« Un mal qui répand la terreur »
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Qui peut, en toute indépendance, dans ce vrai jeu de dupes qu’est le dossier de PetroCaribe, s’écrier comme jadis Émile Zola : « J’accuse! » ?Notons qu’il y eut, entre 1894 et 1906, un curieuse Affaire Dreyfus, qui divisa la France, au point d’avoir poussé au pouvoir des blocs de gauche, à la faveur de manoeuvres politiques menées de main de maitre par certains secteurs de l’opposition d’alors. Drôle de coïncidence, l’armée fut au centre des hostilités qui conduisirent en prison l’officier Alfred Dreyfus, accusé à tort dans une affaire d’espionnage (Pensez aujourd’hui au « copinage » pour dilapider les fonds de PetroCaribe).
Qui peut, en toute indépendance, dans ce vrai jeu de dupes qu’est le dossier de PetroCaribe, s’écrier comme jadis Émile Zola : « J’accuse! » ?Notons qu’il y eut, entre 1894 et 1906, un curieuse Affaire Dreyfus, qui divisa la France, au point d’avoir poussé au pouvoir des blocs de gauche, à la faveur de manoeuvres politiques menées de main de maitre par certains secteurs de l’opposition d’alors. Drôle de coïncidence, l’armée fut au centre des hostilités qui conduisirent en prison l’officier Alfred Dreyfus, accusé à tort dans une affaire d’espionnage (Pensez aujourd’hui au « copinage » pour dilapider les fonds de PetroCaribe). Le journaliste Émile Zola prit ardemment parti pour l’inculpé qu’il jugea innocent, en s’écriant : « J’accuse! ». Émile Zola désignait du doigt certains secteurs bien identifiés de l’appareil d’État français de l’époque.Chez nous, l’on se souvient que dans le « Procès des timbres », au cours des années 70, le juriste Gérard Gourgues s’écria : « La vérité est au fond du puits! », tandis que l’hebdomadaire Le Petit-Samedi Soir titrait : « Nous sommes tous coupables ». L’un et l’autre savaient de quoi ils parlaient en ce temps-là.Quatre-vingts ans environ séparent le cri de Zola de celui de Gourgues, et l’on est à cinquante-ans du « Procès des timbres ». Vu l’état déplorable de notre « justice » aujourd’hui, et en considérant les manoeuvres entourant cette affaire d’inculpation dans le dossier de PetroCaribe, l’on se demande si la vérité n’est pas une fois de plus au fond d’un puits, et si dans cette question de reddition des comptes, menée tambour battant par les sénateurs Évalière Bauplan et Willot Joseph, l’on arrivera à accuser et punir qui que ce soit? C’est la morale de la fable qui semble répondre à cette question : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ».Rappelons qu’on a déjà crié « Aho sur le baudet! », en la personne du ministre des Affaires Sociales, dans cette curieuse affaire de kits scolaires surfacturés. Ce ne serait pas surprenant, dans le cas des milliards dilapidés de PetroCaribe, que des boucs émissaires soient déjà visés, en vue d’un simulacre de justice.Le « mal qui répand la terreur » dans notre société, c’est bien cette gangrène qu’est la corruption. Pour l’enrayer, il faudrait non seulement un diagnostic étalé sur plusieurs années antérieures à 2008, d’où est partie l’enquête sur les fonds de PetroCaribe, mais aussi des dépisteurs fiables et des justiciers honnêtes. Il suffit d’être un bon « animal politique » pour se soustraire à toute poursuite judiciaire, en ayant pris à l’avance toutes les précautions nécessaires à sa défense : papiers en bonne et due forme pour justifier le bien-fondé des ponctions effectuées dans le trésor public.À entendre, bien avant la séance, certaines réflexions dans les couloirs du Parlement et partout ailleurs, plusieurs scénarios étaient jugés possibles dans ce jeu de dupes. D’une part, le report de ladite séance pour « insuffisance d’analyse » du rapport ; thèse soutenue jusqu’à la dernière minute par le Sénateur Joseph Lambert. D’autre part, le constat d’absence de quorum que concocterait le bloc majoritaire, agissant comme le renard de la fable, pour ménager de gros matous. Toutefois, les débats ont été engagés comme il se doit. Cependant, avec les retouches de dernière heure apportées au document principal, auquel est venu s’ajouter le rapport Latortue, l’on se demande, perplexe, de quoi demain sera-t-il fait? Affaire à suivre.Seul Turneb Delpé en sait grand chose dans la tombe de ses désillusions. Car il ne s’ était point embarrassé de le prôner toute sa vie. A ses dépens. Les travaux de la Commisssion de notre Mathias Pierre national sont à suivre et à examiner de près. On connait les lieux communs susceptibles d’être ressassés sur ce point.Dirigeants haïtiens, passés et présents, vous savez comment résister au chant des sirènes et ne pas céder aux pressions d’où qu’elles viennent, mais cette forme silencieuse de désaveu gouvernemental qu’est le départ de la jeunesse vers des rives plus clémentes, n’est-elle pas récurrente depuis des décennies? Que vienne le temps d’une prise de conscience gouvernementale en Haïti!Mais quand des groupes, aveuglés par des intérêts mesquins, oublient cette simple vérité, et travaillent au maintien d’un état de fait qui détruit des pans entiers de l’édifice social, ils oeuvrent pour l’illégalité et fomentent ainsi de véritables menaces pour la sécurité nationale.À cause d’eux, les êtres humains peuvent devenir des fauves affamés.Et quand on se retrouve confronté à des fauves affamés, il est trop tard pour disserter sur la légalité.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.
Mérès M. Weche
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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