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Éditorial

De la souveraineté des États

De la souveraineté des États

Le Sommet annuel des Nations unies, tenu en son siège à New York au cours de la semaine écoulée, s’est déroulé lors de terribles turbulences atmosphériques dans la Caraïbe. Hormis Cuba et la République dominicaine, tous les autres territoires durement éprouvés sont sous la dépendance de trois grandes puissances de la terre : les États-Unis, la France et l’Angleterre.

Le Sommet annuel des Nations unies, tenu en son siège à New York au cours de la semaine écoulée, s’est déroulé lors de terribles turbulences atmosphériques dans la Caraïbe. Hormis Cuba et la République dominicaine, tous les autres territoires durement éprouvés sont sous la dépendance de trois grandes puissances de la terre : les États-Unis, la France et l’Angleterre. Question de dire que ces petits dominions ont été fortement représentés au sein de cette éminente Société des Nations.À entendre les propos courageux du président haïtien sur la responsabilité des grandes puissances, vis-à-vis des changements climatiques qui perturbent la planète, l’on se rend compte que la tribune de l’ONU est sans conteste un lieu d’expression de la souveraineté des États.Tout en étant initialement une instance consacrée à la recherche de compromis entre l’idéal et le possible, l’ONU a certaines fois de la difficulté à promouvoir la paix et à favoriser des solutions équitables, à cause du droit de véto doublé du «droit d’ingérence» dont disposent certaines grandes puissances. L’on a vu sa faiblesse au cours de l’invasion de l’Iraq, et son impuissance fut constatée dans la guerre de Corée; une initiative purement américaine. Il n’est pas superflu de rappeler aussi son inefficacité au Vietnam, au Pakistan et dans la Guerre du Golfe. À l’heure actuelle, l’ONU a du mal à faire entendre raison aux deux belligérants que sont les présidents des États-Unis et de la Corée du Nord, pour éviter une éventuelle confrontation meurtrière. Les prérogatives du Secrétariat général de l’ONU se conçoivent en termes d’investigation et de prise de position sur divers problèmes internationaux, à partir des mandats octroyés à ses organes, tels que l’UNICEF, le PNUD, le Conseil de Sécurité, pour ne citer que ces troisla, qui ont partie liée avec la situation préoccupante d’Haïti.Si la paix dans le monde est menacée ou rompue, et si la guerre entre des États est imminente, il revient à l’ONU d’amorcer des négociations diplomatiques, d’édicter des sanctions économiques, et même d’ordonner l’arrêt des hostilités. Dans le cas qui concerne Haïti, un pays non en guerre, l’Organisation des Nations unies se doit d’y entreprendre le retrait total des forces d’occupation. Ce qu’on appelle par euphémisme «assistance technique» devrait plutôt être un « accompagnement psychologique », pour enrayer la stigmatisation due au choléra; ce mal dont l’ONU porte toute la responsabilité. Quant au dédommagement financier des victimes, ce devrait être une affaire déjà réglée.S’agissant du Conseil de Sécurité, en particulier, c’est l’organe exécutif de ladite organisation en matière politique. N’est-il pas en quelque sorte l’émanation des grandes puissances et l’instrument de leur hégémonie? Une décision unanime des membres permanents, avec l’appui de quelques non permanents, peut déclencher une action collective sans l’accord de l’Assemblée, tandis qu’aucune intervention militaire n’est concevable contre l’un quelconque des membres permanents, puisque leur droit de veto suffit à l’en empêcher. L’entrée, néanmoins, depuis 1972, de beaucoup de «petites nations» à l’ONU, a favorisé, dans une certaine mesure, l’équilibre des pouvoirs au sein de cette organisation; aucune superpuissance ne semble pouvoir la dominer unilatéralement. Par contre, « La raison du plus fort est toujours la meilleure», dit Jean de La Fontaine; ainsi, les nations riches et fortes militairement répugnent à s’incliner devant le «discours» de certains petits pays, qui savent toutefois tirer profit de la voix pleine et entière dont ils disposent à l’Assemblée générale. Qu’on se souvienne du poids d’Haïti dans la balance de la SDN au moment de la formation de l’État d’Israël. Une coalition des «petits pays» s’impose au sein de l’ONU.La ségrégation administrative est visible dans toutes ces queues pour obtenir un papier, un document de l’État haïtien. On n’y verra très peu sinon pas du tout de citoyens d’autres classes sociales. Ces citoyens pour éviter les tracasseries savent comment s’y prendre. Ils jouent de leurs relations. Ou bien ils glissent entre les mains de certains une petite ou substantielle rémunération. Ils obtiennent ainsi plus ou moins rapidement le document. On arrive à penser que tout cela est normal. Ce faisant, on nourrit qu’on le veuille ou non le monstre de la corruption. Ce monstre a ainsi plus de force pour s’opposer à toute réforme qu’on voudrait entreprendre pour démocratiser l’accès aux services. Démocratiser les services ! Offrir de bons services sur un plan d’égalité à tous les citoyens dans un temps raisonnable et dans de bonnes conditions. C’est faisable. Il y a des moyens techniques pour cela. Les compétences sont disponibles. Certainement aussi les moyens financiers. Aucun citoyen ne refuse de payer ses taxes. Ce que les citoyens veulent, ce sont des services. Ils ne veulent surtout pas que leurs taxes servent à enrichir des gangsters déguisés en politiciens. Le problème pour arriver à cette démocratisation des services sera toujours le refus de ce système qui permet à de véritables maffias au sein de l’État d’enrichir des individus à tous les échelons de l’administration. Seule une volonté politique avec un fort appui populaire pourra initier de vraies réformes en ce sens. Pour les intérêts de la population, il faudra mettre en commun toutes les forces qui veulent espérer un autre État, un autre pays sans ségrégation d’aucune sorte. C’est ce qui doit se construire patiemment, sans se laisser distraire ou corrompre.Une certaine histoire nous rappelle que nous savons toujours nous soulever chaque fois  que les dés institutionnels sont pipés. Ce qui a toujours manqué, c’est une vraie offre politique capable d’aider ce peuple à habiter le territoire de ses ancêtres.Roody Edmé Un sénateur qui déchire un rapport en pleine séance oui c’est violent. Choquant pour les bien-pensants hypocrites.Mais notre drapeau, notre dignité qu’on déchire chaque jour avec des dirigeants incapables même de gérer l’espace physique à un kilomètre à la ronde de leurs propres bureaux n’est-ce pas de la violence ? Ce n’est pas de la violence dans les rues dont il faut avoir peur. C’est de ceux qui utilisent cette violence pour venir donner du sang frais au monstre. Car ils ont tous usé de cette violence pour arriver au pouvoir pour venir se repaitre des violences aveugles d’un système injuste, inégalitaire et terriblement anachroniqueC’est aux violences de ce système qu’il faut s’attaquer. Ce système, cet État voyou qui sont une offense à la dignité de l’Homme.

 Mérès M. Weche

   

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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