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Éditorial

Une odeur de gaz !

Une odeur de gaz !

Le travail de la Commission sénatoriale d’enquête autour du dossier Petro Caribe est en discussion au grand Corps. Mais déjà dans l’opinion publique, ses révélations et recommandations ne finissent pas de susciter des commentaires divers. Pour une fois qu’une enquête aboutisse, cela ne peut que faire du bien à la République et au devoir patriotique de reddition de comptes. Et pourtant nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.De larges extraits du rapport qui nous sont parvenus, révèlent à n’en pas douter des situations pour le moins scabreuses dans la manière dont les choses ont été faites, surtout en ce qui concerne le respect des règles de passation de marchés publics.

Le travail de la Commission sénatoriale d’enquête autour du dossier Petro Caribe est en discussion au grand Corps. Mais déjà dans l’opinion publique, ses révélations et recommandations ne finissent pas de susciter des commentaires divers. Pour une fois qu’une enquête aboutisse, cela ne peut que faire du bien à la République et au devoir patriotique de reddition de comptes. Et pourtant nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.De larges extraits du rapport qui nous sont parvenus, révèlent à n’en pas douter des situations pour le moins scabreuses dans la manière dont les choses ont été faites, surtout en ce qui concerne le respect des règles de passation de marchés publics. Certaines firmes, selon le rapport, n’étaient pas éligibles au moment de la signature de leurs contrats ; les critères d’ordre technique, juridique et financier n’ont pas été respectés dans tous les cas. Et les Commissaires de douter profondément que les intérêts de l’État aient été protégés au moment d’effectuer ces dépenses. Les fonds Petro Caribe ont offert à des gouvernements successifs la possibilité de disposer d’argent frais et non contraignant pour lancer des projets qui se voulaient ambitieux. Pour une fois que notre pays recevait de l’aide non soumise à des conditionnalités léonines, on était en droit de s’attendre de la part de nos dirigeants à plus d’éthique et de responsabilité. Dans l’impatience de « livrer la marchandise » et de déposer à leur fin de mandat un bilan positif, les gouvernements se sont empressés de faire passer des résolutions contournant les procédures établies en matière de passation de marché, jugées trop lourdes ou bureaucratiques.Voilà donc de l’argent généreusement offert par nos partenaires vénézuéliens, reconnaissants de la contribution d’Haïti à leur existence de nation libre et indépendante, qui pouvait faire une différence en matière de coopération Sud-Sud et qui malheureusement se trouve désormais à l’origine d’un gros scandale financier. Le flou artistique relevé dans certains contrats, les lucratives affaires de commissions occultes et de surfacturation accablent une administration publique dont on nous promet depuis des lustres, à force de séminaires et d’ateliers, de la réformer structurellement. Or il semble que plus que cela change, plus c’est la même chose. Si l’enquête sénatoriale soulève de lourdes et importantes questions de moralité publique, elle interpelle l’ensemble de la Société civile sur notre rapport vicié au politique. La fonction politique est perçue comme un lieu d’enrichissement et d’ensauvagement, et cette vision pervertie est appelée à changer si l’on veut mettre sur pied un système démocratique digne de ce nom.Il est important cependant de souligner ici la nécessité éthique pour que l’enquête ne soit en aucun cas une tentative de retourner le bâton contre des adversaires politiques, comme certains commencent à s’en plaindre. Il y va de la crédibilité de nos Institutions et de la fin souhaitée par tous les patriotes de cette impunité qui gangrène notre société depuis des lustres. Toute approche partisane de cette épine mortelle enfoncée dans nos talons, que nous appelons la corruption ou « brase » dans la langue nationale, ne pourra servir que les corrupteurs euxmêmes, en laissant l’impression que nous le sommes tous suivant nos malheurs ou fortunes politiques. Dans un contexte aussi vital pour l’avenir et l’image de notre pays, il importe que tout soit fait avec rigueur et sans esprit partisan ou groupusculaire.Mais à son stade actuel il est déjà possible de dire, sans risque de se tromper, que le dialogue national, est un voeu pieux, un projet à part entière. Même s’il est difficile pour quiconque de préciser jusqu’ici ce qu’ il en est dans les faits. Suivez mes regards!Seul Turneb Delpé en sait grand chose dans la tombe de ses désillusions. Car il ne s’ était point embarrassé de le prôner toute sa vie. A ses dépens. Les travaux de la Commisssion de notre Mathias Pierre national sont à suivre et à examiner de près. On connait les lieux communs susceptibles d’être ressassés sur ce point.Dirigeants haïtiens, passés et présents, vous savez comment résister au chant des sirènes et ne pas céder aux pressions d’où qu’elles vien­nent, mais cette forme silencieuse de désaveu gouvernemental qu’est le départ de la jeunesse vers des rives plus clémentes, n’est-elle pas récurrente depuis des décennies? Que vienne le temps d’une prise de conscience gouvernementale en Haïti!Mais quand des groupes, aveuglés par des intérêts mesquins, oublient cette simple vérité, et travaillent au maintien d’un état de fait qui détruit des pans entiers de l’édifice social, ils oeuvrent pour l’illégalité et fomentent ainsi de véritables menaces pour la sécurité nationale.À cause d’eux, les êtres humains peuvent devenir des fauves affamés.Et quand on se retrouve confronté à des fauves affamés, il est trop tard pour disserter sur la légalité.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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