La malédiction libyenne
Écouter l'article
Les images de migrants africains vendus sur des marchés d’esclaves en Libye ont provoqué une onde de choc dont les répliques continuent de faire des vagues à travers le monde.Des scènes qui ont remué le couteau dans la plaie encore mal fermée de la traite de millions de femmes et d’hommes sur fond de génocide et d’exploitation économique planifié par un ordre international inique ; c’était il y a seulement deux siècles. L’exploitation de l’homme par l’homme à des fins économiques dans un total asservissement constitue une entaille profonde dans notre humanité. Elle rabaisse notre condition humaine, avilit les idées de progrès qui ont servi d’élan à nos civilisations.Le reportage diffusé sur la chaine américaine CNN a eu le mérite de mettre face à la bonne conscience internationale la laideur d’un monde qui opère depuis quelque temps un brutal retour à des pratiques insupportables.
Les images de migrants africains vendus sur des marchés d’esclaves en Libye ont provoqué une onde de choc dont les répliques continuent de faire des vagues à travers le monde.Des scènes qui ont remué le couteau dans la plaie encore mal fermée de la traite de millions de femmes et d’hommes sur fond de génocide et d’exploitation économique planifié par un ordre international inique ; c’était il y a seulement deux siècles. L’exploitation de l’homme par l’homme à des fins économiques dans un total asservissement constitue une entaille profonde dans notre humanité. Elle rabaisse notre condition humaine, avilit les idées de progrès qui ont servi d’élan à nos civilisations.Le reportage diffusé sur la chaine américaine CNN a eu le mérite de mettre face à la bonne conscience internationale la laideur d’un monde qui opère depuis quelque temps un brutal retour à des pratiques insupportables. À un moment où dans certains grands pays, la construction de murs remplace les politiques publiques solidaires et l’accueil de migrants perçu comme du folklore écologique, la tragédie libyenne vient sonner l’alarme sur le déni d’humanité qui nous menace.Ces images troublantes qui ont fait le tour des réseaux sociaux ne sont que la pointe d’un iceberg géant baignant dans les eaux profondes et glauques du commerce des organes, de la traite des femmes et des marchés clandestins d’esclaves. Elles ne font que lever le voile sur des pratiques illicites de certaines mafias mondialisées qui bénéficient du laxisme des États. Pratiques plus qu’inhumaines qui, d’après certaines organisations internationales, se sont amplifiées. Dans le quotidien « La Libre Belgique » en date du 25 février 2017, un confrère rapportait qu’en Mauritanie, « les filles esclaves de 9 ans sont violées par le maître, ses fils, son chauffeur ou son hôte de passage.Ce qui se passe en Libye ou peut-être dans quelque autre coin inconnu de la planète est aussi, on n’a de cesse de le répéter, le résultat de la faillite de la gouvernance de certains des États du Sud. Le soleil de nos Indépendances est depuis trop longtemps obscurci par les nuages radioactifs de régimes toxiques embourbés dans la répression de leurs peuples ou la corruption rampante et généralisée.Au Zimbabwe, un ancien chef révolutionnaire, un des pères de la nation, s’est muré plus de trente-sept ans dans un pouvoir sans partage au point d’exaspérer même ses partisans. Ceux qui se bousculent au portillon pour le remplacer font partie des durs du régime et cette révolution de palais risque de prolonger le règne de Mugabe sans Mugabe. Il s’agit en fait de porter un coup aux ambitions démesurées de l’épouse du grand chef qui souhaitait assumer une succession plus proche que lointaine, compte tenu de l’âge très avancé du vieux lion d’Harare. Aux dernières nouvelles, le vieux guide a accepté de quitter le pouvoir.Tant que dans des sociétés qui pourtant reposent sur d’énormes richesses auront cours des politiques néfastes et ruineuses, les populations aux abois continueront de prendre la mer ; taillables et corvéables à merci, elles seront l’objet de toutes les humiliations. Othman Belbeisi, chef de mission de l’Office International de la migration a dénoncé cette nouvelle traite d’êtres humains originaires du Sénégal, du Nigéria et de Gambie : « En ce qui concerne les femmes, on nous a signalé beaucoup de mauvais traitements, de viols et des cas de prostitution forcée ».Six ans après une « révolution », le territoire libyen est transformé en un immense désert de non-droit abritant tous les honteux trafics sous l’oeil indifférent de puissances « tutrices ».L’indignation doit vite céder la place à des actions fermes et résolues. La partie saine du monde se doit de réagir avec vigueur face aux tentations maléfiques de revenir aux époques sombres de l’homme-bétail et à la fascination pour le vide abyssal de l’inhumanité.Mais quand des groupes, aveuglés par des intérêts mesquins, oublient cette simple vérité, et travaillent au maintien d’un état de fait qui détruit des pans entiers de l’édifice social, ils oeuvrent pour l’illégalité et fomentent ainsi de véritables menaces pour la sécurité nationale.À cause d’eux, les êtres humains peuvent devenir des fauves affamés.Et quand on se retrouve confronté à des fauves affamés, il est trop tard pour disserter sur la légalité.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.
Mérès M. Weche
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.