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Éditorial

Quid de l’écologie binationale ?

Quid de l’écologie binationale ?

 Les deux États se partageant l’île d’Ayiti ont entrepris, au début des années 2000, une très belle initiative consistant à protéger mutuellement l’écosystème insulaire. Arrivé en hélicoptère sur le sol haïtien, le ministre de l’Environnement dominicain d’alors y avait rejoint l’ambassadeur de son pays, ainsi que des officiels et techniciens d’ici, pour la mise en place dudit projet. C’était bien beau. On n’en entend plus parler avec le même engouement, et rien ne semble être prévu en ce sens dans le Budget national. En est-il de même dans la République voisine ?Dans l’état actuel de la zone, en période post-cyclonique, c’est plus que jamais le temps de prendre au sérieux la biodiversité de l’île. Avec les actuelles perturbations atmosphériques dans la Caraïbe, les espèces de poissons et d’oiseaux ont connu des effets désastreux. Si elles ne sont pas complètement détruites, elles donnent lieu à des déplacements massifs vers des lieux plus cléments.

 Les deux États se partageant l’île d’Ayiti ont entrepris, au début des années 2000, une très belle initiative consistant à protéger mutuellement l’écosystème insulaire. Arrivé en hélicoptère sur le sol haïtien, le ministre de l’Environnement dominicain d’alors y avait rejoint l’ambassadeur de son pays, ainsi que des officiels et techniciens d’ici, pour la mise en place dudit projet. C’était bien beau. On n’en entend plus parler avec le même engouement, et rien ne semble être prévu en ce sens dans le Budget national. En est-il de même dans la République voisine ?Dans l’état actuel de la zone, en période post-cyclonique, c’est plus que jamais le temps de prendre au sérieux la biodiversité de l’île. Avec les actuelles perturbations atmosphériques dans la Caraïbe, les espèces de poissons et d’oiseaux ont connu des effets désastreux. Si elles ne sont pas complètement détruites, elles donnent lieu à des déplacements massifs vers des lieux plus cléments. Quant aux plantes, les constats sont accablants.Justement préservée des dernières intempéries, Ayiti semble être, selon certains experts, la destination privilégiée des oiseaux et poissons en provenance des iles dévastées de la Caraïbe. Il faudrait une plateforme nationale d’étude sur la question, assurée conjointement par les ministères concernés et des centres de recherches indépendants dans nos différentes universités. Si, d’après ces experts, les variétés d’organismes vivant dans notre écosystème ont connu une augmentation digne de mention, aucune institution ne semble s’intéresser techniquement à la flore et la faune haïtienne, de façon permanente.C’est le temps, pourtant, d’évaluer le taux de migration des oiseaux au Pic Macaya, par exemple, l’un de nos parcs nationaux les plus boisés. Les nouveaux arrivages de poissons dans nos profondeurs marines sont aussi à contrôler, car des prédateurs internationaux, instruits de la question, peuvent nous braconner à notre insu.De même que nous intéressons au Fonds monétaire international (FMI), en ce qui a trait à la finance, nous pourrions également solliciter l’aide technique du Fonds Mondial pour la Nature (WWF-Canada), qui présente actuellement Biopolis, une plateforme dont les initiatives visent à valoriser la biodiversité au Québec, une province dont les espaces verts et les jardins botaniques sont une curiosité pour le monde.En Haïti, nous oublions trop souvent que nous habitons une île à deux ailes, dont les contrastes naturels sont très frappants d’un côté à l’autre. Nous disposons pourtant d’une force de travail largement inexploitée, qui pourrait être productive en matière de reboisement, que ce soit au niveau des étudiants que des masses laborieuses. À l’exemple de Biopolis qui a mis en place le groupement « Les Bionniers », composé de recrues issues des milieux scolaires et de la société en général, nous pourrions à notre tour initier des projets, amorcer des recherches dans le domaine de l’environnement, et ainsi déboucher sur des pratiques innovantes. L’enlèvement des piles de fatras à ciel ouvert, jonchant les rues de Port-au-Prince, ferait l’objet d’un projet spécifique d’emplois permanents ou à temps partiel pour chômeurs et étudiants.Au cours d’une communication avec la communauté montréalaise, la directrice de Biopolis, Mme Sophie Paradis, s’est exprimée ainsi : « Chaque geste contribue à la valorisation de la biodiversité urbaine. Il n’y a pas de meilleur moment pour le faire que le temps présent ». Chez nous, n’y a-t-il pas urgence à paver le chemin au tourisme, qui semble être une des priorités du gouvernement de la République ? Et puis, après la pluie, c’est le beau temps, dit le vieil adage. En matière de reboisement, nous devrions pouvoir profiter de l’arrivée des oiseaux qui quittent les pays nordiques pour de vertes destinations.Nous rêvons tous d’une démocratie forte en attendant la prospérité tant de fois promise. Sans la maitrise de nos ego et la capacité de conduire des mouvements fermes, mais responsables, tous les désirs de porter Haïti vers l’avant risquent de s’évaporer.Il est peut-être temps d’inverser la stratégie de l’affrontement. Nos détestables et inusables rapports sociaux archaïques, plaçant les oligarchies traditionnelles d’un côté et les secteurs populaires de l’autre, finiront par déséquilibrer ce qui nous reste de raisons d’espérer. Comme dans le passé, certains rentreront chez eux, d’autres transfèreront leurs actifs à l’étranger … en attendant de meilleurs jours.Par un raccourci aussi effrayant que caricatural, un notable respecté, pour sa parole, explique les positions irréconciliables du président de la République et du principal chef de l’opposition : ils sont du Nord et naturellement trop orgueilleux et trop christophiens pour s’entendre.C’est irresponsable de citer le notable, mais quand on a peur, tout est permis.La voie du dialogue est dévalorisante pour un chef fier. Malheureusement , c’est la seule.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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