radiotelepacific@gmail.com
Radio Pacific 101.5 fm
Éditorial

Soyons sérieux !

Soyons sérieux !

Pour s’exercer avec rigueur et impartialité, la justice a besoin de sérieux, de gravité et de sérénité. Or, il arrive que depuis quelque temps, certaines mesures prises par le parquet de la capitale et ce sous différents gouvernements, font beaucoup plus dans le spec­taculaire que dans la rigueur et l’objectivité. Nul ne doute que dans ce pays gangréné par la corruption, nous avons besoin de juges intraitables, de chevaliers sans peur et sans reproche capables de poursuivre les puissants de l’heure ou d’hier qui se seraient rendu coupables de malversations, détournements de fonds et autres trafics d’influence.On se souvient des flamboyants commissaires du gouvernement qui avaient fait miroiter aux yeux de la nation la possibilité d’une justice indépendante, non inféodée au pouvoir.

Pour s’exercer avec rigueur et impartialité, la justice a besoin de sérieux, de gravité et de sérénité. Or, il arrive que depuis quelque temps, certaines mesures prises par le parquet de la capitale et ce sous différents gouvernements, font beaucoup plus dans le spec­taculaire que dans la rigueur et l’objectivité. Nul ne doute que dans ce pays gangréné par la corruption, nous avons besoin de juges intraitables, de chevaliers sans peur et sans reproche capables de poursuivre les puissants de l’heure ou d’hier qui se seraient rendu coupables de malversations, détournements de fonds et autres trafics d’influence.On se souvient des flamboyants commissaires du gouvernement qui avaient fait miroiter aux yeux de la nation la possibilité d’une justice indépendante, non inféodée au pouvoir. Mais à chaque fois, les politiques annoncées s’écrasaient contre le mur de la poli­tique-spectacle ou dans l’indifférence, le scepticisme et même la suspicion des autres pouvoirs.Les décisions de nos parquetiers s’apparentaient beaucoup plus à des effets d’annonce tant que les dossiers agités paraissaient manquer de consistance et que semblaient plutôt reposer sur les échos de la clameur publique. Il y avait sûrement de bonnes rai­sons de poursuivre X ou Y mais le peu d’élaboration des dossiers à charge et la précipitation politicienne ont tout fait foirer, faisant passer nos chefs de poursuite pour des instruments d’une nouvelle vendetta politique.Aussi la persécution politicienne devint-elle le grand drap blanc capable de recouvrir les armoires remplies de squelettes de cer­tains manitous de régimes passés ou présents. Tant que les en­quêtes s’effectueront dans la précipitation, tant que les mesures d’interdiction de départ présenteront des risques d’amalgames pouvant mettre en péril la réputation d’honnêtes citoyens, notre justice continuera à bégayer et à amplifier les injustices.Pire, les vrais loups continueront à se dissimuler dans la bergerie, et puisque nous sommes coutumiers des décisions judiciaires à la va-vite ou des dénonciations orientées, le doute et la confusion feront perdurer la situation d’impunité généralisée : un vrai crim­inel pourra toujours se cacher au milieu d’autres innocents aux mains salis juste parce qu’ils ont fait partie d’un pouvoir contesté.Bien avant la publication de l’enquête sénatoriale autour de l’utilisation des fonds de PetroCaribe, une bataille médiatique a commencé autour de l’orientation partisane de l’enquête et de ces conclusions qui auraient pour but de salir bien de réputations honnêtement et patiemment construites. Où se situent réellement le vice et la vertu dans cette histoire ? L’enquête est-elle réellement instrumentalisée au profit d’une quelconque chapelle politique ? Quelques secteurs ont-ils intérêt au contraire à noyer un quel­conque poisson avant qu’on le ramène dans les filets de la justice ? Il n’empêche que le public veut connaitre la vérité sur ce qui s’est réellement passé et qu’on espère que la montagne n’accouchera pas d’une souris.Toutes nos interrogations citoyennes demeureront sans réponse tant que l’État haïtien et plus particulièrement ceux placés pour faire respecter nos lois ne fonctionneront pas dans le cadre strict des normes de moralité, de justice et d’équité.On ne pourra pas rendre des comptes à la Nation si les enquêtes se poursuivent inlassablement ou si elles sont précipitées à des fins politiques. Nous avons grand besoin de sagesse et de sérieux pour rendre à notre justice sa crédibilité et pour pouvoir franchir la porte étroite de l’État de droit.Dirigeants haïtiens, passés et présents, vous savez comment résister au chant des sirènes et ne pas céder aux pressions d’où qu’elles vien­nent, mais cette forme silencieuse de désaveu gouvernemental qu’est le départ de la jeunesse vers des rives plus clémentes, n’est-elle pas récurrente depuis des décennies? Que vienne le temps d’une prise de conscience gouvernementale en Haïti!Mais quand des groupes, aveuglés par des intérêts mesquins, oublient cette simple vérité, et travaillent au maintien d’un état de fait qui détruit des pans entiers de l’édifice social, ils oeuvrent pour l’illégalité et fomentent ainsi de véritables menaces pour la sécurité nationale.À cause d’eux, les êtres humains peuvent devenir des fauves affamés.Et quand on se retrouve confronté à des fauves affamés, il est trop tard pour disserter sur la légalité.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Éditorial

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre