Les judicieuses leçons de l’Histoire
Peu d’entre nous se sont déjà arrêtés un instant au Champ-de-Mars pour questionner cette vieille stèle abandonnée, ignorée même de certains de nos législateurs, pour y découvrir les idées de gouvernance conçues par Toussaint Louverture dans la Constitution de 1801.Cette loi mère de la colonie de Saint-Domingue consacrait, dans nombre de ses articles, la suprématie de la loi, la sûreté individuelle et les droits de la personne. Celle de 1805, édictée par Jean-Jacques Dessalines, plaidait en faveur de l’unité raciale, du bien-être collectif et du partage équitable des ressources nationales. L’essentiel pour l’illustre fondateur de la nation, c’était de faire disparaitre les profondes disparités sociales qui entravent le développement intégral du pays.
Peu d’entre nous se sont déjà arrêtés un instant au Champ-de-Mars pour questionner cette vieille stèle abandonnée, ignorée même de certains de nos législateurs, pour y découvrir les idées de gouvernance conçues par Toussaint Louverture dans la Constitution de 1801.Cette loi mère de la colonie de Saint-Domingue consacrait, dans nombre de ses articles, la suprématie de la loi, la sûreté individuelle et les droits de la personne. Celle de 1805, édictée par Jean-Jacques Dessalines, plaidait en faveur de l’unité raciale, du bien-être collectif et du partage équitable des ressources nationales. L’essentiel pour l’illustre fondateur de la nation, c’était de faire disparaitre les profondes disparités sociales qui entravent le développement intégral du pays. Ces deux grands hommes, Louverture et Dessalines, ont payé de leur vie la force de leurs idées.Le mémorial de la Constitution de 1801 dont il est question à la Place des héros de l’Indépendance contient au moins cinq importants articles qui affirmaient tour à tour l’objectif de liberté générale poursuivi par le Précurseur : « Il ne peut exister d’esclaves sur ce territoire, stipule l’article 3; la servitude y est à jamais abolie ».Le concept d’« Assemblée centrale », formulé dans l’article 19, plaidait déjà en faveur d’un consensus national; c’est ce qui allait être le fer de lance du Congrès de l’Archaïe, à la base de la création de notre bicolore.Plus loin, les idées-forces dégagées dans l’article 23 consacraient « la suprématie du vote populaire dans l’adoption ou le rejet des propositions de loi soumises à l’Assemblée centrale ». On y trouvait aussi des mesures coercitives concernant les abus à corriger et les améliorations à apporter dans les institutions nationales.La limite de cinq ans reconnue au mandat présidentiel par la Constitution de 1987 fut déjà proposée dans la Constitution de 1801. Ainsi donc, cette charte fondamentale du XIXe siècle, en dépit de son inadaptation à l’actuelle conjoncture sociopolitique haïtienne, constitue un modèle d’engagement et de fonctionnalité pour tout projet démocratique et toute réforme administrative sérieuse au pays.Dans sa lettre comme dans son esprit, la Constitution de 1801 préconisait la paix, la fermeté politique et les vertus citoyennes. Elle posait des balises contre le dérèglement social, sans pour autant brimer les libertés individuelles. Cette constitution fut certes taxée de caporalisme, à la fois sur le plan des réformes agraires, des restrictions corporatives et des assemblées politiques. Mais il faut comprendre qu’en ce temps-là, le pouvoir s’octroyait obligatoirement le « rigorisme » comme ligne de conduite, pour contrer toute dérive interne des nouveaux libres et toute velléité externe de retour au statu quo ante.À l’échelle nationale, toutes ces critiques formulées contre la Constitution de 1801, le furent à cause de la rigueur des mesures agraires et de l’intransigeance des structures politiques mises en place pour faire régner l’ordre public dans la colonie de Saint-Domingue. Par contre, l’on verra l’application des mesures drastiques de Toussaint Louverture dans des projets élaborés par plusieurs grandes communautés socialistes du monde. Victor Schoelcher, par exemple, se basera sur ses idées libérales pour faire voter en 1848 le décret de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises jusque-là encore asservies.Dans la conjoncture actuelle en Haïti, quelles leçons tirer de la Constitution de 1801, et en quoi consiste une percée louverturienne, pour parler comme un ancien président de la République ?Il faut, bien sûr, savoir maitriser le jeu des paradoxes, en faisant preuve de circonspection et de diplomatie ; c’est le seul moyen de tirer parti des enjeux de « force-à-couper » entre le devoir de solidarité régionale et la prise en compte des desiderata internationaux. Le problème pour arriver à cette démocratisation des services sera toujours le refus de ce système qui permet à de véritables maffias au sein de l’État d’enrichir des individus à tous les échelons de l’administration. Seule une volonté politique avec un fort appui populaire pourra initier de vraies réformes en ce sens. Pour les intérêts de la population, il faudra mettre en commun toutes les forces qui veulent espérer un autre État, un autre pays sans ségrégation d’aucune sorte. C’est ce qui doit se construire patiemment, sans se laisser distraire ou corrompre.Une certaine histoire nous rappelle que nous savons toujours nous soulever chaque fois que les dés institutionnels sont pipés. Ce qui a toujours manqué, c’est une vraie offre politique capable d’aider ce peuple à habiter le territoire de ses ancêtres.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.
Mérès M. Weche
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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