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Éditorial

Une trêve s’impose

Une trêve s’impose

La salle de rédaction du journal salue le geste de sympathie exprimé par le président de la République, Jovenel Moïse, envers le leader de Pitit-Dessalines, Jean-Charles Moïse, frappée d’une paralysie faciale. Serait-ce une démarche d’apaisement des tensions qui les opposent, à un moment où une trêve s’impose à nos politiques, pour réfléchir sur la fragilité de la vie et sur les perspectives d’avenir pour ce pays également malade?L’un et l’autre de ces chefs doivent s’écouter mutuellement, car dans la conjoncture actuelle, ils doivent ensemble trouver le remède efficace à la guérison du pays. Nulle part au monde, le dialogue de sourds n’arrive à régler les différends politiques. Encore moins les invectives à couteaux tirés.

La salle de rédaction du journal salue le geste de sympathie exprimé par le président de la République, Jovenel Moïse, envers le leader de Pitit-Dessalines, Jean-Charles Moïse, frappée d’une paralysie faciale. Serait-ce une démarche d’apaisement des tensions qui les opposent, à un moment où une trêve s’impose à nos politiques, pour réfléchir sur la fragilité de la vie et sur les perspectives d’avenir pour ce pays également malade?L’un et l’autre de ces chefs doivent s’écouter mutuellement, car dans la conjoncture actuelle, ils doivent ensemble trouver le remède efficace à la guérison du pays. Nulle part au monde, le dialogue de sourds n’arrive à régler les différends politiques. Encore moins les invectives à couteaux tirés. Dans certains points du globe, et au sein même de notre Amérique, des affrontements qui ont duré pendant de nombreuses années, ont abouti à des démarches de paix, qui s’avèrent fragiles, certes, comme en Colombie par exemple, mais qui n’ont d’autre objectif que de faire taire les hostilités, pour le plus grand bien de la nation.S’écouter mutuellement veut dire reconnaître la nécessité de nous mettre ensemble pour nous attaquer d’un même front aux maux du pays. La maladie la plus grave dont souffre Haïti, c’est cette corruption généralisée à laquelle il faut coûte que coûte s’attaquer, en vue d’une meilleure justice sociale.Le titre d’un livre d’Alain Turnier, « Quand la nation demande des comptes », semblait déjà montrer la nécessité de mettre de l’ordre dans nos finances publiques. Il semble que c’est plus que l’heure d’en tenir compte, sans se bousculer inutilement, mais en observant les prescrits de la Constitution nationale qui traitent de cette impérieuse question.Pendant que le dossier de PetroCaribe est à l’ordre du jour au Sénat de la République, d’autres cas pendants et même « pendables » font la UNE de l’actualité. Il s’agit, d’une part, de ce scandale de kits scolaires qui a emporté le ministre des Affaires sociales, et d’autre part, la question de chèques délinquants dans au moins deux ministères. C’est comme aller de Charybde en Scylla, c’est-à-dire de mal en pis, pendant qu’un Rubicon reste à franchir au Sénat de la République concernant lesdits fonds de PetroCaribe. Entre-temps, l’on se demande si ce pays, constamment tourné vers le passé, va enfin se mettre à l’écoute du « Procès de la consolidation », pour assainir les finances publiques et se débarrasser des fossoyeurs de la patrie?Bien que perçu comme un « inculte » par un certain establishment, Nord Alexis, l’initiateur de cet inoubliable procès, unique dans les annales judiciaires haïtiennes, s’était révélé un chef d’une intégrité remarquable. Un homme du Nord, peu instruit qui, parvenu au timon des affaires de l’État, joignit la parole aux actes, en livrant une guerre sans merci à la corruption, au plus haut niveau de l’appareil d’État.Pour l’histoire, et pour un modèle de justice dans ce pays, rappelons l’essentiel de ce procès. Au temps de la consolidation de la dette flottante de 1897, le commissaire Thimoclès Lafontant avait découvert de nombreuses irrégularités dans les livres comptables du Ministère des Finances. Le président de la République ordonna d’urgence une enquête sur l’administration de l’ex-président Simon-Sam, ainsi que sur les agissements douteux de plusieurs fonctionnaires publics. L’opposition à Nord Alexis ne pouvait que constater sa bonne foi.S’il faut admettre que l’histoire soit un « perpétuel recommencement », il y aura toujours des faussaires aux commandes de l’État, mais aussi des hommes de caractère au pouvoir et dans l’opposition. Il nous faut surtout des leaders responsables d’un côté comme de l’autre.Dirigeants haïtiens, passés et présents, vous savez comment résister au chant des sirènes et ne pas céder aux pressions d’où qu’elles vien­nent, mais cette forme silencieuse de désaveu gouvernemental qu’est le départ de la jeunesse vers des rives plus clémentes, n’est-elle pas récurrente depuis des décennies? Que vienne le temps d’une prise de conscience gouvernementale en Haïti!Mais quand des groupes, aveuglés par des intérêts mesquins, oublient cette simple vérité, et travaillent au maintien d’un état de fait qui détruit des pans entiers de l’édifice social, ils oeuvrent pour l’illégalité et fomentent ainsi de véritables menaces pour la sécurité nationale.À cause d’eux, les êtres humains peuvent devenir des fauves affamés.Et quand on se retrouve confronté à des fauves affamés, il est trop tard pour disserter sur la légalité.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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