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Éditorial

Le paradigme du dialogue inclusif

Le paradigme du dialogue inclusif

Start, stop, reset... c’est cette seule aiguille en sus de l’indication de l’heure et de la minute qui fait tout le charme d’un chronomètre. L’horloge virtuelle de la crise politique née de la publication du budget 2017-2018 dans le journal officiel Le Moniteur et de la détérioration des conditions de vie des couches les plus vulnérables de la population fonctionne également off Line. Elle enregistre les tensions des mouvements de rue. Tout le monde s’en aperçoit. Sauf exception. Elle est à portée d’un clic.Le président Jovenel Moïse sortira-t-il enfin de son indifférence pour repositionner le débat sur le nouveau paradigme de la socialisation de la vie politique nationale par le dialogue inclusif ?

Start, stop, reset... c’est cette seule aiguille en sus de l’indication de l’heure et de la minute qui fait tout le charme d’un chronomètre. L’horloge virtuelle de la crise politique née de la publication du budget 2017-2018 dans le journal officiel Le Moniteur et de la détérioration des conditions de vie des couches les plus vulnérables de la population fonctionne également off Line. Elle enregistre les tensions des mouvements de rue. Tout le monde s’en aperçoit. Sauf exception. Elle est à portée d’un clic.Le président Jovenel Moïse sortira-t-il enfin de son indifférence pour repositionner le débat sur le nouveau paradigme de la socialisation de la vie politique nationale par le dialogue inclusif ? C’est, du moins, l’idée phare de la société civile et du secteur démocratique qui n’est pas sans intérêt pour comprendre et interpréter la réalité. Le discours de la Conférence épiscopale, du secteur progressiste des affaires et des organisations des droits humains s’inspire très largement des contours de ce mode d’approche assez réaliste.D’aucuns considèrent que dialoguer ici c’est moderniser le principe de liberté et de la fraternité susceptible de permettre à notre modèle social de continuer à remplir son objectif au bénéfice des masses rurales et urbaines ; c’est saisir le sens du défi de l’heure pour un vivre ensemble inter-haïtien ; anticiper les adaptations devant lesquelles il faut réagir le plus rapidement pour éviter le pire. Pendant qu’il en est temps.Gouverner ne peut être un motif de conflits et de luttes fratricides, mais au contraire une opportunité de servir le bien commun sur la base d’une négociation toujours vitale. C’est une piste pour configurer les conditions d’existence du peuple qui n’est pas cette « canaille » dont parlait Voltaire, mais le pivot de la démocratie, sujet du droit et véritable acteur de l’histoire.Les mouvements de rue qui sont plus que nécessaires à la dynamique démocratique, mais dans la non violence, ont la vertu de souligner le ras-le -bol des manifestants. Encore faut-il que la bonne foi des uns et des autres soit le « référentiel » des normes démocratiques ou d’indices à prendre en compte pour sonder le pouvoir de convocation de certains « leaders politiques ». C’est un principe sacré, indiqué clairement dans les articles 134-1, 134-2 de la Constitution au sujet du mandat présidentiel et de son contenu.L’appel au dialogue n’est pas à prendre comme un acte de caresse dans le sens du poil, mais un passage obligé et nécessaire à la préservation de la paix en vue de lancer le pays vers un nouvel horizon social, politique et économique. L’heure est venue de décongestionner l’atmosphère afin de la rendre vivable dans l’intérêt national. Le dialogue donnera aux acteurs politiques l’occasion d’affuter leurs arguments. Certes, les positions sont souvent divergentes, voire inconciliables au point de voir celui-ci paraitre comme incongru et saugrenu, sinon comme une panacée. Divergence de vues certes, mais cela ne saurait nous exonérer d’échanges intelligents et pragmatiques. Aux seigneurs du béton comme aux tenants avérés du pwen n fè pa, le dialogue est la voie royale à emprunter résolument.Les manifs en série grâce auxquelles nous avons été servis d’une régurgitation des clichés « Vive le président »! « A bas le président, rache manyok, bay te a blanch » que nous croyions éteints, ne font qu’entrainer le pays vers le gouffre. Toutefois, elles sont déterminantes pour mesurer les aspirations légitimes de la population. L’idée du dialogue inclusif qui prévaut aujourd’hui de manière diffuse finira donc par s’établir dans les pensées afin de paraitre, en termes de tenant et d’aboutissant, comme une voie incontournable. C’est donc une nécessité dont de nombreux esprits se sont épris comme pour éponger une soif, apaiser une fureur et contourner une dérive. Hors de là, il n’y a point de salut !Nous rêvons tous d’une démocratie forte en attendant la prospérité tant de fois promise. Sans la maitrise de nos ego et la capacité de conduire des mouvements fermes, mais responsables, tous les désirs de porter Haïti vers l’avant risquent de s’évaporer.Il est peut-être temps d’inverser la stratégie de l’affrontement. Nos détestables et inusables rapports sociaux archaïques, plaçant les oligarchies traditionnelles d’un côté et les secteurs populaires de l’autre, finiront par déséquilibrer ce qui nous reste de raisons d’espérer. Comme dans le passé, certains rentreront chez eux, d’autres transfèreront leurs actifs à l’étranger … en attendant de meilleurs jours.Par un raccourci aussi effrayant que caricatural, un notable respecté, pour sa parole, explique les positions irréconciliables du président de la République et du principal chef de l’opposition : ils sont du Nord et naturellement trop orgueilleux et trop christophiens pour s’entendre.C’est irresponsable de citer le notable, mais quand on a peur, tout est permis.La voie du dialogue est dévalorisante pour un chef fier. Malheureusement , c’est la seule.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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