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Éditorial

Une île : deux poids, deux mesures

Une île : deux poids, deux mesures

Haïti et la République dominicaine sont, depuis peu, en mode de législation sur les partis politiques. Des deux côtés de l’ile, les négociations entre le pouvoir et les partis de l’opposition ne sont pas au beau fixe, compte tenu des enjeux électoraux respectifs.Côté haïtien, le président de la République a amorcé, depuis le 14 septembre dernier, au Palais national, un dialogue avec certaines organisations politiques qui ont répondu à son pressant appel. Le principal mobile de cette rencontre, qui reste et demeure une question prioritaire pour le pouvoir, c’est la loi sur le financement des partis politiques.

Haïti et la République dominicaine sont, depuis peu, en mode de législation sur les partis politiques. Des deux côtés de l’ile, les négociations entre le pouvoir et les partis de l’opposition ne sont pas au beau fixe, compte tenu des enjeux électoraux respectifs.Côté haïtien, le président de la République a amorcé, depuis le 14 septembre dernier, au Palais national, un dialogue avec certaines organisations politiques qui ont répondu à son pressant appel. Le principal mobile de cette rencontre, qui reste et demeure une question prioritaire pour le pouvoir, c’est la loi sur le financement des partis politiques. Cela, dans un contexte de vives manifestations orchestrées par des secteurs de l’opposition contre le budget 2017- 2018.La deuxième consultation du 11 octobre écoulé a fait meilleure recette que la première, compte tenu de la présence de certains partis politiques de renom, jusque-là réticents. Notons que deux des grands ténors, Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, n’ont pas pointé le bout du nez. Ainsi, la cinquantaine d’organisations politiques qui ont fait le déplacement constituent une sorte de bouffée d’oxygène pour le gouvernement que des tensions socioéconomiques menacent d’étouffer. Il est clair que bon nombre de ces formations politiques, mues par l’appât du gain, n’ont aucune représentativité au Parlement, alors que ce devrait être un minimum pour avoir droit au financement prévu pour les partis.Le Comité de suivi de sept (7) membres, formé à cet effet, pour produire des suggestions au gouvernement, semble définir des profils de candidatures non pléthoriques pour les prochaines élections qui entraineront de sérieuses ponctions dans les finances publiques. Hormis Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, les partis, tels que l’OPL, le PDCH, l’UNIR, le KID, le PHTK, VÉRITÉ et LAPEH, formant ledit comité, peuvent déboucher sur un corpus directeur pour le gouvernement. En autant que ce dernier en tienne compte, pour un large consensus national.De l’autre côté de la frontière, le gouvernement dominicain n’est pas mieux servi que celui d’Haïti, en ce qui a trait au projet de loi sur les partis politiques. Dans ce pays voisin, le noeud gordien demeure actuellement l’imbroglio entre la réforme électorale de 1987 et la régulation des organisations politiques; un sujet sur lequel l’opposition et le Parti de la Libération Dominicaine (PLD) au pouvoir n’arrivent pas à s’entendre. On assiste depuis plus de deux mois au report continu d’un débat là-dessus au Congrès bicaméral.En effet, il s’agit de deux questions clefs et jumelées en République dominicaine : la réforme électorale et la loi sur le financement des partis politiques. Pour certains analystes, la raison pour laquelle le Congrès dominicain (le Parlement chez nous) traine sur ces deux lois, c’est parce que les partis ne sont pas intéressés à être régularisés, de peur d’être soumis à des contrôles financiers stricts. Certains magnats du monde des affaires qui ont- ce n’est un secret pour personne - leurs antennes jusqu’en Haïti, sont très actifs en période électorale, pour soudoyer les candidats les mieux placés sur l’échiquier politique.En fait d’analyse, il ressort ce qui suit en République dominicaine : « La loi électorale devrait obliger les partis concernés à remplir leur devoir dignement et à prévenir les comportements non éthiques ou illégaux de leurs militants ».Actuellement, dans ce pays voisin, les forces de l’opposition cherchent « dialectiquement » à déloger au Congrès le bloc dominé par le parti au pouvoir, afin de prendre le contrôle du gouvernement. Le PLD, de son côté, fort de ses alliés, entend conserver le contrôle de l’État. Voilà le terrain sur lequel se mène la bataille politique en République dominicaine.Dirigeants haïtiens, passés et présents, vous savez comment résister au chant des sirènes et ne pas céder aux pressions d’où qu’elles vien­nent, mais cette forme silencieuse de désaveu gouvernemental qu’est le départ de la jeunesse vers des rives plus clémentes, n’est-elle pas récurrente depuis des décennies? Que vienne le temps d’une prise de conscience gouvernementale en Haïti!Mais quand des groupes, aveuglés par des intérêts mesquins, oublient cette simple vérité, et travaillent au maintien d’un état de fait qui détruit des pans entiers de l’édifice social, ils oeuvrent pour l’illégalité et fomentent ainsi de véritables menaces pour la sécurité nationale.À cause d’eux, les êtres humains peuvent devenir des fauves affamés.Et quand on se retrouve confronté à des fauves affamés, il est trop tard pour disserter sur la légalité.Faisons donc en sorte de promouvoir et de rester dans la légalité. La vraie légalité. Pas celle qui arrange celui-ci ou celui-là. Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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