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Éditorial

Inventer le dialogue!

Inventer le dialogue!

Tel parlementaire, tel président, tel chef de l’opposition, tel syndicaliste, tel entrepreneur, tous confortables dans les abstractions de la realpolitik, jouent à déplacer leurs pions sans tenir compte des états d’âme d’une population en proie à la grande angoisse.Depuis l’affaire de la loi des finances 2017-2018, plus les débats s’intensifient plus ils deviennent pénibles. S’il est vrai que cette loi a le mérite de rappeler à la société les fondamentaux de la démocratie participative en provoquant les prises de position contestataires des pouvoirs locaux, elle a cependant réveillé les peurs de la population.Aux débats contradictoires, on espérait que les protagonistes allaient y mettre de la chair et de la manière. Pourtant, les évènements qui en résultent s’apparentent à une absurde irresponsabilité.

Tel parlementaire, tel président, tel chef de l’opposition, tel syndicaliste, tel entrepreneur, tous confortables dans les abstractions de la realpolitik, jouent à déplacer leurs pions sans tenir compte des états d’âme d’une population en proie à la grande angoisse.Depuis l’affaire de la loi des finances 2017-2018, plus les débats s’intensifient plus ils deviennent pénibles. S’il est vrai que cette loi a le mérite de rappeler à la société les fondamentaux de la démocratie participative en provoquant les prises de position contestataires des pouvoirs locaux, elle a cependant réveillé les peurs de la population.Aux débats contradictoires, on espérait que les protagonistes allaient y mettre de la chair et de la manière. Pourtant, les évènements qui en résultent s’apparentent à une absurde irresponsabilité.Au début les parlementaires de la majorité défendaient les moyens à mettre à la disposition des projets qu’ils estiment grandioses du président de la République tandis que leurs contradicteurs dénonçaient la primauté des intérêts des riches, y compris des supra structures de l’État, sur ceux des pauvres. Et, face à l’évidence de la surdité du pouvoir, le ton a depuis changé.Grèves, manifestations violentes, bavures policières, du pugilat par vociférations interposées, nous sommes maintenant dans les limites de l’affrontement physique.Aujourd’hui personne ne se gêne pour promettre le feu et le sang. Les frontières s’érigent ; et le citoyen lambda, donc impuissant, connaît par coeur les noms, les visages, les entreprises, les bureaux de ceux qui attaquent, qui résistent et qui contre attaquent. Nous avons l’habitude des « rache manyòk » et autres joyeusetés, mais l’appel à brûler le Parlement, à fusiller des entrepreneurs, à s’armer pour accompagner son enfant à l’école ne laisse pas de place au doute. Le pays se prépare au pire.Avons-nous besoin de provoquer l’apocalypse pour un budget accusé, à raison, d’être inéquitable ? Le dialogue n’a jamais été construction si fragile depuis que les communicants du Palais, du Parlement et de l’opposition ont décidé que la République fonctionnerait mal si elle ne créait pas des perdants et des gagnants. Le besoin suicidaire d’imposer la loi du plus fort nous avilit et nous rend plus fragile.Nous rêvons tous d’une démocratie forte en attendant la prospérité tant de fois promise. Sans la maitrise de nos ego et la capacité de conduire des mouvements fermes, mais responsables, tous les désirs de porter Haïti vers l’avant risquent de s’évaporer.Il est peut-être temps d’inverser la stratégie de l’affrontement. Nos détestables et inusables rapports sociaux archaïques, plaçant les oligarchies traditionnelles d’un côté et les secteurs populaires de l’autre, finiront par déséquilibrer ce qui nous reste de raisons d’espérer. Comme dans le passé, certains rentreront chez eux, d’autres transfèreront leurs actifs à l’étranger … en attendant de meilleurs jours.Par un raccourci aussi effrayant que caricatural, un notable respecté, pour sa parole, explique les positions irréconciliables du président de la République et du principal chef de l’opposition : ils sont du Nord et naturellement trop orgueilleux et trop christophiens pour s’entendre.C’est irresponsable de citer le notable, mais quand on a peur, tout est permis.La voie du dialogue est dévalorisante pour un chef fier. Malheureusement , c’est la seule.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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