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Éditorial

La mauvaise foi

La mauvaise foi

On nage dans ce pays dans une mauvaise foi délirante qui fait du mal, énormément de mal à ce pays. Nous sommes dans des émotions infantiles, des réflexions, des réactions intéressées qui ne sont plus du domaine de l’Humain, mais qui frisent un peu la bestialité, si les animaux peuvent avoir comme nous des comportements irrationnels. Ici ou est pour ou contre dépendant de son ventre, de ses bas intérêts, ou bien sans raison particulière comme on peut être fan ou non de Réal ou du Barca. Mais le Réal et le Barca sont loin. Ils ne nous concernent pas. Leurs vedettes gagnent des millions d’euros et font la belle vie ; elles ignorent tout d’Haïti et s’en moquent sans doute éperdument alors que nous, nos choix nous enlisent, nous enterrent, comme si nous avons vraiment des pulsions suicidaires.Certaines réactions au Rapport sur les Fonds PetroCaribe en sont un parfait exemple.

On nage dans ce pays dans une mauvaise foi délirante qui fait du mal, énormément de mal à ce pays. Nous sommes dans des émotions infantiles, des réflexions, des réactions intéressées qui ne sont plus du domaine de l’Humain, mais qui frisent un peu la bestialité, si les animaux peuvent avoir comme nous des comportements irrationnels. Ici ou est pour ou contre dépendant de son ventre, de ses bas intérêts, ou bien sans raison particulière comme on peut être fan ou non de Réal ou du Barca. Mais le Réal et le Barca sont loin. Ils ne nous concernent pas. Leurs vedettes gagnent des millions d’euros et font la belle vie ; elles ignorent tout d’Haïti et s’en moquent sans doute éperdument alors que nous, nos choix nous enlisent, nous enterrent, comme si nous avons vraiment des pulsions suicidaires.Certaines réactions au Rapport sur les Fonds PetroCaribe en sont un parfait exemple. Un présentateur dans une TV proche du pouvoir prend le soin de dire : des sénateurs de tendance Lavalas. Le rapport est accusé de partialité. On recherche partout des vices de forme. Et alors ? Que le rapport soir partial cela ne veut pas dire qu’il ne contient pas des faits réels. Cela veut dire qu’il ne fait qu’indexer un seul secteur. Très bien alors. Qu’une commission indépendante approfondit l’enquête. Que le rapport a d’autres problèmes, alors il faut chercher à corriger, approfondir. Ce n’est pas une raison pour le rejeter d’un revers de main ce qui n’est en fait qu’une tentative de protéger nos pratiques maffieuses, de protéger ceux qui ont profité de ces pratiques et de mettre à l’abri les rêves de tous ceux qui rêvent de venir faire leur tour dans la mangeoire selon les principes du sétoupamisme – se tou pa m – comme brillamment expliqué par Albert Buron.On nage vraiment dans une mauvaise foi crasseuse qui réduit constamment notre pays en deux camps. Ceux qui défendent le pouvoir et ceux qui sont contre. Le drame c’est qu’aucune idéologie, aucune honnêteté intellectuelle ne sont au rendez-vous. On est pour ou contre au gré des intérêts de son ventre et c’est ce qui empêche toute possibilité de dialogue et d’entente. Car des êtres humains et des citoyens doivent nécessairement s’entendre sur un minimum. Voici un rapport qui montre comment une partie des Fonds du PetroCaribe a été dilapidée. Quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir sur les auteurs de ce rapport, quels que soient les vices de forme et mêmes les incohérences qu’il peut contenir, tout citoyen mentalement sain devrait exiger une contre-expertise et donc une enquête approfondie pour s’assurer si ce que ce rapport dit est vrai et si partialité il y a, si d’autres personnes dans d’autres secteurs ne sont pas impliquées. On peut trouver aussi que des personnes indexées dans ce rapport soient innocentes et que plein d’autres noms cités ici le sont.Nous ne pouvons avancer avec cette mauvaise foi aussi évidente qui fait vraiment horreur. Nous n’irons nulle part ainsi sinon vers une somalisation de notre pays. On a vu ce qui se passe dans certains quartiers de Port-au-Prince. Cessons de jouer aux fous !Dans ce livre phare, Jean-Pierre Le Glaunec nous rappelle que c’est seulement au cours des années 30, après l’occupation américaine, qu’un sursaut de nationalisme remit en honneur les héros de l’indépendance haïtienne. Il fustige ainsi, dans sa publication, les luttes intestines entre anciens et nouveaux libres qui n’avaient nullement mis en valeur le mot « Vertières » que Madiou a justement immortalisé.Dans un autre ordre d’idées, l’historien Jean-Pierre Le Glaunec va plus loin pour questionner l’Académie française dont l’objectif consistait, dès sa création, à rédiger un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique. On songe à Vaugelas et compagnie qui eurent ce rôle à jouer, en illustrant la langue par des publications se rapportant à son contenu, tel que nous le connaissons aujourd’hui.La langue française a certes évolué avec le temps. Des mots nouveaux y sont introduits. Et pourquoi pas « Vertières », un nom « propre » en nature et en acte, à l’ origine des Droits de l’Homme dont profite aujourd’hui l’humanité tout entière. Jean-Pierre Le Glaunec dira qu’une telle occultation est due à la gifle infligée par une poignée de va-nu-pieds noirs à la mémoire historique française.Les relations sont nombreuses entre l’Académie française et Hatti. Il suffit de se reporter à Villers-Cotterêts, la ville de naissance de l’écrivain Alexandre Dumas, l’homme du siège no.2 qu’occupe aujourd’hui Dany Laferrière. C’est dans cette cité de l’Aisne française que fut signé, en 1539, le premier édit de la langue française. Après « Versailles », y aura-t-il une place pour « Vertières » dans le dictionnaire français?Dirigeants haïtiens, passés et présents, vous savez comment résister au chant des sirènes et ne pas céder aux pressions d’où qu’elles vien­nent, mais cette forme silencieuse de désaveu gouvernemental qu’est le départ de la jeunesse vers des rives plus clémentes, n’est-elle pas récurrente depuis des décennies? Que vienne le temps d’une prise de conscience gouvernementale en Haïti!Mais quand des groupes, aveuglés par des intérêts mesquins, oublient cette simple vérité, et travaillent au maintien d’un état de fait qui détruit des pans entiers de l’édifice social, ils oeuvrent pour l’illégalité et fomentent ainsi de véritables menaces pour la sécurité nationale.À cause d’eux, les êtres humains peuvent devenir des fauves affamés.Et quand on se retrouve confronté à des fauves affamés, il est trop tard pour disserter sur la légalité.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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