fait d’eux les grands saigneurs de la république à défaut d’être des « seigneurs du changement »Des questions essentielles en rapport à la normalisation du pays comme, par exemple , nos choix économiques et leurs conséquences sur notre état de pauvreté , nos services publics face à la détresse citoyenne ou encore la stabilisation de nos institutions à travers un réaménagement du processus constitutionnel ; le rôle de la police et de l’armée dans la redéfinition d’une politique nationale de sécurité publique ; le plan cadastral et la sécurité foncière ainsi que la turbulente et récurrente question des arriérés de salaires dans un système administratif inefficient : autant de thèmes parmi beaucoup d’autres, dont il est urgent de débattre et auxquels des solutions aussi viables qu’efficaces sont attendues.Il faudra enfin tout au long du processus des États généraux que les pouvoirs publics posent des actes concrets destinés à créer un début de confiance dans une démarche à haut risque, mais porteuse d’espérance citoyenne..Bref, nous sommes dans une véritable comédie qui peut déboucher si nous ne prenons garde sur une véritable “somalisation” de l’espace haïtien. Nous avons tiré plusieurs fois la sonnette d’alarme. Empêtrés dans la défense de nos petits intérêts mesquins, nous ne faisons pas attention à la menace qui nous pend au nez.C’est l’urgence qui devrait nous porter à l’entente et au dialogue. Mais qui a conscience de cette urgence ? Les opinions se forgent à l’aune des intérêts individuels alors que la situation réclame de prendre de la hauteur. Qui ou quoi pourra changer la donne ?Mais quand des groupes, aveuglés par des intérêts mesquins, oublient cette simple vérité, et travaillent au maintien d’un état de fait qui détruit des pans entiers de l’édifice social, ils oeuvrent pour l’illégalité et fomentent ainsi de véritables menaces pour la sécurité nationale.À cause d’eux, les êtres humains peuvent devenir des fauves affamés.Et quand on se retrouve confronté à des fauves affamés, il est trop tard pour disserter sur la légalité.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.
Mérès M. Weche
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