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Éditorial

La grande gêne

La grande gêne

 Dans tout ce qui se passe et se dit actuellement, on sent une grande gêne et une grande colère chez les tenants du statu quo qui meurtrit notre pays. Cette levée de boucliers contre le budget ne fait pas plaisir à plus d’un. C’est curieux d’entendre certains défenseurs du gouvernement lancer : « Ce budget, ils ne l’ont même pas lu. » Ou encore « «Il faut être un expert pour comprendre un budget ». Certes une partie de l’opposition s’est lancée dans une grande campagne de désinformation sur le budget en maniant parfois le mensonge alors que ce document vital pour la gestion d’une nation a des problèmes réels relevant bien d’un réflexe ségrégationniste qui ne date pas d’aujourd’hui. C’est affolant d’entendre un parlementaire lancer sur les ondes : si vous voulez plus d’argent pour la santé, faites-vous élire. Ce parlementaire admet donc sans aucune gêne que la santé de la population n’est pas pour lui une priorité.

 Dans tout ce qui se passe et se dit actuellement, on sent une grande gêne et une grande colère chez les tenants du statu quo qui meurtrit notre pays. Cette levée de boucliers contre le budget ne fait pas plaisir à plus d’un. C’est curieux d’entendre certains défenseurs du gouvernement lancer : « Ce budget, ils ne l’ont même pas lu. » Ou encore « «Il faut être un expert pour comprendre un budget ». Certes une partie de l’opposition s’est lancée dans une grande campagne de désinformation sur le budget en maniant parfois le mensonge alors que ce document vital pour la gestion d’une nation a des problèmes réels relevant bien d’un réflexe ségrégationniste qui ne date pas d’aujourd’hui. C’est affolant d’entendre un parlementaire lancer sur les ondes : si vous voulez plus d’argent pour la santé, faites-vous élire. Ce parlementaire admet donc sans aucune gêne que la santé de la population n’est pas pour lui une priorité. Si lui, il tombe malade, il s’empressera d’aller chez son « bòkò » puis en République dominicaine par exemple. Pour se faire élire, on comprend que ce parlementaire se sente bien aise. Le circuit électoral est piégé par des gangsters, par les forces de la nuit. On peut comprendre dans quel cul-de-sac se trouve le peuple haïtien.La seule vérité, c’est qu’un budget ne doit pas refléter les intérêts uniques d’une clique au pouvoir, mais doit montrer les grandes lignes d’une politique gouvernementale avec des objectifs clairs et précis visant l’avancement de la communauté nationale. Un médecin bien connu confessait sur les réseaux sociaux que pour opérer dans le plus important hôpital public du pays le patient devait tout acheter ou presque même l’oxygène. Nos écoles publiques surtout dans les zones reculées sont dans un état effroyable. Notre environnement fout le camp. On parle de tourisme alors que rien n’est fait pour assainir nos zones intéressantes alors qu’elles sont souvent dans un état d’insalubrité intolérable. Les mairies n’ont aucun moyen d’intervention. Elles ne sont pas, dans les faits une priorité, pour l’État.À côté de nous, nos voisins avec des moyens plus que supérieurs priorisent la santé, l’éducation, les interventions sur les bassins versants pour prévoir l’érosion alors que l’état de leur environnement n’a rien à voir avec le nôtre en péril. Comme il sied à un État responsable, la priorité est donnée aussi à tous les programmes devant ranimer leur économie.Avant, chez nous, qui se préoccupait du budget à part certains spécialistes et les ayant droit au sein de cet État qui savaient ce qu’ils avaient à tirer quand la confection de ce document était taillé sur mesure pour eux ? Maintenant, le budget ne pourra plus être préparé et voté à la cloche de bois. Le gouvernement actuel surpris par la fronde a fait un passage en force. Mais rien ne sera plus comme avant et c’est une bonne chose. Le système a tout basé sur l’ignorance de la population, sur sa fatigue, sur son désir de fuir par désespoir pour qu’on puisse faire main basse sur les ressources du pays. Les conseillers de l’ombre n’ont pas compris que les marrons, même s’ils reculent, n’abandonnent jamais la lutte. Quand ils surgissent dans la cité pour réclamer leur droit, avant de crier à la violence, il faut penser à cette violence quotidienne et presque bicentenaire qu’on leur inflige.Rien ne peut plus se faire maintenant dans l’obscurité, dans le noir. La presse est aussi dans ses petits souliers quand de grandes institutions comme d’importantes banques privées prennent des mesures assez curieuses qui donnent l’impression que leurs clients sont avant tout des pigeons à plumer. C’est notre pays. Le citoyen n’a aucun droit. Mais les choses changent. Et cela gêne. Cela fera mal si on ne comprend pas que la roue tourne et que les temps changent. Bien que Trump ait affirmé après le drame de Charlottesville que le racisme était condamnable. Son attitude les jours suivants a ouvert la voie à de nombreuses controverses sur le nouveau visage de l’Amérique qu’il veut diriger. Il se trouve qu’au-delà des protestations et des analyses dans la presse et même dans le camp de certains républicains du Congrès, le président est soutenu par une partie de l’Amérique profonde intoxiquée par la théorie du « grand remplacement ».Une théorie ou plutôt un fantasme abondamment distillé dans les talkshows et qui brandit la menace d’une Amérique blanche submergée par les migrants. L’attitude combattive des athlètes américains de toutes les nuances de peau qui renouvellent leur attachement au drapeau et à leur patrie tout en refusant de céder au chantage nationaliste, est une marque de la vitalité de certains secteurs de la société civile américaine qui refusent le retour à un passé honni.La ségrégation administrative est visible dans toutes ces queues pour obtenir un papier, un document de l’État haïtien. On n’y verra très peu sinon pas du tout de citoyens d’autres classes sociales. Ces citoyens pour éviter les tracasseries savent comment s’y prendre. Ils jouent de leurs relations. Ou bien ils glissent entre les mains de certains une petite ou substantielle rémunération. Ils obtiennent ainsi plus ou moins rapidement le document. On arrive à penser que tout cela est normal. Ce faisant, on nourrit qu’on le veuille ou non le monstre de la corruption. Ce monstre a ainsi plus de force pour s’opposer à toute réforme qu’on voudrait entreprendre pour démocratiser l’accès aux services. Démocratiser les services ! Offrir de bons services sur un plan d’égalité à tous les citoyens dans un temps raisonnable et dans de bonnes conditions. C’est faisable. Il y a des moyens techniques pour cela. Les compétences sont disponibles. Certainement aussi les moyens financiers. Aucun citoyen ne refuse de payer ses taxes. Ce que les citoyens veulent, ce sont des services. Ils ne veulent surtout pas que leurs taxes servent à enrichir des gangsters déguisés en politiciens. Le problème pour arriver à cette démocratisation des services sera toujours le refus de ce système qui permet à de véritables maffias au sein de l’État d’enrichir des individus à tous les échelons de l’administration. Seule une volonté politique avec un fort appui populaire pourra initier de vraies réformes en ce sens. Pour les intérêts de la population, il faudra mettre en commun toutes les forces qui veulent espérer un autre État, un autre pays sans ségrégation d’aucune sorte. C’est ce qui doit se construire patiemment, sans se laisser distraire ou corrompre.Une certaine histoire nous rappelle que nous savons toujours nous soulever chaque fois  que les dés institutionnels sont pipés. Ce qui a toujours manqué, c’est une vraie offre politique capable d’aider ce peuple à habiter le territoire de ses ancêtres.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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